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Pourtant l’amour (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019




    
Pourtant l’amour
se conforme à l’amour.
Il n’est couple d’oiseaux qui ne ressemble au nôtre.
Et du haut de leur toit, ils nous regardent
avec un rayonnement,
ils évoquent le temps où les bêtes parlaient,
leur parlaient à eux, les oiseaux,
tandis que se taisaient les hommes,
maintenant si bavards.
Il nous faudrait connaître le monde par leurs pépiements
si confidentiels à présent
que nous ne les déchiffrons pas.
Nous resterions assis sous leurs arbres,
et les écouterions comme les enfants
écoutent le maître.
Notre silence,
et la sûreté de leur pépiement
nous aiderait à vivre.

(Marie-Claire Bancquart)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Toute minute est première
Traduction:
Editions: Castor Astral

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Confidentiel (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Confidentiel

Je voulais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
Resteront près de moi, sur mon chemin

Te dire que c’était pour de vrai
Tout c’qu’on s’est dit, tout c’qu’on a fait
Qu’c’était pas pour de faux, que c’était bien

Faut surtout jamais regretter
Même si ça fait mal, c’est gagné
Tous ces moments, tous ces mêmes matins

J’vais pas te dire qu’faut pas pleurer
Y’a vraiment pas d’quoi s’en priver
Et tout c’qu’on n’a pas loupé, le valait bien

Peut-être on se retrouvera
Peut-être que peut-être pas
Mais sache qu’ici bas, je suis là

Ca restera comme une lumière
Qui m’tiendra chaud dans mes hivers
Un petit feu de toi qui s’éteint pas

(Jean-Jacques Goldman)

 

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Je suis près de la porte où tu m’as dit adieu (Georges Jean-Aubry)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016



Je suis près de la porte où tu m’as dit adieu :
La chambre est monotone et douce,
Et la flamme inquiète du feu
Est une source

De souvenirs clairs et joyeux.
Je suis près de la table où tu posas ta main :
La lampe a la même âme confidentielle
Et le même regard serein
Pour l’ombre qui l’appelle.

Près de la cheminée où tu rêvais
Je suis, ce soir d’octobre, solitaire
Et la chambre monotone et douce s’éclaire
De mystérieux reflets.
J’écoute les branches frémir
Sous la caresse des flammes,
Et je regarde des formes surgir,
Brèves comme des passages d’âmes.
Je sens dans mon âme et ma chair
Naître un inexplicable émoi
Et je suis monotone et doux, ce soir, et clair
De la flamme que ton passé reflète en moi.

***

I am by the door where you said farewell to me:
The bedroom is dull and soft,
And the unsettled flame of the fire
Is a source
Of bright and joyful memories.
I am by the table where you laid your hand:
The lamp has the same secretive soul
And the same tranquil gaze
For the shadow that beckons it.

By the fireplace where you were dreaming
I am, that October evening, solitary
And the dull, soft bedroom brightens
With mysterious reflections.
I listen to the branches tremble
Beneath the caressing flames,
And I watch forms arise,
Brief as passing souls.
I feel in my soul and my flesh
An inexplicable turmoil
And I am dull and soft, this evening, and bright
With the flame your past reflects in me.

(Georges Jean-Aubry)

 

 

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Ne me cherche jamais (Pierre Seghers)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2016



 
    
Ne me cherche jamais
Tu me cherchais?
Ne me cherche jamais,
je suis là,
embrassée du coeur aux chevilles
dans tes mains d’homme et ta mémoire.
Et nouée comme une pièce d’or
dans le trésor confidentiel de ta vie,
brigandée dans l’envers du temps…

Ne me cherche jamais,
je suis là,
la nuit peut bien sécher ses grands trains d’herbes fauves
et lancer sur ses rails le convoi des saisons,
elle peut bien passer de l’une à l’autre
sur ses passerelles d’orages ou le ventre sans ciel
des froids,
elle peut bien apporter ce qu’elle voudra,
ce qu’elle pourra,
sa rançon de fatigue ou sa ruée de rêves,
je suis où tu voulais que j’aille.

Ne me cherche jamais,
Nous allons là où ceux qui s’aiment vont ensemble,
épaule contre épaule,
dans le vent des solstices…

(Pierre Seghers)

 

 

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