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Poésie

Posts Tagged ‘confesser’

Le Ranz des Vaches (Anonyme Suisse)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
Le Ranz des Vaches

1

Les armaillis des Colombettes
De bon matin se sont levés.

2

Quand ils sont arrivés aux Basses-Eaux
Le chancre me ronge! Ils n’ont pu passer.

3

Pauvre Pierre, que faisons-nous ici?
Nous ne sommes pas mal embourbés

4

Il te faut aller frapper à la porte,
A la porte du curé.

5

Que voulez-vous que je lui dise
A notre brave curé.

6

Il faut qu’il dise une messe
Pour que nous puissions passer

7

Il est allé frapper à la porte
Et il a dit ceci au curé:

8

Il faut que vous disiez une messe
Pour que nous puissions passer

9

Le curé lui fit sa réponse:
Pauvre frère, si tu veux passer

10

Il te faut me donner un petit fromage
Mais sans écrémer le lait.

11

Envoyez-nous votre servante
Nous lui ferons un bon fromage gras.

12

Ma servante est trop jolie
Vous pourriez bien la garder

13

N’ayez pas peur, notre curé
Nous n’en sommes pas si affamés

14

De trop « moler » votre servante
Il faudra bien nous confesser

15

De prendre le bien de l’Eglise
Nous ne serions pas pardonnés

16

Retourne-t’en, mon pauvre Pierre
Je dirai pour vous un Ave Maria.

17

Beaucoup de biens et de fromages vous souhaite
Mais venez souvent me trouver.

18

Pierre revient aux Basses-Eaux
Et tout le train a pu passer

19

Ils ont mis le kio à la chaudière
Avant d’avoir à moitié trait

REFRAIN

1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba (appel des vaches) pour traire (bis).
Venez toutes, les blanches, les noires,
les rouges, les étoilés sur la tête les jeunes, les autres,
Sous ce chêne où je vous traie,
sous ce tremble où je fabrique le fromage, Lyôba, lyôba, pour la traite (bis).

***

Lè j’armayi di Kolonbètè

TITRE DU CHANT EN FRANCAIS:
Le Ranz des Vaches

1
Lè j’armayi di Kolonbètè
Dè bon matin chè chon lèvâ.

2
Kan chon vinyê i Bachè j’Ivouè
Tsankro lo mè! n’an pu pachâ.

3
Tyè fan no ché mon pouro Piéro?
No no chin pâ mô l’inrinbyâ.

4
Tè fô alâ fiêr a la pouârta,
A la pouârta dè l’inkourâ.

5
Tyè voli vo ke li dyécho?
A nouthron brâvo l’inkourâ.

6
I fô ke dyéchè ouna mècha
Po ke no l’y pouéchan pachâ.

7
L’y è j’elâ fiêr a la pouârta
È l’a de dinche a l’inkourâ:

8
I fô ke vo dyécho ouna mècha
Po ke no l’y puéchan pachâ.

9
L’inkourâ li fâ la rèponcha:
Pouro frârè che te vou pachâ,

10
Tè fô mè bayi ouna motèta
Ma ne tè fô pâ l’èhyorâ.

11
Invouyi no vouthra chèrvinta
No li farin on bon pri grâ.

12
Ma chèrvinta l’è tru galéja
Vo porâ bin la vo vouêrdâ.

13
N’ôchi pâ pouêre, nouthron prithre,
No n’in chin pâ tan afamâ.

14
Dè tru molâ* vouthra chèrvinta
Fudrè èpè no konfèchâ.

15
Dè prindre le bin dè l’èlyije
No ne cherin pâ pèrdenâ.

16
Rètouârna t’in mou pouro Piéro
Deri por vo on’Avé Maria.

17
Prou bin, prou pri i vo chouèto
Ma vinyi mè chovin trovâ.

18
Piéro rèvin i Bâchè j’Ivouè
È to le trin l’a pu pachâ.

19
L’y an mè le kiô a la tsoudêre
Ke n’avan pâ la mityi aryâ.

Redzingon
1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba, lyôba, por aryâ (bis). Vinyidè totè, byantsè, nêre, Rodzè, mothêlè, dzouvenè ôtrè,
Dèjo chti tsâno, yô vo j’âryo, Dèjo chti trinbyo, yô i trintso, Lyôba, lyôba, por aryâ (bis).

(Anonyme Suisse)

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Légèrement viens (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Légèrement viens ou légère pars;
Bien que ton сoeuг présage ton malheur,
Les vallées et souvent un soleil vain,
Oréade, laisse courir ton rire,
Jusqu’à ce que l’air irrévérent des monts
Fasse onduler ta flottante chevelure.

