Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘confuse’

Correspondances (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

(Charles Baudelaire)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

L’ANGLE VISUEL (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



L’ANGLE VISUEL

Très confuse, tremblante, une forme humaine qui tient un bâton.
Au bout du bâton, un fil.
Puis le temps dure, la patience est présente,
ça se voit dans ce tableau et la forme ondule toujours.
Mais pourquoi ces couleurs de menace, de perfidie, de torture, de mort ?
Le soleil brille cependant. Mais lui aussi, il tremble.
Ah ! voilà, i1 s’agit d’un pêcheur vu par un poisson.

(Norge)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

COMMENT PEUX-TU (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



 

Adam Tan

COMMENT PEUX-TU

Comment peux-tu t’enfermer
Dans l’insignifiance
A étendre la solitude infinie
Dans une poitrine
Un coeur qui lance des étincelles

Tu as soif, tu as froid
Tu as une faim de souffrance
Qui nourrisse la tienne

Je ne puis porter aucune, ombre
Marcher nu
Parmi les fantômes

Image confuse — vaisseau perdu
Qui surprend les vents
Je cherche un soleil
Un visage effacé
Dans toutes les nuits

Je ne puis me rappeler
En portant top terrible amour
Comment un ciel antérieur
S’ouvre sur l’abîme
Des oiseaux et de la mer

Comment les anges se brisent
Au contact de l’immense liberté

(Georges Themelis)

Illustration: Adam Tan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LIBERTE (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



LIBERTE

En mouvements heurtés, les dents serrées,
tu découds le paysage
et tandis que tu le réduis
en bandes, lambeaux, lanières,
tu voyages vers une confuse,
ivre liberté,
sur des bandes,
parmi les lambeaux et les lanières d’un âge ancien.

***

LIBERTA

A scatti a denti stretti
scuci il paesaggio
e mentre lo riduci
in strisce lembi bande
viaggi verso un’ebbra
confusa libertà
su strisce
fra lembi e bande d’una vecchia età.

(Bartolo Cattafi)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES JEUNES FILLES DE YUEN (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



nenuphar [1280x768]

LES JEUNES FILLES DE YUEN

A Ye-ki, les cueilleuses de nénuphars rament en chantant.
Si un étranger les regarde, elles se cachent derrière les tas de nénuphars,
font semblant d’être confuses,
et rient, et rient…

(La Flûte de Jade)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ils ont inventé l’âme (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Ils ont inventé l’âme afin que l’on abaisse
Le corps, unique lieu de rêve et de raison,
Asile du désir, de l’image et des sons,
Et par qui tout est mort dès le moment qu’il cesse.

Ils nous imposent l’âme, afin que lâchement
On détourne les yeux du sol et qu’on oublie,
Après l’injurieux ensevelissement,
Que sous le vin vivant tout est funèbre lie.

Je ne commettrai pas envers votre bonté,
Envers votre grandeur, secrète mais charnelle,
Ô corps désagrégés, ô confuses prunelles,
La trahison de croire à votre éternité.
Je refuse l’espoir, l’altitude, les ailes,
Mais étrangère au monde et souhaitant le froid
De nos affreux tombeaux, trop bas et trop étroits,
J’affirme, en recherchant vos nuits vastes et vaines,
Qu’il n’est rien qui survive à la chaleur des veines!

(Anna de Noailles)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Voix du vent (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017




Voix du vent

La grande voix du vent
Toute une voix confuse au loin
Puis qui grandit en s’approchant, devient
Cette voix-ci, cette voix-là
De cet arbre et de cet autre
Et continue et redevient
Une grande voix confuse au loin

(Hector de Saint-Denys Garneau)


Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Le crabe amoureux (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2016




Le crabe amoureux

Un crabe aimait une méduse
que l’éloquence du lourdeau
rendit bientôt toute confuse.

« Belle dolente entre deux eaux,
disait le crabe usant de ruse,
Soyez la Muse des Tourteaux!
Je jouerai de la cornemuse
et vous deviendrez sur les flots
le château d’eau où l’on s’amuse! »

Il offrit sa pince en cadeau.
« Pour te croire, dit la Méduse,
j’attendrai que tu sois manchot! »

(Pierre Béarn)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Beau Linge qui toucha tes écrouelles (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



Le Beau Linge qui toucha tes écrouelles
Sans les guérir
Y a laissé son empreinte

L’infime renfort culturel
Qui acheva de te convaincre
Que toute parole est une fausse fenêtre
Y bivouaque toujours

Le portrait loupé de Pandora
Y brasille encore
Sous les strates d’une espérance
De plus en plus confuse.

(Jean Rousselot)

Illustration: Gustav Adolf Mossa

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE COURRIER NE VA GUÈRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



LE COURRIER NE VA GUÈRE

Des lettres de là-haut doivent se perdre
Dans le puant mâchefer d’astéroïdes

Ne nous parviennent qu’instructions confuses
Tendresses ambiguës
Absolutions au porteur ou factures
Que nous avons déjà réglées cent fois

Nos psychopompes eux-mêmes
Dans leurs sublimes cagnas
Sont sans doute aussi mal desservis que nous

Ou bien il faut admettre
Qu’ils alimentent leur feu
Avec nos suppliques nos réquisitoires
Et nos coupons-réponse
En regardant leur télé
Pour être certains qu’ils vivent.

(Jean Rousselot)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :