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LA SIMPLE PAROLE (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

Brad Kunkle   1280 [1280x768]

LA SIMPLE PAROLE

Toute fraîche, un peu dégrafée, comme une fille au jardin.
Elle vibre si bien à cause du sang profond.
Si elle résonnait en terre on l’entendrait battre comme un coeur.
Si elle éclatait au ciel, on la prendrait pour une comète.
Mais elle a jailli du matin, sans but, et personne ne l’écoute.
Quand les lampes seront allumées, on lira dans les livres des phrases qui parlent de Rome,
du Kremlin, des cataractes du Niagara ou des Pyramides d’Egypte.
Car chacun aujourd’hui doit avoir fait son tour du monde.
Mais la simple parole perdue dans l’air, si quelqu’un l’avait écoutée,
elle l’aurait conduit tout droit à tout.

(Franz Hellens)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Notre maison (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    
Notre maison

Ma maison a un jardin
qui me fait signe d’entrer

Ma maison a une allée
qui conduit mes pas.

Ma maison a une porte
qui ouvre mon coeur.

Ma maison a une cheminée
qui chuchote mes rêves.

Mais ma maison sans toi…
C’est comme une rue sans fin
un jardin sans fleurs
Une porte sans poignée
une cheminée sans feu.

Alors viens quand tu peux,
un et un font plus que deux.
Viens quand tu veux…
Pour que ma maison ait une âme
Pour que ma maison ait un nom.

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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IMPROMPTU : POUR LA MORT DE MARIE LAURENCIN (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2022



Illustration: Marie Laurencin
    
IMPROMPTU : POUR LA MORT DE MARIE LAURENCIN

L’Ange de la mort vous salue,
Marie, âme pleine de grâce;
Apollo là-haut vous fait place.

L’été passe, puis l’hiver passe;
La biche au bois s’est perdue…

Mille anges blancs, roses et bleus
Sont là pour vous conduire aux cieux.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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Glaise, humus, gravier (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2022


herbes-glaise-marais

Glaise, humus, gravier,
laisse-toi conduire
par la marche équitable.

(Pierre Dhainaut)

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SOLILOQUES (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2021




SOLILOQUES

Ils disent des mots
Ceux qui leur viennent
Et conduisent des bêtes
Inventées de toutes pièces
Au gré de transhumances
Qui recouvrent
De poussière
Nos maigres itinéraires
Et nous laissent
Jaloux de l’émotion
Qui transfigure
Quand au bout du chemin
On ose
Un premier pas sur le plateau

(Gérard Noiret)

Illustration: Gilbert Garcin

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C’est une musique qui circulait au-dedans de nous (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021




    
C’est une musique qui circulait au-dedans de nous
et qui attendait que les paroles prononcées la délivrent.
Aussitôt nous en mesurons la justesse et la vérité,
que la beauté poétique conduit au jour.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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TU ES VENUE

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Alexander Deineka   00 [1280x768]

TU es venue, et tu semblais un amusement.

Mais tu as pris par la main mes trente ans
Qui hésitaient à s’acheminer
Vers les mornes paysages parsemés de chagrins
Et les époques de l’incertaine aventure.
Tu les conduis de même qu’un enfant
Qu’on veut empêcher d’avoir peur
En descendant l’escalier obscur.

A présent, grâce à toi, j’ai oublié
Les embûches lointaines.
La vie est un été perpétuel,
Une montre arrêtée à midi.
Et si je regarde autour de moi,
Les jours sont de légères et immobiles plumes
A fleur du temps.

Doux passe-temps, goûter ta voix qui jamais ne lasse
Ainsi que l’eau, ainsi que le pain!
Je suis comblé de cadeaux plus frais et plus gais
Que l’ouverture matinale des persiennes.
Je ne connais plus ni rides, ni chagrins,

Depuis que tu as pris par la main mes trente ans.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Alexander Deineka

 

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Peut-être la sagesse est-elle en vous (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Adrian Chesterman  bc52a2a [1280x768] [1280x768]

Peut-être la sagesse est-elle en vous,
animaux bénins ou cruels,
à des philosophes pareils,
qu’une méditation profonde aurait conduits
à concevoir la vie

(Lionello Fiumi)

Illustration: Adrian Chesterman

 

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L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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Moutons dans la brume (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
Moutons dans la brume

Les collines descendent dans la blancheur.
Les gens comme les étoiles
Me regardent, attristés : je les déçois.

Le train laisse une trace de son souffle.
Ô lent
Cheval couleur de rouille,

Sabots, tintement désolé –
Tout le matin depuis ce
Matin sombre,

Fleur ignorée.
Mes os renferment un silence, les champs font
Au loin mon coeur fondre.

Ils menacent
De me conduire à un ciel
Sans étoiles ni père, une eau noire.

***

Sheep in Fog

The hills step off into whiteness.
People or stars
Regard me sadly, I disappoint them.

The train leaves a line of Breath,
O slow
Horse the colour of rust,

Hooves, dolorous bells-
All morning the
Morning has been blackening,

A flower left out.
My bones hold a stillness, the far
Fields melt my heart.

They threaten
To let me through to a heaven
Starless and fatherless, a dark water.

(Sylvia Plath)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Collected Poems (Faber & Faber – Ariel)
Traduction: Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Rouzeau.
Editions: Gallimard

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