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Poésie

Posts Tagged ‘confiture’

D’immenses tartines (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019




…d’immenses tartines d’enfant
sur qui le beurre fraîchissait
sur qui la confiture glaçait
étaient parfois pendant le jeu
posées sur une borne grise
jusqu’à l’oubli.

(Jean Follain)

Illustration

 

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J’aime les matins (Sarah Kéryna)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Illustration
    
J’aime les matins. Sortir de la douche, la musique.
Mettre de la crème sur ma peau, mettre des odeurs.
Et la lotion sur les cheveux. Et brosser les dents.
Et la vaisselle. Balayer. Place neuve.
L’aspirateur et la radio.
Les poubelles jetées.
Et le thé parfumé.
Les tartines, le beurre et la confiture.

Les mouettes sur les toits. Et les antennes.
Et les avions qui passent.

Légèreté des bruits qui filent.

Le vent fait bouger les rideaux qui vont et viennent,
s’engouffrent dans la fenêtre avec des mouvements
brefs et saccadés comme ceux des danseurs.

Un flottement.

(Sarah Kéryna)

 

Recueil: rappel
Traduction:
Editions: Le Bleu du Ciel

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Le jardin perdu (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



    

Le jardin perdu

Il est venu un jardin cette nuit
qui n’avait plus d’adresse
Un peu triste il tenait poliment
ses racines à la main
Pourriez-vous me donner
un jardin où j’aurais
le droit d’être jardin?
Il faudrait arroser mes laitues
et un mur ayant bu beaucoup de soleil
pour mûrir mes poires en espalier
Deux carrés pour mes asperges
et les plates-bandes de fraisiers
Si vous aviez la bonté
de mettre aussi un vieux figuier
pour donner de l’ombre
et beaucoup d’arbres fruitiers
pour les saisons de confitures
N’oubliez pas un puits profond
et un jet d’eau à volonté
C’est une vie qui n’est pas une vie
que d’être un jardin égaré
qui n’existe qu’en souvenir
et ne sait plus où fleurir

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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La Guêpe Tardive (Edwin Muir)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



La Guêpe Tardive

Tu as réfléchi durant tout l’été mourant,
Tu as visité, chaque matin, notre table,
Baladin solitaire et célibataire,
Et tu t’es nourri de confiture
Si loin dans le pot que toutes tes forces parvenaient à peine
À t’extraire du trou sucré que tu avais creusé,
Toi et la terre, vous avez mûri maintenant
Et tes voies de passage ont ressenti le changement ;
Elles se sont refroidies ;
C’est étrange
Comme ces familières avenues de l’air
S’effritent désormais, s’effritent ; le bon air ne tiendra pas,
Toutes éclateront d’un bruit sec ; toutes périront sous le froid ;
Et déjà tu plonges dans le rien et dans le désespoir.

***

The Late Wasp

You that through all the dying summer
Came every morning to our breakfast table,
A lonely bachelor mummer,
And fed on the marmalade
So deeply, all your strength was scarcely able
To prise you from the sweet pit you had made —
You and the earth have now grown older,
And your blue thoroughfares have felt a change;
They have grown colder;
And it is strange
How the familiar avenues of the air
Crumble now, crumble; the good air will not hold,
All cracked and perished with the cold;
And down you dive through nothing and through despair.

(Edwin Muir)

 

 

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Comme (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



 

as de coeur

Comme

Come, dit l’Anglais à l’Anglais, et l’Anglais vient.
Côme, dit le chef de gare, et le voyageur qui vient dans cette ville
descend du train sa valise à la main.
Come, dit l’autre, et il mange.
Comme, je dis comme et tout se métamorphose, le marbre en eau, le ciel
en orange, le vin en plaine, le fil en six, le coeur en peine, la peur en seine.
Mais si l’Anglais dit as c’est son tour de voir le monde changer de forme à sa convenance
Et moi je ne vois plus qu’un signe unique sur une carte:
L’as de coeur si c’est en février,
L’as de carreau et l’as de trèfle, misère en Flandre,
L’as de pique aux mains des aventuriers.
Et si cela me plaît à moi de vous dire machin,
Pot à eau, mousseline et potiron.
Que l’Anglais dise machin,
Que machin dise le chef de gare,
Machin dise l’autre,
Et moi aussi.
Machin.
Et même machin chose.
Il est vrai que vous vous en foutez.
Que vous ne comprenez pas la raison de ce poème.
Moi non plus d’ailleurs.
Poème, je vous demande un peu?
Poème? je vous demande un peu de confiture,
Encore un peu de gigot,
Encore un petit verre de vin
Pour nous mettre en train…
Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est.
Poème, je ne vous demande pas si votre beau-père est poilu comme un sapeur.
Poème, je vous demande un peu… ?

