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Posts Tagged ‘confidence’

CONFIDENCES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



 

Alexander Daniloff

CONFIDENCES

Les cœurs bavardent, les cœurs se disent
Tu bats trop fort…
— Toi, tu bats trop lentement.
— J’ai battu si vite, si vite !
— Et moi pas assez encore…
Tout m’appelle,
Tout m’attire, m’entraine,
Les femmes, les larmes, les livres,
Les villes, les fleuves, le ciel.

(André Spire)

Illustration: Alexander Daniloff

 

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Que l’âme quand même avance aux ténèbres de la prière (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Que l’âme quand même avance
aux ténèbres de la prière,
pour apprendre le goût obscur
de cette dure confidence.

Ce sont les pistes chaque jour
du désert de l’au-delà,
que désaltère une espérance
goutte à goutte sous les pierres.

La trace du moindre pas,
comme un appel adorable,
est inscrite sur le sable,
dans un tremblement d’amour.

Le pèlerin a reconnu
les signes de son enfance,
l’irrésistible confiance
qu’il n’avait jamais perdue.

(Jean Mambrino)


Illustration

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La main (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



La main

I

Main qui chantais, main qui parlais,
Main qui étais comme une personne,
Main amoureuse qui savais
Comment on prend, comment on donne ;

Main sur laquelle on a pleuré
Comme d’une fontaine fraîche,
Main sur laquelle on a crié
D’amour, de joie ou de détresse ;

Main qui reçus les confidences
Que la peur fait à la volupté,
Main de calme et d’impatience,
Main de grâce et de volupté ;

Main que des dents ont mordue
Et que des ongles ont déchirée
Dans leur frénésie ingénue,
Main que des lèvres ont pansée ;

Main des rêves, main des caresses,
Main des frissons, main des tendresses,
Main de la ruse et de l’adresse,
Ô main, maîtresse des maîtresses ;

Main qui donnas tant de joies
A tant de chairs éperdues,
Ô main comme de la soie
Sur les belles poitrines nues ;

Ô main, toi qui avais une âme
Pour l’heure douce du désir,
Et qui avais encore une âme
A l’heure âpre du plaisir,

Ô main, tu trembles encore aux souvenirs charnels !

II

Afin que tu éprouves des tendresses nouvelles,
Je te donne à l’amie qui régit mon destin :
Ses yeux sont des fleurs vives, ses cheveux sont des ailes,
Son esprit se promène en un songe hautain,

Sois sage, ô main trop tendre, et cache le passé
Sous tes ongles, aux replis secrets de tes jointures,
Comme je cache au fond de mon vieux cœur blessé
Le souvenir sacré des belles meurtrissures.

Ô main, je te regarde avec mélancolie.

(Remy de Gourmont)

 

 

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Dans ma poche quelques coquillages (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



dans ma poche
quelques coquillages:
bribes de conversation,
les confidences
de la mer

(Katell Antoine)

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La Carte du Royaume des Précieuses (Charles Sorel)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



La Carte du Royaume des Précieuses

On s’embarque sur la Rivière de Confidence
pour arriver au Port de Chuchoter.

De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère,
qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie
qui est la capitale du Royaume.

A une lieue de cette ville est un château bien fortifié
qu’on appelle Galanterie.
Ce Château est très noble,
ayant pour dépendances plusieurs fiefs,
comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés
et Amitiés amoureuses.

Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie,
qui sont toutes couvertes d’un côté par les Montagnes de Minauderie
et de l’autre par celles de Pruderie.

Derrière tout cela est le lac d’Abandon,
qui est l’extrémité du Royaume.

(Charles Sorel)

voir ici: Carte DE Tendre (et pas « du ».. Tendre est un Pays.. un BEAU Pays!)  de Madeleine de Scudéry (15/11/1607  02/06/1701)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre
http://www.miscellanees.com/t/tendre01.htm

 

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L’HEURE D’INSPIRATION (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018



 

L’HEURE D’INSPIRATION

C’est l’heure où, dans les bois, le rossignol, qui veille,
Prodigue de ses chants la plaintive merveille :
Où, de ses rendez-vous égayant les déserts,
L’amour a des aveux, plus doux que ces concerts :
Où les eaux du ruissel, que le vent contrarie,
Font, en se débattant, naître la rêverie.
C’est l’heure, où dans le thym s’appellent les grillons :
Où, comme des esprits, d’inquiets papillons
Viennent voir, aux vitraux qu’enflamment nos lumières,
Si nous parlons des morts, au moins dans nos prières.
C’est l’heure, où sur la mousse, au feu du ver luisant,
Les sylphes font pousser des fraises, en dansant.
Échos capricieux de leurs folles cadences,
Les feux-follets dans l’air se font des confidences :
La fleur pompe du soir la molle humidité :
Le ciel d’étoiles d’or sable l’obscurité,
Et cet or, réfléchi dans une onde courante,
Reproduit le Pactole et sa richesse errante.

Des nuages foncés, qui bordent l’horizon,
La lune, en se levant, disperse la prison :
L’azur bruni des cieux descend sur la verdure :
Une ombre transparente a baigné la nature,
Et d’un charme inconnu l’imprègne, en l’effleurant :
C’est l’heure, où l’on devient poète, en l’admirant.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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LES CONFIDENCES (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Jean-Baptise Carpeaux
    
LES CONFIDENCES

Le lendemain, je suis allée chez elle, et nous avons rougi dès que nous nous sommes vues.
Elle m’a fait entrer dans sa chambre pour que nous fussions toutes seules.

J’avais beaucoup de choses à lui dire; mais en la voyant, j’oubliai.
Je n’osais pas même me jeter à son cou, je regardais sa ceinture haute.

Je m’étonnais que rien n’eût changé sur son visage, qu’elle semblât encore mon amie
et que cependant, depuis la veille, elle eût appris tant de choses qui m’effarouchaient.

Soudain, je m’assis sur ses genoux, je la pris dans mes bras, je lui parlai à l’oreille vivement, anxieusement.
Alors elle mit sa joue contre la mienne, et me dit tout.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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La nudité (Emmanuel Hocquard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018




    
La nudité est confidence.
Si la confiance manque, la nudité s’évapore,
ne laissant en place qu’un corps dévêtu.

(Emmanuel Hocquard)

 

Recueil: Méditations photographiques sur l’idée simple de nudité
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Ma renarde (René Char)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018




    
Ma renarde, pose ta tête sur mes genoux.
Je ne suis pas heureux et pourtant tu suffis.

Bougeoir ou météore,
il n’est plus de coeur gros
ni d’avenir sur terre.

Les marches du crépuscule révèlent ton murmure,
gîte de menthe et de romarin, confidence échangée
entre les rousseurs de l’automne et ta robe légère.

Tu es l’âme de la montagne aux flancs profonds,
aux roches tues derrière des lèvres d’argile.

Que les ailes de ton nez frémissent.
Que ta main ferme le sentier
et rapproche le rideau des arbres.

Ma renarde, en présence des deux astres, le gel et le vent,
je place en toi toutes les espérances éboulées,
pour un chardon victorieux de la rapace solitude.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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Présage (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Alexandre de Riquer
    
Présage

L’oiseau hier
Noir venu
D’au-delà des maisons des villes

Sa voix folle de sève et de rayons l’attarde
Tu sers sa confidence de branche en branche nue

Tu l’appelles tardif il n’est que la lumière
Tu l’appelles l’enfant, il va de feuille en feuille

Il s’affole, sa voix illimitée peut-être
Décide l’horizon de n’être qu’une parole.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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