Arbrealettres

Poésie

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A qui est depuis longtemps confiné dans la ville (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



A qui est depuis longtemps confiné dans la ville,
Il est fort doux de perdre son regard
Dans le beau visage ouvert du ciel — d’exhaler une prière
En plein sourire du bleu firmament.
Qui serait plus heureux, lorsque, le coeur comblé,
I1 se laisse choir, très las, en quelque délicieuse couche
D’herbes onduleuses, et, lit une courtoise
Et douce histoire sur l’amour et ses peines ?
Rentrant au logis, le soir, l’oreille attentive
Aux plaintes de Philomèle, et l’oeil
Epousant la course d’un petit nuage brillant qui passe,
Il se lamente qu’un tel jour ait pu si vite s’enfuir,
S’enfuir comme une larme répandue par un ange
Qui tombe dans la transparence de l’éther, silencieusement.

***

To one who has been long in city pent,
‘ Tis very sweet to look into the fair
And open face of heaven — to breathe a prayer
Full in the smile of the blue firmament.
Who is more happy, when, with heart’s content,
Fatigued he sinks into some pleasant lair
Of wavy grass, and reads a debonair
And gentle tale of love and languishment ?
Returning home at evening, with an ear
Catching the notes of Philomel, — an eye
Watching the sailing cloudlet’s bright career,
He mourns that day so soon has glided by :
E’en like the passage of an angel’s tear
That falls through the clear ether silently.

(John Keats)

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Ouvroir irrité (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Ouvroir irrité

Je veux composer un sonnet qui soit dur
comme nul poète en n’oserait écrire.
Un sonnet je veux peindre qui soit obscur,
qui soit sec, confiné, difficile à lire.

Et je veux que mon sonnet, dans l’avenir,
n’éveille en quiconque le moindre plaisir.
Et que dans son air immature et méchant,
il sache être et n’être pas en même temps.

Ce verbe mien antipathique et impur
devra déranger, devra faire souffrir,
tendon de Vénus dessous le pédicure.

Personne ne s’en souviendra: tir perdu,
chien pissant sur le chaos, pendant qu’Arctus,
énigme claire, se laisse découvrir.

(Carlos Drummond de Andrade)

Illustration

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Le rêve d’être ailleurs (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



 

Le rêve d’être ailleurs
toujours le mobilise
et celui d’être ici
confiné dans l’obscur
le tient dans ses filets

rien ne va comme il veut
l’oreiller du silence
le rend sourd à lui-même

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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