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Poésie

Posts Tagged ‘consentir’

De la lumière à la lumière (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


La-Magie-de-la-Lumiere

Que ma parole pèse sur la nuit qui passe
Et que s’ouvre toujours la porte par laquelle
Tu es entrée dans ce poème
Porte de ton sourire et porte de ton corps

Par toi je vais de la lumière à la lumière
De la chaleur à la chaleur
C’est par toi que je parle et tu restes au centre
De tout comme un soleil consentant au bonheur

(Paul Eluard)

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J’ai sur ma table un bouquet de pervenches (Bertrand Degott)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



 

J’ai sur ma table un bouquet de pervenches
qui commence à pâlir … on en trouvait
à profusion dans la forêt dimanche
(parfois c’est comme si rien n’entravait

le cœur, on entretient l’oubli … n’empêche
que tout s’impose avec le temps, le mur
enfin s’effondre, la fleur se dessèche
et l’amour se pourrit comme un fruit mûr)

je te confie ce bouquet de langage
emporte-le sur les chemins où tu
situes la crête et qu’afin de partage
il y résonne autant que je l’ai tu

la pâleur j’y consens, que soit diaphane
ce qui doit l’être et que le reste fane.

(Bertrand Degott)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Josephine Wall

 

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Printemps (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017




    
Printemps

De lointaines tiédeurs, errantes mains, caressent,
Moiteur de peau sortant des troncs velus que pressent
Le lierre et les lichens. La volupté confond

Les bras humains avec la courbure assouplie
Des bouleaux étirant leur geste qui supplie;
Et mon désir comprend, frémit et leur répond.

C’est l’amour qui m’enlace et c’est lui qui m’enfièvre
A travers le vent chaud dont m’étouffe la lèvre;
Je lui ouvre ma chair qui veut et qui consent.

La force que j’adore, en la brise aromale
Flotte indiciblement; la sève triomphale
Dans un suprême élan vient se mêler au sang.

Unité de la vie: Elle est moi, je suis elle;
Je coule éperdument en sa mer qui ruisselle,
Atome extasié, sans pensée et qui jouit

De n’être plus disjoint du pollen des narcisses,
Ni du cri des oiseaux, ni des sourdes délices
Où ce qui doit durer s’aime et s’épanouit.

(Marie Dauguet)

 

 

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Je ne sais (Gabriel-Joseph Guilleragues)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017




    
Je ne sais, ni ce que je suis,
ni ce que je fais, ni ce que je désire:

je suis déchirée par mille mouvements contraires:
Peut-on s’imaginer un état si déplorable?

Je vous aime éperdument,
et je vous ménage assez pour n’oser, peut-être,
souhaiter que vous soyez agité des mêmes transports

[…]

Adieu, je voudrais bien ne vous avoir jamais vu.
Ah! je sens vivement la fausseté de ce sentiment,
et je connais dans le moment que je vous écris,
que j’aime bien mieux être malheureuse en vous aimant
que de ne vous avoir jamais vu ;

je consens donc sans murmure à ma mauvaise destinée,
puisque vous n’avez pas voulu la rendre meilleure.
Adieu, promettez-moi de me regretter tendrement,
si je meurs de douleur

[…]

cependant je vous remercie dans le fond de mon coeur
du désespoir que vous me causez,
et je déteste la tranquillité, où j’ai vécu,
avant que je vous connusse.

(Gabriel-Joseph Guilleragues)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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J’AI MOISSONNE TOUT L’OR … (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




J’AI MOISSONNE TOUT L’OR …

J’ai moissonné tout l’or du Printemps et je viens,
N’en ayant dans les mains point d’autre, vers ton âme ;
Je ne suis qu’un poète et tu n’es qu’une femme ;
J’ouvre les mains ; cet or, vois-tu, c’est tout mon bien…

Mais si je te le donne, il ne me reste rien ;
Tu m’as pris ces genêts en flammes et la flamme
De mon amour, je suis dénué…je réclame
Ton sourire et ton coeur battant auprès du mien.

