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Poésie

Posts Tagged ‘contour’

Chaque épreuve nous féconde (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    

Chaque épreuve
Nous féconde
Chaque épure
Nous délie

Chaque contour
Nous invite
Aux dérives du sens
Chaque esquisse
Nous dévoile
L’opulence de ses jeux

Chaque tracé
Nous amorce
Chaque empreinte
Nous relie

Chaque état
Nous expose
Aux percées de l’image
Aux écarts du poème
Aux souffles de la vie

(Andrée Chedid)

 

Recueil: États de l’image, du souffle et des mots
Editions: Flammarion

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Frissons (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Frissons

Pleurez avec mon coeur
Pleurez avec mon coeur, orchestre fantastique;
Que mon rêve évoqua,
Pâles harmonicas
Et clavecins voilés, orgues aux cris mystiques;

Pleurez avec mon coeur tristement éperdu;
Cortèges des voix grises,
Roseaux que le vent brise,
Voix en deuil des baisers à tout jamais perdus;
Pleurez avec mon coeur tristement éperdu.

O pleurez dans le soir, douloureuse musique,
Vous, lyre que fêla
Le temps, violons las,
Et tympanons fanés, et harpes squelettiques;
O pleurez dans le soir, douloureuse musique.

Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.
– O quel orchestre las
Gémit sous les lilas
Où parmi les parfums sanglotent des colombes; –
Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.

Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour
Qui suintez de la terre
Molle des cimetières,
Voix d’ombre et voix de cendre aux imprécis contours;
Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour.

(Marie Dauguet)

 

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VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE » (Jean d’Herbenoire)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Jean-Marc Nattier

    

VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE »

Ah! madame la marquise,
Ma mignonne pompadour,
Ayez donc plus de franchise !

Lorsque ma main s’éternise
A chiffonner votre atour…
… Ah ! madame la marquise !

Votre sagesse s’épuise
A prétexter un détour…
Ayez donc plus de franchise !

Lorsqu’un « rien » vous scandalise
Et qu’un masculin contour…
— Ah! madame la marquise!

Allez donc vile à l’église,
Mais ne tournez pas autour :
Ayez donc plus de franchise!

Votre teint devient cerise
Dès que votre troubadour…
Ah! madame la marquise!

Implore une… mignardise
On prononce un calembour…
Ayez donc plus de franchise !

Au diable votre chemise!
C’est tout nu, qu’on fait l’amour :
Ah! madame la marquise,
Ayez donc plus de franchise !

(Jean d’Herbenoire)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Je sais un nid charmant et tendre (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Alberto Vargas  
    
Je sais un nid charmant et tendre
Où niche l’oiseau bleu du cœur,
L’oiseau dont nul ne peut entendre
Sans tressaillir, l’accent vainqueur ;

Nid plein de grâces sans pareilles,
Qui, sous un rayon de gaieté,
Scintillent comme des abeilles
Dans l’or des aurores d’été.

Formé de fleurs fraîches écloses,
Œuvre admirable de l’amour,
Des perles, des feuilles de rosés,
Dessinent son riant contour.

Écrin délicieux que dore
La jeunesse en traits éclatants ;
D’où s’échappe, ailée et sonore,
La vive chanson du printemps ;

D’où sort une divine haleine,
Comme d’un calice vermeil
Qui livre aux souffles de la plaine
Son sein tout baigné de soleil.

Nid séducteur où rit l’ivresse,
Cachant ses secrètes ardeurs,
Comme une coupe enchanteresse
Dont les bords sont voilés de fleurs.

Plus mignon qu’un nid d’oiseau-mouche,
Plus frais qu’un cœur de rose-thé, —
Ce nid ravissant…, c’est ta bouche,
Doux paradis de volupté,

Où les désirs, ramiers fidèles,
Volent toujours inapaisés,
Et vont provoquer à coups d’ailes
L’essaim palpitant des baisers !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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LE SEIN (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



    

LE SEIN

Justine reçoit son ami
Dans un cabinet solitaire.
Sans doute il sera téméraire?
Oui ; mais seulement à demi :
On jouit alors qu’on diffère.

Il voit, il compte mille appas,
Et Justine était sans alarmes ;
Son ignorance ne sait pas
A quoi serviront tant de charmes.

Il soupire et lui tend les bras :
Elle y vole avec confiance ;
Simple encore et sans prévoyance,
Elle est aussi sans embarras.

