Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘contracter’

La Douleur (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



La Douleur – dilate le Temps –
Des Âges s’enroulent
Dans la Sphère minuscule
D’un simple Cerveau –

La Douleur contracte – le Temps –
L’Explosion l’emplit
Des gammes d’Éternités
Sont comme anéanties –

***

Pain – expands the Time –
Ages coil within
The minute Circumference
Of a single Brain –

Pain contracts – the Time –
Occupied with Shot
Gammuts of Eternities
Are as they were not –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Les muscles (Fabienne Courtade)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018



Illustration: Gunther von Hagens
    
les muscles

contractent aussi
une part de soi

Ou de qui ?
perdu

(Fabienne Courtade)

 

Recueil: Le même geste
Traduction:
Editions: Flammarion

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A la recherche du temps perdu (Craig Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2016



Je retourne donc vers une langue morte :
ineo, je pénètre, j’entre, je commence.

Doleo, je souffre, j’ai de la peine.
et tout le monde croit que je suis brave.

Ignis, ignis, masculin, feu :
au crématorium de Saint-Pancrasse, je fixe du regard.

étourdi par la caféine,
le cercueil de chêne clair,

me demandant ce que je ressens, où j’en suis.
Vulnus, vulneris, neutre, une blessure.

Je regarde disparaître le cercueil
au son d’un enregistrement de Mozart, son vernis

va bientôt former des cloques
et éclater en forme de boa

de feu qui crépite dans toute sa longueur,
juste au moment où on arrive au Dies Irae.

Les muscles se contractent à cause des flammes.
Les muscles se contractent dans les flammes.

Je tombe dans le sentimentalisme
puis je reviens à moi.

Iter, itineris, neutre, un voyage.
Sans fin. Là où le chemin est vide.

Sine suivi de l’ablatif, sans.
J’ai les mots dans la bouche.

mais je ne peux m’enseigner
la simple, la dure leçon de la peine.

Si terrible à apprendre. Trop difficile
pour apprendre les mots par cœur.

Je ne peux accepter ta mort.
Tu es encore ici, dans ma tête :

Agaçante, irritable, dure à apaiser,
non résolue, peu aimable, aimée.

Cette bulle au coin de ta bouche
Qui semble signifier tellement pourtant.

(Craig Raine)

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