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Poésie

Posts Tagged ‘connaître’

L’orphelin (Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2023




    
L’orphelin.

(Rien ne peut remplacer l’affection maternelle:
soyez particulièrement bons pour l’orphelin qui en est privé.)

Enfants, quand votre bonne mère,
Le soir, vous tient sur ses genoux,
L’orphelin couche sur la terre…
Petits enfants, y pensez-vous?

Vous avez tout en abondance,
Caresses, bonbons et joujoux;
Lui, ne connaît que la souffrance…
Petits enfants, y pensez-vous?

Quand personne ne vous surveille,
Parfois vous gaspillez vos sous…
Il est sans pain depuis la veille;
Petits enfants, y pensez-vous?

Tendez la main à la misère,
Vous qui le pouvez… C’est si doux
De faire du bien sur la terre !
Petits enfants, y pensez-vous?

(Blanchard)

 

Recueil: Mon premier Livre de Récitation
Traduction:
Editions: Prieur et compagnie

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Ils étaient trois garçons (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2023




    
Ils étaient trois garçons

Ils étaient trois garçons,
Ils étaient trois garçons,
Leur chant, leur chant emplit ma maison,
Leur chant, leur chant emplit ma maison.

Ils étaient si joyeux,
Ils étaient si joyeux,
Que je voulus partir avec eux,
Que je voulus partir avec eux.

Amis, où allez-vous ?
Amis, où allez-vous ?
Je suis si triste et si las de tout,
Je suis si triste et si las de tout.

Ami, viens avec nous,
Ami, viens avec nous,
Tu connaîtras un bonheur plus doux,
Tu connaîtras un bonheur plus doux

Tu connaîtras la paix,
Tu connaîtras la paix,
Bien loin bien loin de ce qui est laid,
Bien loin bien loin de ce qui est laid.

Ils étaient venus trois,
Ils étaient venus trois,
Quatre s’en furent, le cœur plein de joie
Quatre s’en furent, le cœur plein de joie !

(Anonyme)

 

Recueil: Les plus belles chansons du temps passé
Traduction:
Editions: Hachette

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Trouve l’Amour de tous les commencements (Dîn Doyal)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2023



    

Trouve l’Amour de tous les commencements,
Connais-le,
Alors chaque jour est émotion durable
Jamais ne se rompra le commencement.
Si le doux sage joue, subtil, du Plein Amour,
Pierre précieuse,
Lotus flottant sur le lac,
Alors la lune s’élève dans le ciel bleu,
L’étoile accrochée,
Les deux prises l’une à l’autre ;
Deux lettres enlacées pour être,
Trois pour le rituel,
L’extase portée vers.

L’Amour agit
Si tu sais mourir vivant à l’Amour,
Immortel tu deviendras dans le monde mortel

Trouve l’Amour de tous les commencements,
Connais-le.

(Dîn Doyal)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Suppliques (Badawi al-Jabal)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2023




    
Suppliques
(extrait)

Comme j’ai foi en sa bonté,
entre Dieu et moi il y a une Porte.
Je m’y réfugie toujours,
les divans et les lieux me connaissent.

Seigneur, ta Porte ne repousse pas
ceux qui s’y protègent,
Voile est sur elle.

Sa clé dans mes mains est Certitude,
le doute ne l’effleure pas.

Et si l’on me questionne sur mes péchés,
mes larmes sont la réponse.

Elles en sont le Livre, dans ma main droite
lorsque je la tends à ta miséricorde.

(Badawi al-Jabal)

***

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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La voir est un Tableau (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2023



Emily Dickinson
    
La voir est un Tableau —
L’entendre est une Mélodie —
La connaître, le dénigrement de toute autre Bénédiction
Ne pas la connaître, Affliction —
L’avoir pour Amie
Une chaleur aussi proche que si le Soleil
Rayonnait dans votre Main —

***

To see her is a Picture —
To hear her is a Tune —
To know her, a disparagement of every other Boon —
To know her not, Affliction —
To own her for a Friend
A warmth as near as if the Sun
Were shining in your Hand —

(Emily Dickinson)

 

Recueil: Ses oiseaux perdus
Traduction: de l’américain par François Heusbourg
Editions: Unes

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Je pense sans arrêt à cela seul (Varlam Chalamov)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2022




    
Je pense sans arrêt à cela seul :
On a tué un peuplier sous ma fenêtre.