Poème, je ne vous demande pas l’aumône,
Je vous la fais.
Poème, je ne vous demande pas l’heure qu’il est,
Je vous la donne.
Poème, je ne vous demande pas si vous allez bien,
Cela se devine.
Poème, poème, je vous demande un peu…
Je vous demande un peu d’or pour être heureux avec celle que j’aime.

(Robert Desnos)

 

 

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RUE VERTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018




RUE VERTE

Rue verte beaucoup qui te longeaient
se payaient de mots et d’espoirs :
jeunes ménages entrant dans la vie
la dame en chapeau à plumes
et l’homme en chapeau de soie
et moustaches de campagne
rentraient dans tes boyaux, rue verte
aux pissenlits touffus
aux chats massifs ;
d’immenses tartines d’enfants
sur qui le beurre fraîchissait
sur qui la confiture glaçait
étaient parfois pendant le jeu
posées sur une borne grise
jusqu’à l’oubli.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Cythère (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Lauri Blank -   (5) [1280x768]

Cythère

Un pavillon à claires-voies
Abrite doucement nos joies
Qu’éventent des rosiers amis ;

L’odeur des roses, faible, grâce
Au vent léger d’été qui passe,
Se mêle aux parfums qu’elle a mis ;

Comme ses yeux l’avaient promis,
Son courage est grand et sa lèvre
Communique une exquise fièvre ;

Et l’Amour comblant tout, hormis
La faim, sorbets et confitures
Nous préservent des courbatures.

(Paul Verlaine)

Illustration: Lauri Blank

 

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La semaine prochaine (José Millas-Martin)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Photos grenier en vrac Vieille dame du pavillon 1934
Près de la Marne Si fraîche les dimanches d’été Guinguettes
Petit vin blanc etc Je veux retourner chez moi Mais
voui vous irez la semaine prochaine Son lit point fixe
Tu sais hier j’étais chez moi J’avais oublié de couper
le courant Jours Nuits interférences Pense aux cerises
pour tes confitures Photos majuscules L’autre
dame les a brûlées A quoi serviraient-elles?

(José Millas-Martin)

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Il était une fois… (Jean Moraisin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Il était une fois…

Au tableau noir,
dans l’encrier de mon enfance,
la porte du savoir
s’ouvre à la connaissance.
Monsieur l’Instituteur,
blouse grise,
leçon apprise,
odeur de cire.

Au tableau vert,
grandes vacances de l’été,
goûters brioche et confiture,
Far West et l’aventure.
De l’arc jaillit la flèche.
Sur mon cheval,
je vise un bison blanc
qu’imagine l’enfant.

Au tableau bleu,
dessiner les oiseaux,
les voiles des bateaux,
pour rêver juste un peu.
Offrir au grand voilier
l’océan de papier,
en bouteille à la mer,
un poème … à la craie.

(Jean Moraisin)

Illustration

 

 

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L’ABSENCE (Ewa Lipska)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Rafal Olbinski
    
L’ABSENCE

Ton Absence fleurit.
Un avion de reconnaissance sans pilote
tournoie au-dessus de moi.

Un mixer bat la mousse des nuages.
Parfum épique de la rose à cent feuilles
après quoi n’est restée que la confiture.

D’un vol d’oiseau naît une chanson d’amour.
Tu me remets au bon soin de la vie
je te confie au jardin d’Eden.

(Ewa Lipska)

 

Recueil: Moi ailleurs l’écharde
Traduction: Isabelle Macor-Filarska et Irena Gudaniec-Barbier
Editions: Grèges

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