Modérant l’ardeur qui le presse,
Valsin dévoile avec lenteur
Un sein dont l’aimable jeunesse
Venait d’achever la rondeur ;

Sur des lis il y voit la rose ;
Il en suit le léger contour ;
Sa bouche avide s’y repose ;
Il réchauffe de son amour ;

Et tout à coup sa main folâtre
Enveloppe un globe charmant
Dont jamais les yeux d’un amant
N’avaient même entrevu l’albâtre.

C’est ainsi qu’à la volupté
Valsin préparait la beauté
Qui par lui se laissait conduire :

Il savait prendre un long détour.
Heureux qui s’instruit en amour
Et plus heureux qui peut instruire

(Evariste Parny)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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N’importe (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017




    
N’importe.
En plein trottoir une tache de peinture orange
s’étale
large.

Son île
aux contours souples sur la neige
promène de brûlants rivages

certains passants ne la voient pas

d’autres
émerveillés
font halte. Ils rêvent
à une terre ensoleillée, à l’amour

adressent un sourire
à leurs voisins étonnés

s’en vont avec un continent de joie dans le coeur.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Sur cet arbre est un oiseau (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration
    
Sur cet arbre est un oiseau;
il danse dans la joie de la vie.

Nul ne sait où il est.
Et qui peut dire quel est le refrain de sa chanson ?
Où l’ombre la plus épaisse tombe des branches, c’est là qu’il a son nid.
Il y vient au soir et s’en vole au matin; je ne le comprends pas.
Nul ne peut me dire quel est cet oiseau qui chante en mon âme.
Ses plumes ne sont ni colorées ni incolores.

— Il n’a ni forme ni contour.
Il se tient dans l’ombre de l’amour.
Il dort au sein de l’Inaccessible, de l’Infini et de l’Éternel
et nul ne sait quand il s’envole et nul ne sait quand il revient.

Kabîr dit : « Ô frère Saint ! profond est ce mystère.
Laisse les sages chercher où habite cet oiseau. »

(Kabîr)

 

 

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Fractal (Esther Jansma)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



   Illustration
    
Fractal

En toutes ses parties, une rose est
rose, en chacune de ses feuilles elle est complète

de même que le contour de ce continent
est toujours égal dans le moindre millimètre à la côte

et la plus petite écharpe de brume
au nuage qui remplit le plus le ciel, de

même une rose dans le plus petit
contour de chacun de ses pétales

et de l’espace saturé de molécules olfactives
entre eux: cette rose

sans le savoir.

(Esther Jansma)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Daniel Cunin
Editions: Le Temps des Cerises

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Quel est ton secret (Eve Saint-Prix)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



 

Quel est ton secret

Dis, quel est ton secret, belle âme, dis-moi tout
Ouvre-toi à mon coeur, écris le moi partout
Sur ma peau, sur mon âme, au fond de mes prunelles
Dis-moi donc les raisons de ton âme éternelle

Raconte-moi les pleurs, les rires, les tourments
Ce tu aimais faire quand tu étais enfant
Dis-moi donc de ta vie les ressorts compliqués
Et tous les errements où tu t’es impliqué

Je veux qu’en moi ta vie s’inscrive, qu’elle dessine
Les chemins d’un destin et d’une âme divine
Dont je chéris déjà les merveilleux contours

J’avoue, tu me ravis, j’aime cette étincelle
Que je vois tant briller au fond de ta prunelle
De ton âme adorée je voudrais faire le tour

(Eve Saint-Prix)

 

 

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SONNET GREC (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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SONNET GREC

C’était un grand sculpteur que le Grec Praxitèle.
La légende pourtant nous raconte qu’un jour
Voulant faire une coupe et ne rien mettre autour,
Il ne vit point de forme assez pure pour elle.

Mais le soir, fatigué de son travail rebelle,
Comme il baisait un sein façonné par l’amour,
Tout à coup il trouva. Ce bouton ! ce contour!
Et la coupe naquit sur ce parfait modèle.

La femme, dont la gorge avait un tel dessin
Qu’on moula l’idéal aux rondeurs de son sein,
Cette déesse en chair, comment se nommait-elle?

Nul ne le sait. Mais grâce au sculpteur, à l’amant,
La coupe a survécu dans sa forme immortelle,
Et sa beauté demeure impérissablement.

(Jean Richepin)

 

 

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