Tu consens ; – j’ai posé mes lèvres sur tes lèvres ;
Comme le mois de Mai tes lèvres sont en fièvre ;
Tes yeux comme un profond azur sont palpitants ;

Tes cheveux sentent bon comme un buisson de roses ;
Ah ! te donner ces fleurs fut une absurde chose !…
N’ai-je pas apporté le Printemps au Printemps ?…

(Emile Ripert)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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La Princesse Lointaine (Jaufré Rudel)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
La Princesse Lointaine

Quand le ruisseau de la fontaine
S’éclaircit et la marjolaine
Au joyeux soleil du printemps
Et que du rossignol le chant
S’élève et module et s’affine
Sur les branches de l’aubépine,
Il faut que j’entonne le mien.

Amour de la terre lointaine
Pour vous tout mon corps est dolent,
Car ne fut plus gente chrétienne.
Heureux pour qui elle est parlant

De désir mon cœur est tiré
Vers cette dame qu’entre tous j’aime.
Pour elle ai toujours soupiré,
Mais ne veux pas que l’on me plaigne,
car de la douleur naît la joie.

Lorsque les jours sont longs en mai,
Le doux chant des oiseaux me plaît
Et quand peu à peu il s’éteint
D’un amour lointain me souvient.
Je marche alors tête baissée
Et non plus que saison glacée
Me plaît le chant d’oiseau
ou le gazouillis du ruisseau.
Je le tiendrai pour vrai Seigneur
Par qui verrai l’amour lointain,
Mais malgré l’espoir de tel heur
J’ai mal, car il est trop lointain.

Ah ! que ne suis-je pèlerin
Là-bas pour porter le bourdon
Et recevoir le meilleur don
D’être contemplé par ses yeux.
Jamais d’amour ne jouirai
Sinon de cet amour lointain,

Car femme ne connais meilleure
Ni plus gracieuse en cette heure
De nulle part, ni près ni loin.
Pour elle et pour lui rendre soin
Je consens à être captif
Là-bas au pays sarrasin.

Il dit vrai celui qui m’appelle
Le désireux d’amour lointain,
Car nulle autre joie ne révèle
que jouir de l’amour lointain,
Mes tous mes vœux sont inutiles
Et je me suis voué à ce sort
D’aimer toujours sans être aimé.

(Jaufré Rudel)

 

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Longtemps je t’ai cherchée (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017




    
Longtemps je t’ai cherchée, ô Réalité insaisissable!
Mon coeur est plein de la brûlure de l’attente.

Une musique très douce vibre dans les profondeurs du silence
Mais mieux vaudrait que je me perde dans l’extase de la musique.

Mes mains se sont jointes pour la prière
Mais je n’ai pas trouvé l’apaisement;
Une voix douloureuse en moi criait :
« A quoi sert la prière à l’amant de la vie? »

Le papillon grisé par sa danse folle
Dit à la chandelle ardente :
Le secret de la vie n’est ni dans ta flamme
dans le sacrifice que je consens à l’amour »

Ne crains pas de te meurtrir le cceur
cette urne fragile et combien vulnérable
Plus sera brisé par l’âpreté de la lutte
Plus il sera précieux et cher au créateur.

Crois et en vivant le Mystère deviendra lumineux
Que ton être se consume dans l’immense clarté!

(Mohammad Iqbal)

 

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Infiniment proche (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
infiniment proche
parce qu’au bord de tout
infiniment loin
parce qu’au bord de rien

pour ne plus consentir
au blanc des jours

on règle ses sens
une dernière fois
pour un instant sans mensonge

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Il rend grâce au soleil (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: Olga Guyot
    
Il rend grâce au soleil de cet automne
Qui cire les feuilles

Il les voit maintenant
Sans pitié
Sans colère
Sans amertume
Consentir aux agaceries de la saison
Qui brise leur pétiole
Et laisser place
Au flamboiement des fruits

Tant il est vrai que sont passées
Et leur verte jeunesse
Et les razzias de la lumière

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Ensuite (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
ensuite il faudra
tourner les yeux
dégager le visage
consentir à être
sans amour et
sans mort

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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