Arbrealettres

Poésie

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L’héritage est sur notre visage (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



l’héritage est sur notre visage ô presque rien
un soupir un sourire une sorte de neige

une inclination pour la horde
le consentement la ressemblance une fourrure
étouffée derrière le front les yeux les lèvres

la douceur de la souffrance rend supportable
l’incertain crédible la pensée de vivre

nous attendons l’incident la fin du jour

cette attente nous dépouille et nous guide
elle est le givre intact le partage

la surface de nos convulsions le lapsus
qui nous regarde et ne s’achève

cette pupille de la nuit qu’aucun voyageur
ne traverse

elle est le vocabulaire de la brèche
le verbe en soi pour amener hors du temps

l’intensité des réponses

(Dominique Sampiero)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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MON FEU (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2015



MON FEU

Ne me demandez pas les flammes les plus hautes.
Le feu que j’ai choisi demeurera caché.

Ne me demandez pas les tumultes, les sautes,
Du vent tourbillonnant au-dessus du bûcher.
Le feu que j’ai choisi s’enclôt dans une braise.
Il gîte au ras du sol, y scelle son baiser.
Il ignore les jeux crépitants des fournaises.
Vous ne le verrez pas de loin quand vous passez.
Il faut vous approcher de sa lumière sourde
Et doucement penché connaître son odeur
De forêt calcinée où les lierres s’accoudent.
Mon feu gémit sans fin d’un étrange bonheur.
Passez. Ne cherchez pas quelle est sa nourriture.
Il vit d’ombre, d’un cri, d’un long consentement.
Chaque nuit vient rôder à l’entour de ses flancs.
Et le ciel attentif souffle sur sa brûlure.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

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Avec la baguette des mots (Nicolas Dieterlé)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2015



 

Avec la baguette des mots je tiens le monde à distance afin de l’aimer mieux

Les mots sont l’affleurement sur le papier,
hors du silence de la page blanche, d’une eau qui me baigne de toutes parts
et que je ne perçois pas directement.
Les mots me la rendent visible, mais avec quelle déperdition !

Il faut que je vise moins le succès, la puissance,
et de plus en plus le consentement et l’accord.
Les arbres me l’apprendront.
L’amour aussi.
L’espace entre les collines.
La minuscule proue sculptée d’un bourgeon

(Nicolas Dieterlé)

Illustration: ArbreaPhotos

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