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Poésie

Posts Tagged ‘congédier’

Congédiement (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Congédiement

Toute clarté radieuse, congédiée
Ce soir, doucement

Et nous
Maintenant au centre
De la maison brûlante presque ruine

Et des lampes bougeaient dans le feuillage des chambres

Un chat lointain regardait, rayonnant
Immobile

La perte de ce lieu en nos mains désoeuvrées
Nous nous étions assis
Doucement, sans regard
Le seuil était gardé

Par une vieille femme
De pierre Ô mariée.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Combien durera ce manque (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017




    
Combien durera ce manque de l’homme
mourant au centre de la création
parce que la création l’a congédié?

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Embastillée d’argile (Imasango)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017



Illustration: John Singer Sargent
    
Embastillée d’argile

Touchée par la chaleur
Du silence de tes lèvres
Je congédie le monde

Je respire par tes mains
Je me couvre de tes veines
Je te bois
Je deviens
Soleils rouges

Ton corps est vagabond
Trouvant l’asile
D’une terre
Éclose
Devenue femme

Je retiens la course
À tes hanches
Habillées de baisers
Je recouvre mon âme

Tu es mon paysage mon tempo ma cadence
Mon naufrage et ma rime ma vague et mon volcan
Mon îlot de lumière ma bouteille à la mer
Mon homme argile

(Imasango)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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VIEILLESSE (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



VIEILLESSE

Soirs ! Soirs ! Que de soirs pour un seul matin !
Ilots épars, corps de fonte, croûtes !
On s’étend mille dans son lit, fatal déréglage !

Vieillesse, veilleuse, souvenirs : arènes de la mélancolie !
Inutiles agrès, lent déséchafaudage !
Ainsi, déjà, l’on nous congédie !
Poussé ! Partir poussé !
Plomb de la descente, brume derrière …
et le blême sillage de n’avoir pas pu Savoir.

(Henri Michaux)

Illustration

 

 

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POÈMES, UN PREMIER TESTAMENT (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



 

POÈMES, UN PREMIER TESTAMENT

J’ai dit «pomme» à la pomme ; elle m’a dit « mensonge» ;
Et « vautour » au vautour qui n’a pas répondu.
Dans mon livre, le soir, la comète s’allonge,
Et l’amour n’est amour que douze fois relu.

Mon corps est, lui aussi, un livre qu’il faut lire,
Puisqu’on lit un genou comme on lit l’horizon.
Vivre ou écrire, écrire ou vivre ? Je soupire :
Dans le verbe ma chair a trouvé sa raison.

Il est si roux, le mois d’octobre entre les pages ;
Il est si vert, le mois d’avril, à peine âgé
D’un mot qui dit l’amour, d’un mot qui fait l’image ;
Il est si gris, le mois qu’il me faut corriger.

Un agneau tout à l’heure est sorti de mon verbe ;
Il a fait quelques pas dans le ciel de l’été.
Mon agneau si verbal, vas-tu brouter mon herbe,
Verbale comme toi : je viens de l’inventer ?

Qui parle à mon poème ? Il est triste et fragile.
Quand je lui dis bonjour, il se croit supplicié,
Congédie son aurore et déchire ses îles
Pour vivre de silence ; il est mon seul sorcier.

Qui parle à mon amour ? Il se veut impudique.
Le vice est beau, mon livre, et c’est moi qui te mords !
Où commence la chair ? Où finit la musique ?
Je sais que la parole est toujours un remords.

S’il faut que le poème écrive son poète,
Dis-moi, mon livre, est-ce de toi que je suis né ?
Quelle page a prévu ma naissance indiscrète
Et prédit mille fois : « Tu seras condamné » ?

(Alain Bosquet)

Illustration: Silvia Vassileva

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Ne laisse pas le temps congédier la Présence (Armen Tarpinian)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2016



Ne laisse pas le temps congédier la Présence.
L’été commence bien avant
que les arbres le sachent…

(Armen Tarpinian)

Illustration: Isadora Duncan

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Ce sera toujours l’aurore (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2015


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Tu t’avançais seule parmi les blés, les orages
étaient légers sur tes mains, et le beau temps
sortait de ses ruines.

Tu touchais les eaux du ciel avant de les donner à la terre
et j’applaudissais à la récolte

D’un trait de plume un oiseau traçait une
fleur sur un rocher, elle ressemblait à mon
espoir

mais Toi tu disais que même les fleurs sur les
rochers se fanent

Mais moi j’ai caressé l’eau des fontaines
avant d’abreuver les chevaux

et les chevaux t’ont conduit jusqu’au seuil de
ma maison

Alors j’ai congédié les lampes car ce sera
toujours l’aurore.

(Georges Drano)

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