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Poésie

Posts Tagged ‘consolation’

Rien n’est saisissable du jour ni de la nuit (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



Illustration
    
rien n’est saisissable du jour ni de la nuit
et les mots mêmes
on ne les habite que par défaut
comme la lumière ses lampes
comme le baiser la bouche

sois douce avec l’invisible
dans ma main posée sur ta main
il n’y a pas de consolation
mais une patience
qui nous tient prêts
au bord du gouffre et de la joie

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Lettre à la femme aimée au sujet de la mort Fresque peinte sur un mur obscur
Traduction:
Editions: Cheyne

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Connaissance (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Pour le coeur froide consolation :
Je lis les livres, j’acquiesce,
Plotin et la descente de l’âme,
Iamblique et les Mystères,
Les sages, Indiens, Allemands et Grecs :
Connaissance, froid miroir où les formes passent
Qui semblent seulement se mouvoir et parler.

***

Cold comfort for the heart:
I read the books, I acquiesce,
Plotinus on the soul’s descent,
Iamblichus on the Mysteries,
The Indian, German, and the Greek:
Knowledge a cold mirror where forms pass
That only seem to move and speak.

(Kathleen Raine)

Illustration: Rembrandt

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LA LETTRE BRÛLÉE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
LA LETTRE BRÛLÉE

Adieu, lettre d’amour, adieu! Elle l’ordonne…
Mais combien j’ai tardé, que ma main fut rétive
à sacrifier au feu la trace de mes joies !…
Puisque l’heure a sonné : brûle, lettre amoureuse,
je suis prêt et mon coeur ne veut plus rien entendre.
Tes feuilles sont touchées par la flamme vorace…
Un moment ! Un éclair ! Elles flambent… Légère
une fumée s’enroule, emportant mes prières.
Maintenant s’évanouit l’empreinte du cachet
et la cire en fondant grésille. Ô Providence !
C’en est fait. Les feuillets noircis se crispent,
sur l’impalpable cendre encore transparaissent
les lignes tant aimées. J’ai le coeur lourd. Ô cendre,
humble consolation pour mon destin en deuil,
demeure à tout jamais sur mon coeur affligé.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

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Solitude fermée (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
solitude fermée et heureuse
promesses tout à coup accomplies
comme des cloches dans une aurore glacée

derrière les formes sans consolation
le jour s’ouvre comme un chant de douleur
un hurlement magique formulant dans le vent

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Aujourd’hui en vain (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Aujourd’hui en vain tu chercheras
consolation à ta douleur.
Les fées ont emporté
le fin de tes rêves.
La fontaine est muette,
et le jardin flétri.
Il ne reste aujourd’hui
que larmes pour pleurer.
Il ne faut pas pleurer, silence!

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Consolation (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



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Consolation

Viennent les heures,
Là de vieilles blessures,
Depuis longtemps oubliées,
Menacent de déchirure.

Viennent les jours,
Là aucun risque
De la vie, des souffrances
Ne peut se décider.

Les heures s’enfuient,
Les jours passent,
Il en reste un fruit :
L’existence seule.

***

Trost

Es kommen die Stunden,
Da alte Wunden,
Die ingst vergessen,
Drohn zu zerfressen.

Es kommen die Tage,
Da keine Waage
Des Lebens, der Leiden
Sich kann entscheiden.

Die Stunden verrinnen,
Die Tage vergehen.
Es bleibt ein Gewinnen:
Das bloße Bestehen.

(Hannah Arendt)

 

 

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N’importe quoi (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



N’importe quoi
sur ce qui est dit d’encouragements
de migrations, de départs à demi prononcés
Quelqu’un prend le temps d’hésiter
d’accueillir un silence
le temps : de tout prendre
La terre : d’être un lieu-dit
Une consolation pour quelques jours de plus.

(Georges Drano)

 

 

 

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PÉRILLEUSE PROMENADE (Motoo Andô)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



feuille qui vole

 

 

PÉRILLEUSE PROMENADE
MUZUKASHII SANPO

Se rappeler une feuille
Poursuivre une feuille
Ensuite plus au fond
Pénétrer vers la voix enfermée en larmes
Tordre le gouvernail
Glisser sur la pente
Imitant les arbres qui grandissent avec ruse et raison
Aspirer à une variante plus complexe
Quand on empile des cartes qu’elles s’écroulent alors
Traverser la rivière cette rivière
Qui a l’air de n’avoir ni commencement ni fin
Sans avoir encore oublié les glaces flottantes d’il y a dix ans
Jusqu’à ce qu’elles fondent
Les réchauffer de la paume en sentir l’odeur
Captivé par l’oreille des jeunes filles
Disséminer du sable
Que des oiseaux s’en viennent pour le saisir les attendre
Attendre un témoignage
Ne pouvant admettre une misérable consolation
Verser de l’herbe verser de la voix
Ensuite encore une fois
Sans même relever la tête après avoir traversé la rivière s’en retourner

(Motoo Andô)

Illustration

 

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Arraché à ce qu’il avait compris (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
arraché
à ce qu’il avait compris
ce qui le nourrissait
lui traçait son chemin
il s’est avancé
dans l’indéchiffrable

jamais ne lui vint
la consolation de savoir
qu’en glissant chaque jour
plus bas
il s’était élevé

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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L’appel de la musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



    

L’appel de la musique assouplit quelque chose d’essentiel dans l’homme
sans raisons ni arguments.

Ce lien doit être en relation avec les rythmes épars dans l’univers.
Il n’y a pas de poésie sans musique,
mais l’essentiel, en elle, c’est la musique intérieure,
bien que demeure aussi une certaine musique extérieure.

Il s’agit d’une espèce de musique du sens,
en intime symbiose avec la musicalité propre des mots.
Comme dans toute musique, le silence habite ses interstices.
Ainsi que la transcendance et la consolation?

Il est difficile de concevoir un homme, et moins encore un poète
qui n’aime pas la musique à l’intérieur et à l’extérieur du poème.

Le souci de l’être, qui est l’essence de la poésie, sait que l’être est musique.
Et devine même qu’il existe une musique du vide et du non-être.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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