Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘conjuguer’

Tu conjugues la veille à l’éternelle absence (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Illustration: Francine Van Hove
    
Tu conjugues la veille
à l’éternelle absence,
conjonction des figures et des pauses,
ce qui tombe et se relève avec le soir.

Des oiseaux bleus quelquefois
traversent ton regard. Tu retournes
à la table peinte, à tes plumes,
tes ciseaux, tes phrases, tes silences.

Tant de choses inexplicables passent
par le détail des mois et des années.
Tu reviens de partout

Si pâle du sommeil refusé,
cherchant le lieu et la limite
ou la coïncidence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Liberté (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Liberté

J’extrais l’irréel
Du champ
De toute matière

Je plante le réel
Au coeur
Des utopies

Je conjugue
Liberté
Sur nos terres
Engourdies.

(Andrée Chedid)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si je m’évade (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration: Igor Morski
    
Si je m’évade

Si je m’évade il vient à ma rencontre.
Il me surveille, il ne me quitte pas.
Il me connaît comme on connaît ses mains.
Il me déteste, il m’aime tour à tour.
Il me détruit ne se détruisant pas.

Je l’ai suivi, je connais ses pratiques.
Je lui dis tu quand il m’est étranger.
S’il était là sans que j’y sois moi-même,
j’aurais gagné mon étrange combat.

Nous sommes deux, parfois nous sommes mille.
Nous répétons je tu il nous vous ils
et tous les temps ne nous suffisent pas
pour conjuguer nos verbes condamnables.

Il vit en moi mais je sais qu’il est autre
et je suis l’autre aussi quand il est moi.
Ce corps étroit ne nous contient qu’à peine
et nous serons tous deux même cadavre.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qu’est-ce que j’aurai gagné à être éternel ? (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Qu’est-ce que j’aurai gagné à être éternel ?
Les lunes et les siècles passeront
Un million d’années ce n’est rien
Mais ne plus avoir ce tremblement de la main
Qui se dispose à cueillir des œufs dans la haie
Plus d’envie plus d’orgueil tout l’être satisfait
Et toujours la même heure imbécile à la montre
Plus de départs à jeun pour d’obscures rencontres
Je me dresse comme un ressort tout neuf dans mon lit
Je suis debout dans la nuit noire et je m’agrippe
À des lampions à des fantômes pas solides
Où la lucarne ? Je veux fuir ! Où l’écoutille ?
Et je m’attache à cette étoile qui scintille
Comme un silex dans le flanc
Ivrogne de la vie qui conjugue au présent
Le liseron du jour et le fer de la grille.

(René-Guy Cadou)

Illustration: Alberto Galvez

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vertige (James Denis)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Illustration: Andrei Protsouk
    
Vertige

Dévorant son minois de lait et de flocons
Duveteux. Je conjugue ainsi son corps ! Délices !
Alouvi ! Butinant comme les papillons…
Un vif effet volcan confina mes blandices.

Secret d’une Égérie, une fugue ! L’éveil
D’une mort de l’égo, et triomphe une étoile
Vêtue de chair sucrée, une ouate ce réveil !
Fascinant ce cocon ! Une soie se dévoile.

Un vertige puissant ! Ô reine des jasmins !
Je cueille ton amour aux essences avides,
Une dolce Vita aux rubans très coquins
Moissonne mes égards, l’extase se transvide.

(James Denis)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Signes (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



    Illustration: Henri Michaux
    
Signes, non pour être complet, non pour conjuguer
mais pour être fidèle à son « transitoire »
Signes pour retrouver le don des langues

la sienne au moins, que, sinon soi, qui la parlera?
Écriture directe enfin pour le dévidement des formes
pour le soulagement, le désencombrement des images
dont la place publique-cerveau est en ce temps particulièrement engorgée

Faute d’aura, au moins éparpillons nos effluves.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Conjuguer avec toi le verbe « infinir » (Jack Keguenne)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2017



conjuguer avec toi le verbe « infinir ».
par l’égard, suppléer à ce qui échappe.
toucher à l’amplitude.

(Jack Keguenne)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »

Le hasard (Nuno Júdice)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



 

Le hasard

ne conjugue pas les coïncidences :

il les résout…

(Nuno Júdice)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Nous voici plus fidèles que nos voix passagères (Fernand Verhesen)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2016



Je conjuguais les pièges et l’espoir
C’était l’attente
la nudité calcinée

Désormais il fait jour
jusqu’à l’horizon
jusqu’au fond de l’espace
où se profile un visage

Toute distance s’ordonne
autour du regard
Les issues éprises de souffle
reconnaissent nos paroles
portées par la fête
où s’ajustent les rencontres

Nous consentons aux liens
d’une haute liberté
Veille le coeur à vif
sur les nuits asservies

Nous voici plus fidèles
que nos voix passagères

(Fernand Verhesen)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Langages (Jean Moraisin)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2015



Langages

Mots effleurés,
cristal de la pensée,
jaillissement du coeur,
encre liquide et versée
dans le calice avec douceur.
L’émotion défait les codes
et conjugue l’instant
d’écriture éphémère.

Mots blessés,
cloués sur une porte
comme un oiseau maudit
aux ailes transpercées.
Injustes jugements,
censuré dans le sang,
le poème agonise
sous un trait de rature.

Mots d’amour,
battant à crève-tambour.
Étreintes et soupirs
musiquent le poaime
où la rime frissonne
en regards pétillants.
L’écriture caresse
l’ange qu’elle amadore.

(Jean Moraisin)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :