Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘consolé’

Grand temple invisible (Georges Bernanos)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



Mais j’imagine le silence de certaines âmes comme d’immenses lieux d’asile.
Les pauvres pécheurs, à bout de forces, y entrent à tâtons,
s’y endorment, et repartent consolés
sans garder aucun souvenir du grand temple invisible
où ils ont déposé un moment leur fardeau.

(Georges Bernanos)

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ÉLÉGIE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2016



ÉLÉGIE

Peut-être un jour sa voix tendre et voilée
M’appellera sous de jeunes cyprès ;
Cachée alors au fond de la vallée,
Plus heureuse que lui, j’entendrai ses regrets.

Lentement, des coteaux je le verrai descendre ;
Quand il croira ses pas et ses vœux superflus,
Il pleurera ! ses pleurs rafraîchiront ma cendre ;
Enchaînée à ses pieds, je ne le fuirai plus.

Je ne le fuirai plus ! je l’entendrai ; mon âme,
Brûlante autour de lui, voudra sécher ses pleurs ;
Et ce timide accent, qui trahissait ma flamme,
Il le reconnaîtra dans le doux bruit des fleurs.

Oh ! qu’il trouve un rosier mourant et solitaire !
Qu’il y cherche mon souffle et l’attire en son sein !
Qu’il dise : « C’est pour moi qu’il a quitté la terre ;
Ses parfums sont à moi, ce n’est plus un larcin. »

Qu’il dise : « Un jour à peine il a bordé la rive ;
Son vert tendre égayait le limpide miroir ;
Et ses feuilles déjà, dans l’onde fugitive,
Tombent. Faible rosier, tu n’as pas vu le soir ! »

Alors, peut-être, alors l’hirondelle endormie,
À la voix d’un amant qui pleure son amie,
S’échappera du sein des parfums précieux,
Emportant sa prière et ses larmes aux cieux.

Alors, rêvant aux biens que ce monde nous donne,
Il laissera tomber sur le froid monument
Les rameaux affligés dont la gloire environne
Son front triste et charmant.

Alors je resterai seule, mais consolée,
Les vents respecteront l’empreinte de ses pas.
Déjà je voudrais être au fond de la vallée ;
Déjà je l’attendrais… Dieu ! s’il n’y venait pas !

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

 

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Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2015




Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

(Gérard de Nerval)

 

 

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