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Posts Tagged ‘conquérant’

3 e retouche au bonheur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
3 e retouche au bonheur

la table est mise
on l’attend
le fauconnier du zéphyr et des bises

sa chaise reste vide

le conquérant

(Daniel Boulanger)

 

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Incapable de nostalgie (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Incapable de nostalgie
J’envie le calme des vieillards
La petite mort dans leurs regards,
Leur air en deçà de la vie.

Incapable de m’imposer
J’envie la soif des conquérants
La simplicité des enfants,
La façon qu’ils ont de pleurer.

Mon corps tendu jusqu’au délire
Attend comme un embrasement
Un devenir, un claquement ;
La nuit je m’exerce à mourir.

(Michel Houellebecq)

découvert ici chez laboucheaoreilles

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La mer luit au soleil comme un disque d’argent (Jean Blume)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



La mer luit au soleil comme un disque d’argent
Et de la voir ainsi calme, splendide et nue,
Je sens renaître en moi l’âme des conquérants,
Les destins qu’en mon coeur j’ai tués lentement,
Et les désirs qu’éveille une femme étendue.

(Jean Blume)

Illustration: Albert Bierstadt

 

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Le portrait du Conquérant (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



 

Le portrait du Conquérant

Sur le dôme de Sainte-Sophie un nuage blanc,
Je regarde, il a filé. Mon chapelet couleur miel,
Jours d’ambre, les feuilles sont tombées, et l’espoir,
La pluie d’automne noeud à noeud sur la vitre descend.

À moi furent les caftans qui flottaient, à moi
L’encolure des chevaux, il n’en reste que du vent !
J’ai touché de la main les pierres des remparts,
À moi était Istanbul, les bastions pareils à moi.

Dans des plats d’or j’ai pris mes repas, j’ai bu l’eau
Dans des coupes d’or, j’ai franchi le Danube fougueux,
Moi, Sultan Mehmet, Avnî, grand par mes aigrettes.

Dans un portrait je suis un nain, ce n’est pas moi,
Mon turban, ma pelisse froide, ma rose sans parfum,
Je cherche, je me cherche par terre, follement.

(Oktay Rifat)

 

 

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Les conquérants (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2015


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Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré;

Ou penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles.

(José-Maria de Heredia)

 

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PARTIR ! (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2015




PARTIR !

Oh ! la joie
De vivre, d’être fort, d’être jeune et d’avoir
L’inapaisé désir de toute humaine proie !

Oh ! la joie
De tout aimer, de tout vouloir et de savoir
Que l’on va mordre à tous les fruits qui sont sur terre
Et saisir d’une main avide et volontaire
Tout ce qui fait le clair trésor du jour qui fuit :
La fragile beauté des fleurs, la fugitive
Caresse tour à tour du bon soleil qui luit
Et de l’ombre qui rêve, entre ses rais captive,
L’ivresse de courir, de bondir, de lutter,
De courber un cheval, de larguer une voile,
De se lancer sur une route, la fierté
De chevaucher un peu de métal et de toile
Dans la nue, et enfin la triple royauté
De l’amour, de l’étreinte et de la volupté !

Oh ! la joie
De regarder la vie avec des yeux d’amant
Qui sait devoir trouver la lumineuse voie
Du bonheur !

Oh ! la joie, oh ! l’émerveillement
D’être ainsi jeune, fort, absolu, téméraire
Et de penser qu’on va, demain, courir la terre,
Qu’on va partir ! Partir ! Ô destin sans pareil
Qui doit nous rapprocher chaque jour du soleil !
Destin qui fut celui de Jason et d’Hercule,
Celui d’Ulysse et de Moïse et de César,
Celui des conquérants qui domptent le hasard
Et des chercheurs par qui l’ignorance recule !

Partir ! Sublime sort des Colomb, des Gama
Et de tous ceux qu’un rêve auguste consuma :
Croisés qui s’en allaient soumettre l’infidèle,
Soldats qui traversaient les mers pour apporter
L’aide de leur jeunesse aux jeunes libertés,
Prêtres, porteurs de dieux, poètes, faiseurs d’ailes…

(Pascal Bonetti)

Illustration: Vladimir Kush

 

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D’un fruit qu’on laisse pourrir à terre, il peut encore sortir un nouvel arbre (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2015



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D’un fruit qu’on laisse pourrir à terre,
il peut encore sortir un nouvel arbre.
De cet arbre, des fruits nouveaux par centaines.

Mais si le poème est un fruit,
le poète n’est pas un arbre.

Il vous demande de prendre ses paroles
et de les manger sur-le-champ.
Car il ne peut, à lui tout seul, produire son fruit.

Il faut être deux pour faire un poème.
Celui qui parle est le père,
celui qui écoute est la mère,
le poème est leur enfant.

Le poème qui n’est pas écouté
est une semence perdue.
Ou encore : celui qui parle est la mère,
le poème est l’oeuf
et celui qui écoute est fécondateur de l’oeuf.

Le poème qui n’est pas écouté devient un oeuf pourri.

C’est à cela que songeait, dans sa prison,
un poète condamné à mort.
C’était dans un petit pays qui venait d’être envahi par les armées d’un conquérant.
On avait arrêté le poète
parce que, dans une chanson qu’il chantait sur les routes,
il avait comparé la tristesse qui rongeait jusqu’à l’os la chair de son corps
aux fumées meurtrières qui avaient brûlé jusqu’au roc la terre de son village.

(René Daumal)

texte ici: http://wikilivres.ca/wiki/Les_Derni%C3%A8res_Paroles_du_po%C3%A8te

 

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