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Poésie

Posts Tagged ‘conscience’

Ils volent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Ils volent, ils sont encore en route,
Les mots de délivrance et d’amour,
En moi déjà monte l’angoisse, avant le chant.
Plus froides que glace, mes lèvres.

Bientôt, contre la vitre où les frêles bouleaux
Se pressent en un bruissement sec,
Des roses tresseront leur couronne écarlate
Et s’élèveront, invisibles, des voix.

Puis la lumière, généreuse à outrance,
Comme un brûlant vin rouge…
Et déjà dans ce vent odorant, surchauffé,
Ma conscience prend feu.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Placez un mannequin (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Placez un mannequin devant un miroir
et vous aurez l’idée de la conscience,
son regret, qui brillera dans ses yeux.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Nul amant (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



 

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Nul amant n’est de mon Amant l’égal
Et dans mon coeur il n’est place que pour Lui

Mon Amoureux se dérobe à ma vue, se cache
Mais au profond de ma conscience Il surgit !

(Râbi’a)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Aujourd’hui (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



 

Aujourd’hui, je suis parvenu, d’un coup,
à une sensation absurde et juste :
j’ai pris conscience, en un éclair,
que je n’étais personne.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 

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Quand vient l’aurore (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



L’air frémit; l’onde est plus sonore;
Toute âme entrouvre son secret;
L’univers croit, quand vient l’aurore,
Que sa conscience apparaît.

(Victor Hugo)

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L’Irrémédiable (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017


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Une Idée, une Forme, un Être
Parti de l’azur et tombé
Dans un Styx bourbeux et plombé
Où nul œil du Ciel ne pénètre;

Un Ange, imprudent voyageur
Qu’a tenté l’amour du difforme,
Au fond d’un cauchemar énorme
Se débattant comme un nageur,

Et luttant, angoisses funèbres!
Contre un gigantesque remous
Qui va chantant comme les fous
Et pirouettant dans les ténèbres;

Un malheureux ensorcelé
Dans ses tâtonnements futiles,
Pour fuir d’un lieu plein de reptiles,
Cherchant la lumière et la clé;

Un damné descendant sans lampe,
Au bord d’un gouffre dont l’odeur
Trahit l’humide profondeur,
D’éternels escaliers sans rampe,

Où veillent des monstres visqueux
Dont les larges yeux de phosphore
Font une nuit plus noire encore
Et ne rendent visibles qu’eux;

Un navire pris dans le pôle,
Comme en un piège de cristal,
Cherchant par quel détroit fatal
Il est tombé dans cette geôle;

– Emblèmes nets, tableau parfait
D’une fortune irrémédiable,
Qui donne à penser que le Diable
Fait toujours bien tout ce qu’il fait!

Tête-à-tête sombre et limpide
Qu’un cœur devenu son miroir!
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques,
– La conscience dans le Mal!

(Baudelaire)

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Quelle chose étonnante que la lecture (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Quelle chose étonnante que la lecture
qui abolit le temps, transvase l’espace vertigineux
sans pour cela suspendre le souffle,
ni ravir la vie au lecteur!

On est emporté sur un tapis volant.
Le bonnet enchanté de Fortunatus vous coiffe la tête.
On se croit invisible, absent,
bien qu’étant partout présent, même là, fébrile,
ce livre à la main, que l’on dévore, que l’on mange des yeux,
comme dans une opération de magie blanche,
pour se nourrir l’esprit.

Et la lecture est en effet une opération magique de la conscience
qui révèle une des facultés les plus méconnues de l’homme
et qui lui confère un grand pouvoir:
la faculté de la bilocation et le pouvoir de s’isoler,
de s’abstraire, de sortir de sa propre vie sans perdre contact avec la vie,
bref, de communier avec tout, même quand on ne croit plus à rien.

(Blaise Cendrars)

 

 

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Te voilà verbe (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Te voilà verbe

Te voilà verbe en face de mon être
un poème en face de moi
Par une projection par delà moi
de mon arrière-conscience
Un fils tel qu’on ne l’avait pas attendu
Être méconnaissable, frère ennemi.
Et voilà le poème encore vide qui m’encercle
Dans l’avidité d’une terrible exigence de vie,
M’encercle d’une mortelle tentacule,
Chaque mot une bouche suçante, une ventouse
qui s’applique à moi
Pour se gonfler de mon sang

Je nourrirai de moelle ces balancements.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: André Nadal

 

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Notre seul point fixe (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



Notre seul point fixe
invariant dans l’univers :
Le Témoin en nous.

Anonyme. Autotranscendant.

A un autre niveau que celui de l’horizon
de nos sens.

Métaphoriquement cardiaque,
mais insituable et pourtant
silencieusement perceptible.

Le seul point d’appui de la conscience de soi
est au centre d’elle-même :
là où elle est infiniment soi.

*

Seule porte ouverte pour sortir de soi :
le silence.

Seule porte ouverte pour sortir de la littérature :
la transpoésie.

Sortir de la poésie, certes, mais sortir dedans.

De qui le silence est-il le maître à vivre
plutôt qu’à penser?

S’il est orienté vers le dieu caché
du silence,
le vol du phénix est toujours infaillible.

(Michel Camus)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Léda dans son premier sommeil (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



Je dormais couchée sur le ventre
J’avais conscience de mon ventre

Le ciel pesant coulait en moi
Par mille graines de blé vif

Par mille oiseaux exténués
Et qui se cachent pour mourir.

Le bruit l’odeur le feu venait fermer leurs ailes
Dans ma gorge écrasée dans le puits de mes mains

Le feu le froid l’azur rassemblaient mes épaules
La verdure tremblait dans mon sang prisonnier

J’étouffais de soleil j’étais noyée d’air pur
L’abus du coeur et de la chair m’anéantit.

Bientôt je limitai le ciel je me fermai
Profonde je souffris de la boue et des pierres

Tout encombrée de mes racines infinies
Je retrouvai le dur labeur de mon passé

Ma cécité mon ignorance de l’espace
L’inavouable progrès des murs multipliés.

Mes beaux yeux séparés du monde
Où sont les morts suis-je vivante

Je voudrais répéter le monde
Et non plus être ombre d’une ombre

Mes beaux yeux rendez-moi visible
Je ne veux pas finir en moi.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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