J’entendais le rauque vrombissement du camion,
Un bras de l’arbre lui faisait signe.

J’écoutais les cris des branches, le bruissement de l’herbe,
Ne sachant pas qui était dans son droit, qui ne l’était pas.

Je connaissais la bienveillance des arbres,
Les droits irréfutables des oiseaux.

À ma fenêtre, soudain, ce fut trop clair
– Je compris : le mal était fait.

Je pense tout le temps à cela seul :
Sous ma fenêtre on a tué un peuplier.

(Varlam Chalamov)

 

Recueil: Cahiers de La Kolyma
Traduction: du russe par Christian Mouze
Editions: Maurice Nadeau

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La cigale (Luo Binwang)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
La cigale

La voix de la cigale a résonné du côté de la route occidentale ;
Elle jette dans une rêverie profonde l’hôte qui porte une coiffe du sud.
Comment supporterais-je patiemment la vue de ce frêle insecte,
Qui vient, tout près de ma tête blanche, répéter son chant douloureux !
La rosée, trop lourde pour ses ailes, appesantit sa marche, et l’empêche de prendre son vol
Le vent, qui souffle avec violence, emporte ses cris étouffés.
Les hommes ne veulent pas croire à ce qu’il y a de pur et d’élevé dans le secret de son existence
Puis-je espérer qu’il s’en trouve un, pour faire connaître à tous ce que renferme mon coeur

(Luo Binwang)

(milieu du VIIe-début du VIIIe siècle)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Piao, prince de Pai-ma (Zao Zhi)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Piao, prince de Pai-ma

Afflictions du coeur et tourments de l’âme,
Demeurez au-dehors — je ne dirai plus rien !
Les yeux de l’homme bravent l’horizon des Quatre Mer
Dix mille lis ne sont pour lui que porte voisine.
L’amour fraternel ne saurait déserter
Et la distance nous ramène sans cesse au plus près.
Il serait vain de partager nos lits,
Sans avoir jamais partagé nos peurs et nos joies.
L’angoisse trop couvée n’apporte que maux et fièvres.
Infantilité ! Sentimentalité de femme !
Mais le sang et la chair à jamais séparés
Hurlent en moi amertume et peine.
Amertume et peine — que sont ces regards du cœur ?
Les décrets du Ciel n’apportent que désespoir.
Inutile donc de courir les rangs immortels.
Maître Sung nous a fait rêver trop longtemps.
Changements et malheurs sont sur nous.
Qui pourrait bien vivre au-delà de cent ans ?
Nous sommes séparés — ce sera pour toujours.
Mais j’attends encore tes mains dans les miennes.
Prince, prends soin de ton corps digne.
Et puissions-nous, ensemble,
Connaître les jours aux cheveux blancs.
Je retourne mes larmes et retrouve ma route.
Mon pinceau scelle mes voeux de vie belle.
Au revoir désormais.

(Zao Zhi)

(192-232)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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La confiance (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



La confiance est la matière première de celui qui regarde :
c’est en elle que grandit la lumière.

La confiance est la capacité enfantine
d’aller vers ce que l’on ne connaît pas
comme si on le reconnaissait.

« Tu viens d’apparaître devant moi
et je sais qu’aucun mal ne peut me venir de toi puisque je t’aime,
et c’est comme si je t’aimais depuis toujours. »

La confiance est cette racine minuscule
par laquelle le vivant entre en résonance avec toute la vie
— avec les autres hommes, les autres femmes,
comme avec l’air qui baigne la terre
ou le silence qui creuse un ciel.

Sans confiance, plus de lien et plus de jour.
Sans elle, rien.

(Christian Bobin)

 

 

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Boubat (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Boubat ne « prend » pas ses photographies, il les reçoit.
Il les accueille.

Quant à connaître précisément ce qui est ainsi accueilli,
c’est impossible.

Le savoir que nous avons d’une chose enferme cette chose sur nous-mêmes.
Dans l’accueil, c’est le mouvement inverse :

nous sommes ouverts à l’autre et,
pour tout dire, nous sommes un peu perdus.

Boubat ne connaît pas tout ce qu’il voit,
pas plus que je ne comprends tout ce que j’écris.

Le meilleur de nous arrive toujours à notre insu.

(Christian Bobin)

 Illustration: Edouard Boubat

 

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