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Poésie

Posts Tagged ‘concert’

Concert dans le jardin (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022




Concert dans le jardin

Il a plu.
L’heure est un oeil immense.
En elle nous marchons comme des reflets.
Le fleuve de la musique
entre dans mon sang.
Si je dis : corps, il répond : vent.
Si je dis : terre, il répond : où?

S’ouvre, fleur double, le monde :
tristesse d’être venu,
joie d’être ici.

Je marche perdu en mon propre centre.

***

Concierto en el jardin

Llovió.
La hora es un ojo inmenso.
En ella andamos como reflejos.
El río de la música
entra en mi sangre.
Si digo: cuerpo, contesta: viento.
Si digo: tierra, contesta: ¿dónde?

Se abre, flor doble, el mundo:
tristeza de haber venido,
alegría de estar aquí.

Ando perdido en mi propio centro.

(Octavio Paz)

 

 

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POURQUOI? (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



 

POURQUOI ?

Pourquoi te lamenter comme le râle
Dans les roseaux, te tordre comme le peuplier,
Pleurer comme le saule,
Entends couler la source, elle rit, fais comme elle
Toujours neuve et pareille en son entier.

Qu’est tout ce mouvement, que sont ces cris, silence
Dans l’énorme concert.
Seuls, une voix, un geste à peine
De cette eau toujours pleine
Donnent un sens à l’instant toujours vert.

(Franz Hellens)

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NUIT D’ÉTÉ (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



NUIT D’ÉTÉ

Le violon, d’un chant très profond de tristesse,
Remplit la douce nuit, se mêle aux sons des cors,
Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse,
Et les coeurs des arbres ont des plaintes de morts.
Le souffle du Veillant anime chaque feuille;
Aux amers souvenirs les bois ouvrent leur sein;

Les oiseaux sont rêveurs; et sous l’oeil opalin
De la lune d’été ma Douleur se recueille…
Lentement, au concert que font sous la ramure
Les lutins endiablés comme ce Faust ancien,
Le luth dans tout mon cceur éveille en parnassien
La grande majesté de la nuit qui murmure
Dans les cieux alanguis un ramage lointain
Prolongé jusqu’à l’aube, et mourant au Matin.

(Emile Nelligan)


Illustration

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L’air des salles de concerts (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2020



L’air des salles de concerts
Doit être admirablement musical
Pensez à toutes ces notes qui vivent là
Mais on ne les entend pas
A cause de la musique

(Pierre Albert-Birot)

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QUATRIÈME CONCERT SUR TERRE OU CONCERT DÉ FIÉLLOUZE (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



Anne-Marie Zilberman (30)

QUATRIÈME CONCERT SUR TERRE
OU CONCERT DÉ FIÉLLOUZE

I
Annie, tu es tant mon amour
Que ma vieille voix imprécise
Se repent d’avoir murmuré
Un pareil mot avant ce jour,
Car c’est le seul qui te traduise.
Je n’en ai jamais décoré
Une autre bouche féminine,
Je l’ai gardé vierge et si clair
Pour ta seule âme, pour tes yeux,
Avec son filet de lumière
Qu’il tient de la grâce divine,
Comme il est le seul mot pour Dieu…

II
Je n’ai rien connu avant toi
Où je puisse me reposer,
Sinon les choses d’espérances;
Je ne pouvais sortir
de moi…
Ne t’effraie pas, si je m’étonne
De ton amour, de ta présence :
Je suis créé pour m’étonner…
J’ai tant cru devoir m’en aller,
N’étant amoureux de personne
Et sans être vraiment aimé…

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

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LA RUINE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



LA RUINE

Dans son songe ce gradé passe
en revue le front de ses troupes
mais en vérité le scribe
sur le registre fait une courte rature
avec la règle noire
aux arêtes de fer
plus de concert d’oiseaux
il ne reste
sous la première étoile qu’une ruine
violâtre et nue
sur un paysage sans voix.

(Jean Follain)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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OBLIGATION RECTANGULAIRE (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
OBLIGATION RECTANGULAIRE

J’ai un rectangle à remplir. De dessous il a l’air d’un rectangle, mais vu de
côté il est invisible, parce que c’est une idée. Je pince ses côtés et ils
vibrent, mais comme tout le reste. Un concert remonte ta route, et toute
une feuille de rire s’arrache de la surface pour s’envoler comme ce
rectangle le ferait s’il avait de l’énergie. Mais il n’en a pas, jusqu’au moment
où ma tête se change en bois et s’échauffe à l’intérieur. Alors le rectangle
se met à luire et fredonner. Soudain des « bulles d’hilarité » se répandent
dans tout le système, les quatre côtés du rectangle se séparent et dérivent
dans plusieurs directions, tournant sur eux-mêmes et basculant lentement
dans le noir. Je suis bien content d’en être débarrassé.

(Ron Padgett)

 

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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Bouche à bouche esquissé (Michel Gay)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Bouche à bouche esquissé
dans le concert des langues
quand le mot se suspend
sous le baillon des lèvres

(Michel Gay)

Illustration: Gustav klimt

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Echappés de ma main (Renée-Lise Jonin)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Ohara Koson_

Echappés de ma main

J’ai cueilli, embrassé les mots
A travers les prés du sourire.
Des fleurs ? Non , des oiseaux.
Echappés de ma main
Ils ont planté en son creux une plume
Un concert de grelots escalade les arbres

(Renée-Lise Jonin)

Illustration: Ohara Koson

 

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SENTIMENTS DU SOIR (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo d4

SENTIMENTS DU SOIR

Le jour s’éteint : la nuit, sur l’émail de la plaine.
Épanche les trésors de son urne d’ébène,
Et la lune, dans l’onde, humectant sa blancheur,
Du gazon qui s’y baigne argente la fraîcheur.
Le vent, dans les forêts qu’éveille son passage,
Comme un luth végétal fait frémir le feuillage.
C’est l’heure où l’âme entend ceux qu’on pleure tout bas,
Où nos anges gardiens sont plus près de nos pas,
Où le poète, ami de leur vol solitaire,
Accorde sa pensée aux soupirs de la terre.
Lyre intime du cœur, si prompte à t’émouvoir,
Réponds, comme les bois, aux caresses du soir :
A tes premiers concerts la douleur te rappelle.
Tu n’as point à chercher quelque note nouvelle,
Gémis ; et s’il existe, en de lointains climats,
Un ami de mon deuil, que je ne connais pas,
Prends tes ailes de flamme, et, comme un pur génie,
Va saluer ses pleurs d’un baiser d’harmonie.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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