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Posts Tagged ‘confession’

CONFESSION (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018




    
CONFESSION

Quelle chose est difficile à cacher ? Le feu !
Car le jour il se trahit par la fumée,
La nuit par la flamme, le monstre.
Difficile à cacher est aussi
L’amour : si secrètement qu’on le nourrisse,
Il jaillit pourtant aisément des yeux.
Mais ce qu’il y a de plus difficile à cacher c’est un poème,
On ne le met pas sous le boisseau.
Si le poète vient de le chanter,
Il en est tout pénétré ;
S’il l’a élégamment calligraphié,
Il veut que le monde entier l’aime.
Il le lit à chacun, joyeux et à voix haute,
Peu lui chaut qu’il tourmente ou édifie.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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Confession (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
Confession

Je passe mes nuits
à chercher des vers cachés
dans les recoins des mots
dans les papiers pliés
du désordre
dans les sentiments empaillés
des souvenirs.
J’efface la tristesse,
nourris la peur,
exorcise la douleur
et me replie.

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Confession (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Quelle chose est difficile à cacher? Le feu!
Car le jour il se trahit par la fumée,
La nuit par la flamme, le monstre.
Difficile à cacher est aussi
L’amour: si secrètement qu’on le nourrisse,
Il jaillit pourtant aisément des yeux.
Mais ce qu’il y a de plus difficile à cacher c’est un poème,
On ne le met pas sous le boisseau.
Si le poète vient de le chanter,
Il en est tout pénétré;
S’il l’a élégamment calligraphié,
Il veut que le monde entier l’aime.
Il le lit à chacun, joyeux et bien haut,
Peu lui chaut s’il excède ou nous édifie.

***

Geständnis

Was ist schwer zu verbergen? Das Feuer!
Denn bei Tage verrät’s der Rauch,
Bei Nacht die Flamme, das Ungeheuer.
Ferner ist schwer zu verbergen auch
Die Liebe; noch so stille gehegt,
Sie doch gar leicht aus den Augen schlägt.
Am schwersten zu bergen ist ein Gedicht;
Man stellt es untern Scheffel nicht.
Hat es der Dichter frisch gesungen,
So ist er ganz davon durchdrungen.
Hat er es zierlich nett geschrieben,
Will er, die ganze Welt soll’s lieben.
Er liest es jedem froh und laut,
Ob es uns quält, ob es erbaut.

(Goethe)

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Confession (Nedjmhartine Vincent)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017


 


 

Andrius Kovelinas -  (2)

Confession

Les lambeaux de notre amour mitigé
Accrochés aux poutres de mes souvenirs
Imprimés en moi éternellement.
Ce savant mélange, ce savant désordre
Cette passion étonnée, détonnée
Cet étrange amalgame de souvenirs
Ce synchronisme parfait, cet élan
Ce lien spirituel, primitif, basique
Donnent à ma vie du relief.
Vie sacralisée, saturée, colorée.
Oui, je t’aime. Oh! Que je t’aime!
Les fibres de mon corps, tendues
Vers un seul être, une seule âme.
Mon grand amour, mon tout amour.
Pourtant, je te confesse:
L’obésité de mon amour pour toi,
Me bloque la respiration. Asphyxie.
Criw, craw, criw, craw!
Gorge raclée, souffle court!
Cet amour cataclysme m’anéantira
Cet amour volcan me consumera.
Si je dois t’aimer, je ne dois exister.
Je ne puis me résoudre à disparaître.
Je t’aimerai de loin, plus fort encore

(Nedjmhartine Vincent)

Illustration: Andrius Kovelinas

 

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Confession (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2016



Confession

Seigneur Dieu, j’ai aimé la confiture de fraise
Et la sombre douceur du corps féminin.
Comme aussi la vodka glacée, les harengs à l’huile,
Les parfums : la cannelle et les clous de girofle.
Quel prophète puis-je donc faire ? Pourquoi l’esprit
Aurait à visiter quelqu’un de pareil ? Tant d’autres
A bon droit furent élus dignes de confiance.
Mais moi qui me croirait ? Car ils ont vu
Comme je me jette sur la nourriture, vide les verres,
Et regarde avidement le cou de la serveuse.
En défaut et conscient de l’être. Désireux de grandeur,
Sachant la reconnaître où qu’elle soit,
Et pourtant d’une vue pas tout à fait claire.
Je savais ce qui reste pour les moindres comme moi :
Le festin des brefs espoirs, l’assemblée des fiers,
Le tournoi des bossus, la littérature.

(Czeslaw Milosz)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

 

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Magie (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2016



Magie

Tu es ma douleur mon effroi mon amour
Ô imagination
Tu es mon bourreau ô livre où j’ai traduit
La montagne la rivière et l’oiseau
Tu es ma misère ô confession.

Ainsi parlait le poète déchu
Et il déchirait son livre imprimé au milieu des villes humaines.
Mais son autre voix tout emplie d’un murmure de saules
Répondait
ô livre malgracieux ô poème manqué,
Erreur erreur toujours de celui qui n’a pas encor fait
Oh tu es mon dernier lieu ma forteresse
Contre l’armée des infidèles
Ailleurs n’est plus que ruine et toi tu es l’endroit sacré.
Le démon aurait-il vraiment manqué tout ce qu’il voulait ?
Et que veut le démon —

Un livre
Répondait sa voix éclairée par un ancien cyprès solaire.
Le tien le mien ou l’autre, Écris sous la dictée.
Et tous les oiseaux chantèrent plusieurs fois sur le ciel.

Et le poète était encore une fois illuminé
Il ramassait les morceaux du livre, il redevenait aveugle et invisible,
Il perdait sa famille, il écrivait le mot du premier mot du livre.

(Pierre Jean Jouve)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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Violon hippocampe et sirène (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015




Violon hippocampe et sirène
Berceau des coeurs, odeur et berceau
Larmes de Marie-Madeleine
Souper d’une Reine
Sanglot.

Violon orgueil des mains légères
Départ à cheval sur les eaux
Amour chevauchant le mystère
Voleur en prière
Oiseau

Violon alcool de l’âme en peine
Préférence. Muscle du soir
Epaule des saisons soudaines
Feuille de chêne
Miroir.

Violon femme morganatique
Chat botté courant la forêt
Puits des vérités lunatiques
Confession publique
Corset.

Violon chevalier du silence
Jouet évadé du bonheur
Poitrine de mille présences
Bateau de plaisance
Chasseur.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Man Ray

 

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Grand monde (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015



Grand monde

Non, mon coeur n’est pas plus grand que le monde.
Il est bien plus petit.
En lui pas même ne tiennent mes douleurs.
C’est pourquoi j’aime tant à me raconter.
C’est pourquoi je me déshabille,
c’est pourquoi je me crie,
c’est pourquoi je fréquente les journaux, je m’expose crûment dans les librairies
j’ai besoin de tous.

[…]

Jadis j’ai entendu les anges,
les sonates, les poèmes, les confessions pathétiques.
Jamais je n’ai entendu voix humaine.
En vérité je suis fort pauvre.

Jadis j’ai voyagé
en des pays imaginaires, faciles à habiter,
des îles sans problèmes, épuisantes pourtant et conviant au suicide.
Mes amis sont partis pour les îles.
Les îles perdent l’homme.
Quelques uns pourtant en ont réchappé et
ont rapporté la nouvelle
que le monde, le grand monde grandit de jour en jour,
entre le feu et l’amour.

Alors mon coeur aussi peut grandir.
Entre l’amour et le feu,
entre la vie et le feu,
mon coeur grandit de dix mètres et explose.
– Ô vie future! nous te créerons.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: William Blake

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