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Poésie

Posts Tagged ‘confusion’

Pétronille (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration: Valérie Renoux
    

Pétronille

Je suis une petite fille
Mais je mets des pantalons.
J’ai beau m’appeler Pétronille
J’aime mieux être un garçon.

Quand la crémière m’interpelle
Bonjour ma petite demoiselle »
Exprès je lui réponds
« Bonjour M’sieur Potiron. »

Quand le boucher s’écrie
« Qu’est-ce que veut aujourd’hui
Ma petite escalope ? »
Je fronce les sourcils
Et lui dis . « Du persil,
Mademoiselle Pénélope. »

Ça crée la confusion.

J’ai beaucoup d’caractère
Beaucoup de formation

Et sous mes petits airs
Se cache un grand garçon.

Je n’aime pas les filles
Aux réflexes sanguins
Moites sous les charmilles
Et pâles dans les trains.

Quand on est un garçon
On siffle dans ses doigts
On est Ali-Babas
On grimpe sur les toits.

On s’en va sur les mers
Où y’a plein de moutons.
On vole dans les airs
Avec les électrons.

Et devant ces exploits
Tout l’monde reste baba.

« Non Maman, pas ma robe, je veux mon pantalon
Ma ceinture de cuir, mon colt, mes munitions .
Je vais faire un hold-up
A Plessis-Robinson. »

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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Oh malheurs de janvier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2020



Carlos Schwabe Les_larmes_d'Hubert [800x600]

Oh malheurs de janvier lorsque l’indifférent
midi établit son équation dans le ciel,
un or âpre comme le vin d’un verre plein
emplit la terre jusqu’en ses limites bleues.
Oh malheurs de ce temps pareils à de petits
raisins assemblés en leurs vertes amertumes,
en leurs confusions, larmes cachées des jours,
tant que l’intempérie n’a révélé leurs grappes.
Vous germes, vous douleurs, tous palpitant d’effroi
à la crépitante lumière de janvier,
les fruits ont bien brûlé : mûrissez et brûlez.
Nous allons faire le partage des regrets :
comme le vent soufflera l’âme, et la demeure
restera propre avec du pain frais sur la table.

***

Desdichas del mes de enero cuando el indiferente
mediodía establece su ecuación en el cielo,
un oro duro como el vino de una copa colmada
llena la tierra hasta sus límites azules.
Desdichas de este tiempo parecidas a uvas
pequeñas que agruparon verde amargo,
confusas, escondidas lágrimas de los días,
hasta que la intemperie publicó sus racimos.
Sí, gérmenes, dolores, todo lo que palpita
aterrado, a la luz crepitante de enero,
madurará, arderá como ardieron los frutos.
Divididos serán los pesares : el alma
dará un golpe de viento, y la morada
quedará limpia con el pan fresco en la mesa.

(Pablo Neruda)

Illustration: Carlos Schwabe

 

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CONFUSION (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



CONFUSION

Mon coeur,
ou le tien ?
Qui reflète mes pensées ?
Qui me prête
cette passion
sans racines ?
Pourquoi mon habit change-t-il
de couleur ?
Tout est carrefour!
Pourquoi vois-tu dans la fange
tant d’étoiles ?
Frère, est-ce toi
ou moi ?
Et ces mains si froides sont-elles
celles d’un autre ?
Je me vois parmi les couchants,
et une fourmilière de gens
circule dans mon coeur.

(Federico Garcia Lorca)

 

 

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Quelques sentiers de lumière (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



D’un même élan
l’Univers se fait
se défait

Ses volumes éclatent :
en poussières angles traits
oiseaux de fer brûlures
rocs mordus par les tempêtes

La confusion fourmille

Quelques sentiers de lumière
sabrent ces tourbillons
les pacifient.

(Andrée Chedid)


Illustration

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L’enfer (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2019




    
L’enfer, c’est cette confusion
où chacun demeure isolé.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je suis l’enfant qui allume les cierges (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



 

Je suis l’enfant qui allume les cierges,
Qui garde le feu de l’encensoir.
Sans penser à rien, sans rien dire
Elle se rit sur l’autre rive.

J’aime la prière du soir,
Dans l’église blanche auprès de la rivière,
Le village avant le crépuscule,
La confusion de l’ombre bleue.

Docile à son doux regard
Je contemple le secret de la beauté ;
Je jette des fleurs blanches
Par dessus les murs de l’église

(Alexandre Blok)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Chaïm Soutine

 

 

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Savoir-vivre (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



Savoir-vivre

Ah! l’excellente fille!
Un homme éternue-t-il à ses côtés,
en plein salon, la voilà qui fait glisser sa robe
sous laquelle elle est nue, et de sa voix fraîche:
– A vos souhaits, Monsieur!
Les témoins demeurent confondus devant tant de naturel
allié au bon sens le plus profond de la devination.
Quelle chose singulière: c’est l’homme qui paraît nu!
Tous les regards se fixent sur sa personne.
On n’aurait jamais cru cela de lui!
Rouge de confusion, il réclame son chapeau,
son manteau, ses gants,
et se sauve sans demander son reste.

(René de Obaldia)


Illustration: Pascal Renoux

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Seuls peut-être subsisteront les restes ruinés d’un filet (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Il est certaines heures
où semblent affleurer
la confusion de l’air,
le doute de la lumière,
la fatigue de l’eau,
la tristesse de la nuit.

Tout équilibre a besoin de repos.
Ainsi s’affaissera l’équilibre dernier
et s’abattront
jusqu’au chant des oiseaux
et jusqu’à la parole la plus secrète.

Seuls peut-être subsisteront
les restes ruinés d’un filet.

(Roberto Juarroz)

Illustration: Île Nancy

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Devant un labyrinthe insoluble (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



Le puzzle de nos prétendues réussites
et de nos apparentes erreurs,
semble conçu par un maniaque anonyme
qui aurait abîmé en jouant toutes les figures
et ne veut ou ne sait les recomposer,
sans permettre non plus qu’un autre le tente.

Ce gaspillage de formes,
cette confusion des choses qu’on doit et ne doit pas faire,
épuise toutes les réserves
autant que la force génératrice qui les renouvelle.

Reste une seule formule:
devant un labyrinthe insoluble
en construire un autre plus enchevêtré,
qui déconcerte le premier.

(Roberto Juarroz)

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Le coeur me brûle (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Christian Schloe    
    
Le coeur me brûle.
Je suis perdu comme chaque fois.
Quels sont ces fleuves croisés qui s’éveillent
et ont le pouvoir de faire s’accélérer l’être
et de le mettre à la torture dans cette confusion surnaturelle ?

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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