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Poésie

Posts Tagged ‘confusion’

Savoir-vivre (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



Savoir-vivre

Ah! l’excellente fille!
Un homme éternue-t-il à ses côtés,
en plein salon, la voilà qui fait glisser sa robe
sous laquelle elle est nue, et de sa voix fraîche:
– A vos souhaits, Monsieur!
Les témoins demeurent confondus devant tant de naturel
allié au bon sens le plus profond de la devination.
Quelle chose singulière: c’est l’homme qui paraît nu!
Tous les regards se fixent sur sa personne.
On n’aurait jamais cru cela de lui!
Rouge de confusion, il réclame son chapeau,
son manteau, ses gants,
et se sauve sans demander son reste.

(René de Obaldia)


Illustration: Pascal Renoux

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Seuls peut-être subsisteront les restes ruinés d’un filet (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Il est certaines heures
où semblent affleurer
la confusion de l’air,
le doute de la lumière,
la fatigue de l’eau,
la tristesse de la nuit.

Tout équilibre a besoin de repos.
Ainsi s’affaissera l’équilibre dernier
et s’abattront
jusqu’au chant des oiseaux
et jusqu’à la parole la plus secrète.

Seuls peut-être subsisteront
les restes ruinés d’un filet.

(Roberto Juarroz)

Illustration: Île Nancy

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Devant un labyrinthe insoluble (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



Le puzzle de nos prétendues réussites
et de nos apparentes erreurs,
semble conçu par un maniaque anonyme
qui aurait abîmé en jouant toutes les figures
et ne veut ou ne sait les recomposer,
sans permettre non plus qu’un autre le tente.

Ce gaspillage de formes,
cette confusion des choses qu’on doit et ne doit pas faire,
épuise toutes les réserves
autant que la force génératrice qui les renouvelle.

Reste une seule formule:
devant un labyrinthe insoluble
en construire un autre plus enchevêtré,
qui déconcerte le premier.

(Roberto Juarroz)

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Le coeur me brûle (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Christian Schloe    
    
Le coeur me brûle.
Je suis perdu comme chaque fois.
Quels sont ces fleuves croisés qui s’éveillent
et ont le pouvoir de faire s’accélérer l’être
et de le mettre à la torture dans cette confusion surnaturelle ?

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Il est vrai que dans l’obscur (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2018



Illustration
    
il est vrai que dans l’obscur
il y a cette confusion de feuille et d’oeil
de cloche endormie et de feu peureux

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Voix (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2018



Voix

…On a besoin d’un peu de vie de confusion de brouhaha
sinon dans le vide et le calme
dans la poussière des années

on pourrait entendre distinctement une voix très ancienne
dont on croyait avoir perdu le son
une voix égarée et pourtant restée là

prise dans l’absence et dans l’oubli
la voix de ce mort qu’on aima
parlant tout seul au bord du temps
au bord des larmes.

(Claude Roy)

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Dans la résurrection, il y a confusion (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



La floraison du bâton

[3]
Dans la résurrection, il y a confusion
si nous voulons argumenter ; si nous restons à regarder,

nous ne savons pas où aller ;
dans la résurrection, il y a une simple affirmation,

mais ne traîne pas à regrouper les autres,
dans toute la rue ; ton départ

à un tel moment, est la meilleure preuve
que tu connais le chemin ;

la première oie sauvage s’inquiète-t-elle de savoir
si les autres la suivent ou pas ?

je ne crois pas — elle est contente de partir —
elle sait où elle va ;

ainsi nous faut-il nous grouper ou nous envoler,
comme l’oie des neiges du cercle arctique,

aux Carolines ou en Floride,
ou comme ces vols migratoires

qui planent toujours (dit-on)
au-dessus de l’île perdue, l’Atlantide ;

en quête de ce que nous avions connu,
nous savons qu’un jour nous trouverons

le bonheur ; aujourd’hui tu seras
avec moi en Paradis.

***

but do not delay to round up the others,
up and down the street; your going

in a moment like this, is the best proof
that you know the way;

does the first wild-goose stop to explain
to the others? no—he is off;

they follow or not
that is their affair;

does the first wild-goose care
whether the others follow or not?

I don’t think so—he is so happy to be off—
he knows where he is going;

so we must be drawn or we must fly,
like the snow-geese of the Arctic circle,

to the Carolinas or to Florida,
or like those migratory flocks

In resurrection, there is confusion
if we start to argue; if we stand and stare,

we do not know where to go;
in resurrection, there is simple affirmation,

who still (they say) hover
over the lost island, Atlantis;

seeking what we once knew,
we know ultimately we will find

happiness; to-day shalt thou be
with me in Paradise.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Hiroshige

 

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Du vent (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



 

pieds-sdf

Du vent

Le vent souffle
avec lui
les cerfs-volants
arrachés
à des mains fragiles.
Un volet grince
au loin
la plainte
du crocodile.
J’ai sa peau
autour
de mon
coeur.
Allez gueule !
souffle !
deviens tempête
si tu l’oses
ou
confusion
profonde.
Tu vois,
déjà
tu te calmes
et laisses mûrir
les fruits
sur les arbres.
Fais voler les caravanes,
salope !
arrache la tente
au-dessus des grilles
d’air chaud
où j’ai laissé
crever
mes souvenirs
sans
domicile.

(Balbino)

 

 

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DE LA POÉSIE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



DE LA POÉSIE

Et nul n’a jamais su
Pas même le poète
Ce qu’est la poésie

— Une marche ou soleil
— Il faut payer très cher
— Cela me prend parfois
— Les mains comme aruspices
Et les mains comme ovaires
— La vie comme tactique
Et la mort comme hygiène
— Rocher comme Sisyphe
Prométhée comme espoir
Et vautour comme foie
— Prendre le raccourci
Pour aller au supplice
— Digestion Confusion Création
— Suppression Salvation Dérision

— Ou bien encor le gouffre
Qui compte des moutons
Pour pouvoir s’endormir
Sous l’aisselle du monde ?

(Jean Rousselot)

 

 

 

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Confuse et timide (Bilhana)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




Encore aujourd’hui
Il me souvient
Des cent propos mensongers et flatteurs murmurés par ma
Bien-aimée
Dans la langueur et dans le trouble du plaisir –
Aimables et indistinctes paroles que chuchotait une voix
Confuse et timide.

(Bilhana)

Illustration: Lucien Levy Dhurmer

 

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