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Poésie

Posts Tagged ‘condamné’

Le cube de bois (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
Le cube de bois

Le cube de bois ne peut être décrit que de l’extérieur.
Nous sommes ainsi condamnés à une ignorance éternelle quant à son essence.

Même si on le coupe vite en deux, son intérieur devient tout de suite son extrémité
et le secret devient peau en un éclair.

Il est donc impossible de fonder la psychologie d’une boule de pierre,
d’une barre de fer, d’un parallélépipède de bois.

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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GRENIERS (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration
    
GRENIERS

La rumeur au fond du ciel.
Le grand vent carde la nue,
il racle la voûte des nuits,
il désencrasse les étoiles.

Il vient faucher les orties
dans des chemins qu’on ne prend plus,
frappe aux portes condamnées,
offre et reprend les senteurs.

Le grand vent dans les greniers.
Il s’y retourne toute la nuit.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une tombe en Lucanie (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Otto Dix   La Guerre

Une tombe en Lucanie

La figure
de plumes et de griffes (oiseau et démon)
se tient en arrière, mais prête à
bondir. Il la sent
mais il ne la voit pas, le jeune soldat
qui l’a derrière lui. Il la sent
et il la voit peut-être, l’adversaire
qui s’apprête, javelot au poing, à faire vibrer
le coup mortel. Nulle haine dans leur visage
mais une attention profonde, car doit s’accomplir vite
ce qui doit s’accomplir, et chacun d’eux porte
la triste conscience de l’amer destin
de l’homme en guerre. Au vainqueur,
rien n’assure que demain, sous le coup d’un autre
ce ne sera pas lui le vaincu, lui le tué.
Du condamné d’aujourd’hui l’âme reflue
avec son sang. Mystérieux comme sa Parque, un joueur de
flûte donne le signal. Les bras
serrés sur la poitrine ou levés
vainement au ciel, les femmes peuvent
commencer à pleurer.

(Margherita Guidacci)

Illustration: Otto Dix

 

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L’encrier (Gaspard Hons)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



pen

L’encrier

Sur l’encrier une tache de clarté, une lumière douce,
l’ombre de la mémoire passant du veilleur au dormeur.
Quand le jour se lève sur l’encrier condamné au silence,
verrons-nous se dresser des mots non écrits,
des naufragés réclamant le droit de rester les maîtres du clair-obscur ?

(Gaspard Hons)

Découvert chez Lara ici

 

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Pierres oubliées (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018




… pierres oubliées et femmes condamnées
se rejoignent à travers le temps
d’astres et de monstres étincelant.

(Jean Follain)

Illustration: Giorgio de Chirico

 

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Oh, le plaisir de ta venue (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018




Oh, le plaisir de ta venue,
Oh, l’impatience retenue,
Contenue, continue,
De ton baiser chagrin.
Oh, ta gorge d’espoir bombée
Ta présence du ciel tombée,
Dérobée, absorbée
Par mes voeux souverains.

Perce-neige des matinées
Dans la neige des destinées,
Fleur aimée, condamnée
Aux sources de mes mains.
Oh, battement des nuits prochaines
Fantôme-roi de mes domaines,
Oh, ma reine en neuvaine
Je suis ton pèlerin.

(Louise de Vilmorin)

 

 

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Il m’est interdit de m’arrêter (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Alberto Giacometti
    
Il m’est interdit de m’arrêter pour voir. Comme si
j’étais condamné à voir en marchant. En parlant. À voir
ce dont je parle et à parler justement parce que je ne vois
pas. Donc à donner à voir ce que je ne vois pas, ce qu’il
m’est interdit de voir. Et que le langage en se déployant
heurte et découvre. La cécité signifie l’obligation d’in
verser les termes et de poser la marche, la parole, avant
le regard. Marcher dans la nuit, parler sous la rumeur,
pour que le rayon du jour naissant fuse et réplique à
mon pas, désigne la branche, et détache le fruit.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ô Soeur Marie ! (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018



Illustration: Cornelis van Haarlem
    
Dans la forme agréable de la bouche, la fraise
solennise sa pourpre ; dans le subtil dessin
ovale du visage de la blanche abbesse
le front pur exprime l’ange et l’oeil noir le malin.

Sur sa figure mystérieuse, d’ivoire monacal,
fleurit la douce lueur d’un éclat intérieur,
qui allume ses joues d’une céleste roseur
à laquelle l’Enfer apporta sa touche fatale.

Ô Soeur Marie ! Ô Soeur Marie ! Ô Soeur Marie !
Le regard magique et la démarche d’altesse,
ne firent-ils pas un jour, dans une âme pécheresse,
éclore l’oeillet enflammé d’une ardeur impie ?

Et aux tréfonds de tes yeux, on croit lire des pensées
ambiguës, enduites de miel et de venin.
(Soeur Marie est morte condamnée au bûcher
deux abeilles s’envolèrent des roses de ses seins.)

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Comment me lasserai-je de chanter mon amour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
Comment me lasserai-je de chanter mon amour
j’ai chanté j’ai chanté d’autres liens
c’était le neige et les pas de l’hiver
purs comme des fleurs
c’était l’espoir et son rosier sans ronce
où le plus long été jamais n’inscrivit une rose
c’était l’absence et cet appel dans le noir
qui devient un visage dans la fièvre du sang
c’était le sang et ses jeux suraigus
le jeu sans gloire qui veille sur la cendre.

Comment me lasserai-je de chanter mon amour
jamais aucun visage à portée de mes lèvres
digne de mon baiser
et pourtant et pourtant ô potence
tu n’as pas pu attendre la douce condamnée
elles ont défilé celles du doux bétail
s’étrangler à l’échafaud cruel
dont le bourreau dormait.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le jardin est désert (Claude Chambard)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




    
le jardin est désert
aucun chemin n’en part
ciel vert le matin
ciel rouge le soir

un assemblage un paysage

la porte du paradis
est condamnée
faute de clef

il n’y a pas de sentier derrière la porte fermée

partout le paysage est interrompu
par de méchantes larmes

(Claude Chambard)

 

Recueil: Le chemin vers la cabane
Traduction:
Editions: Le bleu du ciel

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