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Poésie

Posts Tagged ‘confusément’

La Fête (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018


 

Vérité, imposture
où donc vous cachez-vous?
Et qui tapisse de silence
les chambres du monde?
Quand un grand praticien
ausculte le corps étendu
d’une beauté
le colporteur rentre
dans la maison des champs
et dit confusément
des mots tendres à des bêtes
dont c’est alors la fête.

(Jean Follain)

 

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LES POÈMES (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2018



Illustration
    
LES POÈMES

Les poèmes vieillissent confusément,
Parlant encore de forêts, d’or et de roses. Toutefois
Quel sage aurait pu dans une seule fable
Serpentant au-dessus des hommes et des fleurs,
Dire comme la perle un peu l’attente
Qui est au creux du monde, et peut-être à la fin composer,
Pour un prince las du soleil et des livres,
Un autre chant qui ne vieillirait pas,
Qui parlerait sans fin de ce qui recommence,
Au gré des libellules bleues, des armoiries de l’onde ?

Alors l’image en ce poème serait plus limpide
Que le bruit continu de l’eau, plus sombre qu’un silence
Au pied de l’arbre à qui écoute
La nuit parfaire les saisons
En quête de sagesse nébuleuse et d’ordonnance.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans la pénombre de la cathédrale (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Dans la pénombre de la cathédrale,
Où la veilleuse veille sur l’image sainte,
La nuit vivante plongera bientôt
Ses yeux dans tes yeux sans sommeil.

Des paroles de sagesse céleste
On sent jaillir les forces de la terre.
Sous les voûtes, c’est l’ombre mystérieuse,
lci — le froid d’un banc de pierre.

L’intense feu d’une rencontre brève
A soufflé son haleine de là-haut
Sur tous ces cierges assoupis,
Sur les images saintes, sur les fleurs.

L’inspiration naît du silence,
Et tes desseins me sont cachés,
Et se pressent confusément la connaissance,
Et le frisson de la colombe et du serpent.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Vois l’aurore… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Vois l’aurore…

Vois l’aurore tremper les feuilles des mélisses,
La libellule errer au bord frais des calices,
Mêlant aux iris d’or son vol phosphorescent.
La grive a retrouvé ses pipeaux idylliques,
L’écho confusément lui donne la réplique,
Le jour s’effeuille ainsi qu’un églantier naissant.

Comme il est éphémère et suave de vivre!
Est-ce ta bouche encor dont la langueur m’ennivre,
Est-ce ton regard vert aux moires de l’étang?
Mais rien ne peut mourir des baisers que l’on donne
Et quand le temps cruel et faux nous abandonne,
Ils fleurissent en nous comme un divin printemps.

(Marie Dauguet)

 

 

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Etoile sur le Navire (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Etoile sur le Navire

Tristement je rêvais en regardant les flots…
Le vent occidental portait ma rêverie
Vers des cieux inconnus, et les anciens sanglots
Sourdaient confusément dans mon âme meurtrie.

Sur les embruns, fleuris de sillages légers,
Se mirait le reflet orangé d’une voile,
Et, fraternel parmi les astres étrangers,
Souriait le regard attendri d’une étoile.

Tristement je rêvais en regardant les flots
Que fendait le passage orangé d’une voile ;
Dans mon âme, où somnolaient d’antiques sanglots,
Souriait le regard attendri d’une étoile.

(Renée Vivien)

 

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LES PHOTOGRAPHIES (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2017



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LES PHOTOGRAPHIES

C’était presque en hiver ce jour-là
Le temps des grandes promenades
Qu’on se rappelle aujourd’hui confusément —
La route traversait le milieu de la montagne
Et la main glissait sur de rugueux murs de pierre et de
mousse —
Le temps des portraits photographiés
Les yeux plissés par le soleil en face
Les portraits qui gardent à jamais
Le parfum de pinède des après-midi
Et le parfum de bois et de moût des villages

***

AS FOTOGRAFIAS

Era quase no inverno aquele dia
Tempo de grandes passeios
Confusamente agora recordados —
A estrada atravessava a serra pelo meio
Em rugosos muros de pedra e musgo a máo deslizava —
Tempo de retratos tirados
De olhos franzidos sob urn sol de frente
Retratos que guardam para sempre
O perfume de pinhal das tardes
E o perfume de lenha e mosto das aldeias

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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