Légère, légèrement — sois toujours :
Les nuages qui recouvrent les vallées,
Quand il est l’heure de l’étoile du soir,
Sont les suivants les plus humbles;
Amour et rire se confessent par un chant
Quand le coeur est plus lourd.

***

Lightly come or lightly go:
Though thy heart-presage thee woe,
Vales and many a wasted sun,
Oread, let thy laughter run,
Till the irreverent mountain air
Ripple all thy flying hair.

Lightly, lightly — ever so:
Clouds that wrap the vales below
At the hour of evenstar
Lowliest attendants are;
Love and laughter song-confessed
When the heart is heaviest.

(James Joyce)

 

Recueil: Musique de chambre et autres poèmes Pomes Penyeach Ecce Puer
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Ô COMBIEN EST HEUREUSE (Adrian Le Roy)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Ô COMBIEN EST HEUREUSE

Ô combien est heureuse
La peine de cacher
Une flamme amoureuse
Qui deux cœurs fait brûler,
Quand chacun d’eux s’attend
D’être bientôt content.

Las on veut que je taise
Mon apparent désir,
En feignant qu’il me plaise
Nouvel amy choisir :
Mais telle fiction
Veut même affection.

Votre amour froide et lente
Vous rend ainsi discret :
La mienne violente
N’entend pas ce secret :
Amour nulle saison
N’est amie de raison.

Si mon feu sans fumée
Est cuidant et chaud
Etant de vous aimée
Du reste ne m’en chaut :
Soit mon mal vu de tous
Et seul senti de tous.

Si femme en ma présence
Autre vous entretient,
Amour veut que je pense
Que cela m’appartient :
Car luy et longue foi
Vous doivent tout à moi.

Que me sert que je sois
Avec Princes, ou Rois,
Et qu’ailleurs je vous voie
Sans approcher de moi ?
La peur du changement
Me cause grand tourment.

Quand par bonne fortune
Serez mien à tout point,
Lors parlez à chacune
Il ne m’en plaindrai point :
Bien vous pry cependant
N’être ailleurs prétendant.
Hélas qu’il fut possible
Que puisses être moy,
Pour voir s’il m’est pénible
Le mal que j’ai pour toi :
Tu prendrais grand pitié
De ma ferme amitié.

Vous semble-t-il, que la vue
Soit assez entre amis,
Ne me voyant pourvue
De ce qu’on m’a promis ?
C’est trop peu que des yeux
Amour veut avoir mieux.

De vous seul je confesse
Que mon cœur est transis :
Si j’étais grand princesse
Je dirais tout ainsi :
Si le vôtre ainsi fait
Montrez-le par effet.

***

O how happy is
The pain of sealing
An amorous flame
That makes two hearts burn,
When each of them expects
To soon be happy.

Alas, one wishes that I conceal
My apparent desire,
By feigning that it pleases me
To choose my new friend
But such a fiction
Wishes the same affection.

Your cold, slow love
Thus makes you discreet:
Mine, violent
Hears not this secret:
Love in no season
Is the friend of reason.

If my fre without smoke
Is burning and hot,
Being loved by you
Besides, it matters little to me:
Let my ill be seen by all
And felt alone by all.

If a woman in my presence
Other than you maintains,
Love wants me to think
That that belongs to me:
For he and long faith
You owe everything to me.

***

O, wie schön ist doch die Müh’,
Eine Liebesflamme zu verhehl’n,
Die zwei Herzen lässt erglühn,
Und wenn ein jeder freudig drauf’ gefasst’,
Zufrieden bald zu sein.

Ach, ich soll jedoch verschweigen
Mein sichtbares Begehr,
Und tun, so, als ob er mir gefele,
Einen neuen Freund erkör’.
Aber solch eine Mär
Will doch auch Herzenserhör’.

Eure ach so kalte und lahme Lieb’
Macht Euch so “verschämt“,
Die meine nun hingegen, gar heftig,
Hört nicht auf solch Geheim’:
Die Liebe, wann auch immer,
Will nie vernünftig sein!

Wenn mein rauchlos’ Feuer
Ist brennend und so heiß,
Wenn ich von Euch geliebet,
Der Rest ist mir dann gleich!
Dann kann ruhig ein jeder sehen
Und spüren meine Pein.

Wenn ein ander’ Weib
Vor mir Euch unterhält,
Die Liebe will, dass ich dann denke,
Dass mir das doch zufällt:
Denn er und lange Treue
Euch alles schulden mir.

