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Poésie

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Se détourner du temps (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration: Gilbert Garcin
    
Se détourner du temps,
déjouer le compte-gouttes de l’âge
et déchirer le suaire
des minutes répétées comme des abeilles.

Comment fouler le temps
et marcher sur lui
comme sur une plage
dont la mer s’est séchée ?

Comment sauter sur le temps
et avoir pied dans le vide
et son absence creusée ?

Comment reculer dans le temps
et raccorder le passé
à tout ce qui fuit ?

Comment trouver dans le temps l’éternité,
l’éternité faite de temps,
de temps congelé dans les gosiers les plus froids ?

Comment reconnaître le temps
et trouver le fil inconnu
qui coupe ses moments
et le divise toujours
justement au milieu ?

***

Desconocer el tiempo,
desbaratar el cuentagotas de la edad
y rasgar el sudario
de los minutos repetidos como abejas.

¿Cómo pisar en el tiempo
y caminar por el
como sobre una playa
cuyo mar se ha secado?

¿Cómo saltar en el tiempo
y hacer pie en el vacío
y su excavada ausencia?

¿Cómo retroceder en el tiempo
y empalmar el pasado
con todo lo que huye?

¿Cômo encontrar la eternidad en el tiempo,
la eternidad hecha de tiempo,
de tiempo congelado en las fauces mas frías?

Cômo reconocer el tiempo
y hallar el filo ignoto
que corta sus momentos
y siempre lo divide
justamente en el medio?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Un crachin glacial (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2016



Philippe Cognée  ville cendres [1280x768]

Un crachin glacial
Lentement congèle tous
Les tas d’cendres en ville.

***

An icy drizzle
Slowly solidifying
All the city’s ash piles.

(Richard Wright)

Illustration: Philippe Cognée

 

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L’HIVER DE LA FERMIÈRE (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2016



 

L’HIVER DE LA FERMIÈRE

I
S’il n’y avait de saisons que l’été,
Que les feuilles jamais ne tombent,
Avec le voeu de ne plus voir de ma fenêtre
Passer des mendiants affamés,
Et que les miséreux morts dans les vents de glace
Puissent se retrouver ici ;
Alors, celui qui était l’intime de mes yeux
Réchaufferait mon coeur ruiné !

II
Frêle, brave au labour à toute heure
Dans les tenailles du vent,
Il fut bridé par les froidures.
Maintenant le soc est rouillé.
Si, barbare, l’hiver congèle
Le souffle des tendres choses
Et de ce que j’aime il s’empare,
Ce que je déteste il m’apporte.

***

THE FARM-WOMAN’S WINTER

I
If seasons all were summers,
And leaves would never fall,
And hopping casement-comers
Were foodless not at all,
And fragile folk might be here
That white winds bid depart ;
Then one I used to see here
Would warm my wasted heart !

II
One frail, who, bravely tilling
Long hours in gripping gusts,
Was mastered by their chilling,
Andnow his ploughshare rusts.
So savage winter catches
The breath of limber things,
A ndwhat I love he snatches,
And what I love not, brings.

(Thomas Hardy)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

 

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