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La nuit aux senteurs d’animal aux aguets (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2019



Illustration: Henri Rousseau
    
La nuit aux senteurs d’animal aux aguets
– tantôt proie tantôt chasseresse –
la nuit subtilise nos corps
pour mieux illuminer nos rêves.

La nuit au front de taureau,
aux mille banderilles scintillantes,
déploie sa cape aveugle devant nos yeux
pour mieux y planter la dague
des sommeils sans retours.

Dans mon rêve,
à la fois rêveuse et rêvée,
contenu et contenant,
je me transporte toute entière
dans un paysage sans ombre ni soleil.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Les Cahiers du Sens
Traduction:
Editions: Le Nouvel Athanor

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Vacuité de l’abstrait (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter -   (27)

 

Vacuité de l’abstrait
qui désintègre la forme
intellect agent secret
garde le reflet symbole
Elle était de la Balance,
moi je coulais au Verseau,
à chacun sa résonance
dans le contenu d’un mot.
Ne videz pas la parole,
tout est plein qui nous console,
mes chants seront de forêt,
d’anémones dans le vent
de mer et de parapets :
la forêt sera le chant.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

 

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Le contenant dans le contenu (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2019



Illustration   
    
Le contenant dans le contenu

Son coeur
est une cage
dans un lion

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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Son léger de l’eau (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2018



Son léger de l’eau tombant dans un bassin plaintif, vert du gazon régulier…
vous êtes en ce moment l’univers entier pour moi,
car vous êtes le contenu plein et entier de ma sensation consciente.

(Fernando Pessoa)

 

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CONTRETEMPS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
CONTRETEMPS

Pureté aimée, dont les yeux jamais
ne parvinrent à jouir. Pureté absurde!

Je sais qu’un jour tu bougeais dans la chair.
alors que j’en étais encore à filer mon embryon de vie.

Pureté en jupe neutre de collège
et lait azur dans le blé tendre

d’une après-midi pluvieuse, lorsque l’âme
a battu son poignard en retraite,

lorsqu’en je ne sais quelle éprouvette
sans contenu s’est figée une pierre insolente:

lorsqu’il se trouve des gens pour être satisfaits; lorsque des
paupières aveugles
pleurent, sur des bordages purpurins.

Ô, pureté qui ne me laissas
pas même un message, en délaissant la triste boue

ni une miette de ta voix ; ni mémo le plus petit nerf
de ton héroïque banquet d’artifices.

Eloignez-vous de moi, bonnes méchancetés,
bouches douces et piquantes.

Je l’en souviens en vous voyant, ô femmes!
Car, si très peu naissent dans l’éternelle
après-midi de la vie, beaucoup en meurent!

***

DESHORA

Pureza amada, que mis ojos nunca
llegaron a gozar. Pureza absurda!

Yo sé que estabas en la carne un día,
cuando yo hilaba aùn mi embrión de vida.

Pureza en falda neutra de colegio;
y leche azul dentro del trigo tierno

a la tarde de lluvia, cuando el alma
ha roto su puñal en retirada,

cuando ha cuajado en no sé qué probeta
sin contenido una insolente piedra.

Cuando hay gente contenta; y cuando lloran
pàrpados ciegos en purpùreas bordas.

Oh, pureza que nunca ni un recado
me dejaste, al partir del triste barro

ni una migaja de tu voz; ni un nervio
de tu convite heroico de luceros.

Alejàos de mi, buenas maldades,
dulces bocas picantes…

Yo la recuerdo al veros oh, mujeres!
Pues de la vida en la perenne tarde,
nació muy poco pero mucho muere!

(César Vallejo)

 

 

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La branche de cerisier (Fujiwara no Hirotsugu)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



 

[Poème qu’il envoya à une femme avec une branche de cerisier]

Dans chaque branche
De ces fleurs
Des centaines de mots
Sont cachés.
Ne les traitez pas insouciamment !

[Réponse de la femme]

Dans chaque branche
De ces fleurs
Des centaines de mots
Ne sauraient être contenus
N’ont-elles pas été brisées ?

(Fujiwara no Hirotsugu)

Illustration

 

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Oh, le plaisir de ta venue (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018




Oh, le plaisir de ta venue,
Oh, l’impatience retenue,
Contenue, continue,
De ton baiser chagrin.
Oh, ta gorge d’espoir bombée
Ta présence du ciel tombée,
Dérobée, absorbée
Par mes voeux souverains.

Perce-neige des matinées
Dans la neige des destinées,
Fleur aimée, condamnée
Aux sources de mes mains.
Oh, battement des nuits prochaines
Fantôme-roi de mes domaines,
Oh, ma reine en neuvaine
Je suis ton pèlerin.

(Louise de Vilmorin)

 

 

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Le désordre inexprimé où tout ceci est contenu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



A l’est
la tour de la cloche

elle tinte à ma droite le matin

à l’ouest
la tour du tambour

elle résonne à ma droite le soir

je monte les marches du nord
vers l’harmonie
et redescends vers les douceurs
du sud

avant que ne retombe
le désordre inexprimé
où tout ceci est contenu

(Werner Lambersy)

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (XVI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



 Illustration
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (XVI)

Il me faut aller vite dans tous les sens
parce que partout autour de moi
des femmes qui vont mourir se donnent
à des hommes dont la mort est pour demain.

Je dépense sans compter l’or de l’amour,
je goûte à ton corps comme à un verre
dont je n’ai pas le temps d’achever le contenu
parce que j’ai la main de la mort sur la gorge.

Il importe peu que je dise mon nom
à celles que je rencontre sur la route :
ma mort n’aura pour témoin que le visage
dont j’aurai vécu de tout mon regard.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je me tais, j’attends, je déchiffre (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Je me tais, j’attends, je déchiffre.
Les choses peut-être s’améliorent.
Elles sont si solides les choses!
Mais je ne suis pas les choses et me révolte.
J’ai des mots en moi cherchant une issue,
qui sont rauques et durs,
irrités, énergiques,
contenus depuis si longtemps,
à en avoir perdu le sens, à ne vouloir qu’exploser.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Katerina Belkina

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