(Adrian Le Roy)

 

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Avec une auto… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Avec une auto…

1
Avec une auto
On va tout de go
S’casser la figur’ contre un poteau
Si pour éviter
Un’ vieille, un curé
On fait un virage un peu forcé
Ou on s’ fait descendr’ par un taxi
Ah! quelle affair’!
Mais c’est bien plus rupin qu’ les acci…
Dents d’ chemin d’ fer!
C’est charmant,
Épatant
Une auto!
Une auto!
C’est le confort,
Le dernier mot du sport!
C’est pratique
Ultra chic
Viv’ l’auto!
Viv’ l’auto!
Viv’ la poussièr’
Et viv’ les courants d’air!
La quatrièm’ vitesse
Est vraiment un régal
Qui s’ termin’, je l’ confesse
Sur un lit d’hôpital
C’est rapid’
C’est splendid’
Une auto!
Une auto!
L’ dernier bateau
C’est un’ quarant’ chevaux!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Le bon roi Dagobert (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Le bon roi Dagobert
Avait sa culotte à l’envers
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Est mal culottée
C’est vrai lui dit le roi
je vais la remettre à l’endroit
Le boi roi Dagobert
Chassait dans la plaine d’Anvers
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Est bien essouflée
C’est vrai lui dit le roi
Un lapin courait après moi
Le bon roi Dagobert
Voulait s’embarquer sur la mer
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi Votre majesté
Se fera noyer
C’est vrai, lui dit le roi
On pourra crier : le roi boit !
Le bon roi Dagobert
Mangeait en glouton
du dessert Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi vous êtes gourmand
Ne mangez pas tant
C’est vrai lui dit le roi
Je ne le suis pas tant que toi

Avait sa culotte à l’envers
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Est mal culottée
C’est vrai lui dit le roi
je vais la remettre à l’endroit
Le boi roi Dagobert
Chassait dans la plaine d’Anvers
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Est bien essouflée
C’est vrai lui dit le roi
Un lapin courait après moi
Le bon roi Dagobert
Voulait s’embarquer sur la mer
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi Votre majesté
Se fera noyer
C’est vrai, lui dit le roi
On pourra crier : le roi boit !
Le bon roi Dagobert
Mangeait en glouton
du dessert Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi vous êtes gourmand
Ne mangez pas tant
C’est vrai lui dit le roi
Je ne le suis pas tant que toi

Le bon roi Dagobert
Avait un grand sabre de fer
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, votre majesté
Pourrait se blesser
C’est vrai lui dit le roi
Qu’on me donne un sabre de bois
Le bon roi Dagobert
Faisait des vers tout de travers
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, laissez aux oisons
Faire des chansons
C’est vrai lui dit le roi
C’est toi qui les feras pour moi
Le bon roi Dagobert
Craignait fort d’aller en enfer
Le bon saint Eloi lui dit
O mon roi, je crois bien, ma foi
Qu’ vous irez tout droit
C’est vrai lui dit le roi
Ne peux-tu pas prier pour moi ?
Quand Dagobert mourut
Le diable aussitôt accourut
Le grand saint Eloi lui dit
O mon roi, satan va passer
Faut vous confesser
Hélas, lui dit le roi
Ne pourrais-tu pas mourir pour moi ?

(Anonyme)

 

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Parfum jets d’eau (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2017



Parfum
jets d’eau

surtout pas de gravité
jamais de remords

Pas l’ombre d’une faute à confesser

cristal
volute
terrasses

Premiers baisers près des bosquets
le ciel se balance
les roses ne saignent pas

(Pascal Boulanger)

 

 

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Draps et oreillers en guerre (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



lit-defait

Draps et oreillers en guerre
il faudrait disaient-ils
confesser le lit
et tout autour la nuit
impudique et tendre

(Georges Bonnet)

 

 

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Tu crains de confesser tes imperfections (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Tu crains de confesser tes imperfections

Tu crains de confesser tes imperfections,
Tu pleures, pauvre sot, sur ta force perdue.
Je veux dix fois le jour haïr mes actions
En couronnant de fleurs ma tête entrechenue.

Muse, pour tes vrais fils aujourd’hui c’est demain !
Mais si leur coeur descend au niveau de la foule,
Ce bon vin plein d’ardeur qu’ils buvaient dans ta main
Tourne comme du lait et comme une eau s’écoule.

(Jean Moréas)

 

 

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Je ne me mets pas en peine (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



 

Daniel F. Gerhartz _Gentle1

Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J’ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S’il faut qu’on pleure ou qu’on danse,
Si les nids jasent entr’eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C’est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C’est au mouvement d’oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C’est qu’à travers l’horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m’ennuie ?
C’est l’air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m’occupe,
Jeanne ? c’est que j’aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.

(Victor Hugo)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

 

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