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Paysage Suburbain (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2020




    
Paysage Suburbain

Les feuillages murmurent au vent de doux secrets et le chat fronce les sourcils devant l’injustice ambiante.
Entre ton visage et le mien il y a la nudité des sentiments et le fin réseau des regards entremêlés.
Depuis que tu es au centre de mon univers, je ne connais plus ni le froid du manque ni la brûlure du désespoir.
L’arbre en forme de flamme danse dans la tiédeur de l’automne, et renverse les pétales du soleil sur la terre mauve.

(Marie-Anne Bruch)

 

Recueil: Revue Cabaret, numéro 31
Traduction:
Editions: Alain Crozier

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Que je sois l’inconscience des fleurs (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Que je sois l’inconscience des fleurs

Que je sois toujours comme cet arbre.
Certains jours il revient sur la vitre
ébloui de sa propre blancheur.
Il ne la connaît pas. Il l’accueille
mais il l’oublie. Que chaque heure soit
cette même blancheur, cet oubli.
Le vide d’un accord immobile
qui n’attend rien que sa propre attente.
Que je sois l’inconscience des fleurs.

(Jacques Ancet)


Illustration

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La pie (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



 

La pie

Elle ne sait pas, la pie,
en quelle année elle vit,
sous quelle république ou royauté,
elle ne sait pas, la pie de mon jardin,
que la mer existe pas très loin
même si sa présence invisible l’inquiète
comme le ciel dans ma fenêtre.

Elle ne connaît, la pie,
que le jour et la nuit,
le vent, les nuages,
la niche du chien,
le chêne et le hêtre du creux du chemin,
le chapeau renversé de son nid.

Elle ne sait pas
quelles monnaies ont cours,
comment on achète, comment on vote,
à quoi sert une borne.
La pie n’a nulle envie
de devenir un homme.
Et moi je prie
pour que le soleil et la pluie
me transforment en pie.

(Gérard Le Gouic)

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PYRRHA (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



John William Waterhouse81_o [800x600]

PYRRHA

Non loin du cours d’eau vive échappé des forêts,
Quel beau jeune homme, ceint de molles bandelettes,
Pyrrha, te tient pressée au fond de l’antre frais,
Sur la rose et les violettes ?

Ah ! ton coeur est semblable aux flots sitôt troublés ;
Et ce crédule enfant enlacé de tes chaînes
Vous connaîtra bientôt, serments vite envolés,
Dieux trahis et larmes prochaines!

(Leconte de Lisle)

Illustration: John William Waterhouse

 

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L’AMOUR (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Marc Chagall
    
L’AMOUR

Autrefois
j’écoutais le bruit de ma voix
Les volets clos espionnaient la maison
Une mouche se débattait dans les rideaux
Le soleil rampait sur le sol
j’étais loin de moi

maintenant
j’ai regardé la vie de ton côté
et j’ai tout détruit pour t’aimer
je t’aime
j’aime pour la première fois
je t’aime

ta jupe te serre la taille, abat-jour d’une lampe
les passants
veulent savoir qui tu es

qui es-tu ?

ivre de danse tu lançais tes bras aussi haut que tes
jambes
poisson de feu

silencieuse
tes yeux se ferment doucement sur les objets
avant de leur donner un nom

mon corps est l’asile du tien
il s’élève inconnu jusqu’à toi

mais tu es aussi grande que mon amour
et ton sourire se déchire au niveau de mes lèvres

je te connais
pour t’avoir rêvée mille fois
sous les feuilles de la forêt
dans ce monde
où l’air et l’eau ne pèsent pas

je t’aime
parce que tu as eu vingt ans à minuit dans mes bras.

(Jean Breton)

 

Recueil: L’amour et l’amitié en poésie
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Souvent l’amour est hors la loi (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



    

Souvent l’amour est hors la loi
il se moque des normes des règlements.

Je connais près de chez moi
quelques exemples éclatants.

Julien
est amoureux de son voisin
Damien

Lucie dit
qu’Émilie
est son mari
la femme du boulanger
a pour amant un jardinier

et la mamie
d’Élodie
a un petit ami
d’à peine vingt-six ans et demi.

Les gens alors sont médisants
ils papotent commentent condamnent absolument.

Laissez-les parler ne les écoutez pas
la loi le règlement c’est « aimez »
tout simplement.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Je connais le voyage amer (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Illustration: Marc Chagall
    
Je connais le voyage amer – ce voile
déchiré par la tourmente
ce palmier
aux branches cassées
qui meurent inclinées sur leur tronc.

Je connais la maison – le feu de ses ravissements
la chaleur de ses recoins.

Quel sens aurait une demeure
qui ignorerait les départs ?

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Avenir (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020




Avenir

Sautons un millier d’années…
Les hommes ont évolué
Et ne sont plus que pensée.

Ils n’ont plus ni mains, ni pieds,
Ils se sont tant développés…
Et ils ont même un cœur d’acier !

Pour conjuguer le verbe  » aimer  »
Doivent s’en référer
Aux rapports ultra secrets
D’un monde dépassé.
Pour respirer, n’ont plus de nez,
D’ailleurs à quoi bon respirer,
Puisqu’ils ne sont plus que pensée… ?
Ils ne connaissent plus la beauté
Car elle est surannée !
Non, ils ne sont plus que pensée…
Les fleurs, les odeurs,
Le bonheur, le malheur,
Ne savent plus ce que c’est…
Même mourir, c’est terminé !
– Insensé ! –

A vivre sont condamnés,
Dans ce monde d’acier
Sans beauté…

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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Ce n’est qu’aimer, et que connaître, qui compte (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2019



    

Ce n’est qu’aimer, et que connaître,
qui compte, non d’avoir aimé,
ni d’avoir connu. C’est angoisse
que vivre d’un amour
révolu. L’âme ne grandit plus.

***

Solo l’amare, solo il conoscere
conta, non l’axer amato,
non l’axer conosciuto. Dà angoscia
il vivere di un consumato
amore. L’anima non cresce.

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Poésies 1953-1964
Traduction: José Guidi
Editions: Gallimard

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POÈME À PROPOS DE POÈMES (Izi Harik)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019



    

POÈME À PROPOS DE POÈMES

Pourquoi diable ai-je appris à chanter des poèmes :
Ne me suffit donc point l’inquiétude du vent?
Ô toi, ma tête, toi qui es si lasse et inquiète,
Viens, je vais te bercer comme on berce un enfant.

Il ne connaissait rien des poèmes, ton père,
Il épelait difficilement l’A.B.C.
Et tu aurais été cordonnier ordinaire
Et simple comme lui, le corps sain et musclé.

Lorsque s’étoufferait le ciel dans ses couleur
Seul le vent bercerait ton âne sur la sente,
Et comme lui tu chanterais à ton labeur
Ne sachant même pas toi-même que tu chantes.

La fatigue serait dans ton corps plus légère
Et tout serait léger dans ta tête à jamais.
Pourquoi as-tu appris à chanter des poèmes
Ô toi ma tête, toi mon enfant inquiet ?

(Izi Harik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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