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Depuis la toute légère enfance (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2021


christian bobin  _4

Depuis la toute légère enfance je suis en pourparlers avec moi-même,
je mène de moi à moi un entretien que le monde s’évertue à interrompre.
Pour continuer à me parler, j’ai commencé d’écrire.

Ce qui se dit en moi n’est pas dans mes livres.

Les livres sont un contre-bruit au bruit du monde.
Ce qui se dit en moi est confié au silence, n’est rien que du silence.
Les livres frôlent ce silence.
Ils ne le touchent pas, ils le frôlent.

Les livres sont presque aussi intéressants que le silence.
Ecrire est presque aussi passionnant que ne rien faire
et attendre les premières gouttes de pluie dans les concertos pour piano de Mozart.

(Christian Bobin)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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Où es-tu? (Zen)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2021



    

Où es-tu?

Le disciple confie au maître :

«Je suis dépassé.
Je n’arrête pas d’osciller entre deux états :
soit je me noie, soit je flotte.
Quand vais-je me libérer de ce monde de souffrance ?
Quand serai-je libre?»

Le maître ne répond rien.
Au bout de quelques minutes,
le disciple surpris intervient à nouveau :

« Maître ! Ne suis-je pas là, assis en face de vous,
en train de vous poser une question?

— Où es-tu maintenant? demande le maître.
En train de flotter ou en train de te noyer?»

(Zen)

 

Recueil: Le doigt et la lune (Alexandro Jodorowsky)
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Comment vous confier (Antonio Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



Comment vous confier
ce que je ne sais pas?

(Antonio Ramos Rosa)


Illustration: Jean-Baptise Carpeaux

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Il y a en moi une inquiétude (Etienne de Senancourt)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



Il y a en moi une inquiétude qui ne me quittera pas;
c’est un besoin que je ne connais pas, que je ne conçois pas,
qui commande, qui m’absorbe, qui m’emporte au-delà des êtres périssables.

(Etienne de Senancourt)


Illustration

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Graine d’amour (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2020



 

Illustration: Oleg Zhivetin
    
Graine d’amour

Ô toi, si loin de mes regards,
c’est à Dieu que je te confie.
Tu m’as brûlé l’âme, pourtant
moi, je t’aime plus que ma vie.
Tant que je ne tirerai pas
le pan de mon linceul sous terre,
Ne crois pas que j’ôte ma main
du pan de ta robe légère.
Laisse-moi voir l’arcade sainte
de tes sourcils : au petit jour,
J’étendrai les bras pour prier
et les mettre autour de ton cou.
Même si je dois m’adresser
à l’ange déchu de Babel,
Je ferai cent tours de magie
pour te ramener, ô ma belle !
Je voudrais mourir avant toi,
ô mon médecin infidèle !
Vas donc ausculter ton patient :
je suis dans une attente telle !
J’ai fait ruisseler de mes yeux
sur mon sein cent ruisseaux de larmes,
pour arroser les grains d’amour
que je sèmerai dans ton coeur.
Le Bien-Aimé versa mon sang,
me sauvant des peines de coeur :
Voici ton clin d’oeil assassin
qui me transperce comme une arme.
Mais je pleure, et mon seul désir,
au sein de ce torrent de larmes,
C’est de pouvoir semer en toi
la seule graine de l’amour.
Sois généreux ! Reçois-moi donc,
pour que, dans l’ardeur de mon âme,
Mes larmes tombent à tes pieds,
comme des perles, tour à tour.

Vin, amour et libertinage,
Hâfez. ne sont pas ton partage ; –
Et pourtant. c’est ce que tu fais.
Tant pis pour toi, c’est bien dommage

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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Officiers de la garde blanche (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



Officiers de la garde blanche,
Gardez-moi de certaines pensées la nuit.
Gardez-moi des corps à corps et de l’appui
D’une main sur ma hanche.
Gardez-moi surtout de lui
Qui par la manche m’entraîne
Vers le hasard des mains pleines
Et les ailleurs d’eau qui luit.
Épargnez-moi les tourments en tourmente
De l’aimer un jour plus qu’aujourd’hui,
Et la froide moiteur des attentes
Qui presseront aux vitres et aux portes
Mon profil de dame déjà morte.
Officiers de la garde blanche,
Je ne veux pas pleurer pour lui
Sur terre. Je veux pleurer en pluie
Sur sa terre, sur son astre orné de buis,
Lorsque plus tard je planerai transparente,
Au-dessus des cent pas d’ennui.
Officiers des consciences pures,
Vous qui faites les visages beaux,
Confiez dans l’espace au vol des oiseaux
Un message pour les chercheurs de mesure
Et forgez pour nous des chaînes sans anneaux.

(Louise de Vilmorin)

 

 

 

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Les morts sont parmi nous (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020




    
Les morts sont parmi nous, plus vifs que les vivants,
Nous intimant d’être à l’écoute. Initiés
Par-delà douceur et douleur au grand secret,
Ils n’auront de cesse qu’ils ne nous l’aient confié.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mon amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2020




    
Mon amour –
respire par le poumon des choses
accède au poème
dans une rose dans un rai de poussière.

Il confie ses états à l’univers comme le vent et le soleil
quand ils fendent la poitrine du paysage

versant leur encre sur le livre de la terre.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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AVEC L’HERBE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
AVEC L’HERBE
À Berthold Mahn

Ah ! que je vous regarde avec des yeux fervents,
Arbres grandis ici et là sans contrainte,
Mes frères qu’on n’a pas comptés et mis en rangs
Et qui mêlez doucement vos bras et vos têtes !
Que je ne te force pas à tomber avant l’heure,
Petite feuille d’or qui rêves en te berçant ;
Tu naquis pour danser dans l’air et la lumière,
Reste jusqu’à la fin de ta danse et de ton sang !
Ah ! et toi, gazon vif, herbe populeuse, heureux peuple
Que font jouer les vents et l’ombre des nuages ;
Clémence de la terre ! Espérance invincible
Qui renaît de la cendre et qui perce la neige !
Qu’en toi je m’agenouille et que je cache en toi,
Herbe, ma face d’homme qui fait fuir les bêtes !
Que je sois confondu à ta taille ; et ta loi,
Que je la réapprenne et qu’elle me relève !
Brins verts contre ma bouche et que mon souffle fait trembler,
Je vous confie la détresse de l’homme
Et la honte où il est d’avoir encore abandonné
Le soin de son royaume au rebut des âmes.
Herbe que rajeunit et lave chaque aurore,
Je convie en ton cœur les cœurs toujours aimants ;
Je convie en ton cœur ces peuples vieux qui pleurent,
Repliés sous un joug sanglant !

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Champs et rizières (Issen)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2020



Illustration
    

Champs et rizières
à lui seul sont confiés
ah l’épouvantail

(Issen)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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