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Poésie

Posts Tagged ‘contre-jour’

Mots en foule phrases en miettes (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



 

Illustration: Margaret Durow
    
mots en foule phrases en miettes venant traduire. quelle
langue ? demandant la lumière. échouant. contre-jour d’une
mort apparente. mots-interrupteurs

.

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: Salerni
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Une parmi les brunes (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018




    
Une parmi les brunes.
Chanson dis-moi son nom.
La malicieuse à contretemps se
Déshabille à contre-jour.

Son corps tout au bord du
Silence paraît d’or.
Est fou qui ne le veut.

Né de l’image rieuse
D’un coup le piège se referme.
Oiseau mon coeur c’en est fait.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et s’il ne fallait plus rien dire (Mathieu Brosseau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
Et s’il ne fallait plus rien dire que les signes sans trace
Seuls les signes dissimulent
Eux seuls percent la vie d’une seconde vie

Seuls les signes forcent l’existence
Il n’y a pas d’art, seule vanité
Les moustaches du rat le disent
Contre la paroi, bien avant, seul,

Mer, le mouvement est en contre-jour,
Seul, la perle me figure, poussée contre,
L’effort dit bien qu’il ne faut plus rien dire que l’étreinte
L’effort dit bien qu’il n’y a plus de lieu sous la paroi
Et je vois l’absence à reculons.

[…]

Et s’il ne fallait plus dire
Que les signes du silence

[…]

Et s’il fallait dire l’absence
Quels seraient les signes du silence ?

(Mathieu Brosseau)

 

Recueil: L’espèce
Traduction:
Editions: Mots Tessons

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Retouche au contre-jour (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Retouche au contre-jour

un fiacre dépose le soleil
au pied de la mer immobile
des gants de fine peau jouent les oiseaux
sous des arbres à moustache de chat

un rire vide le fond du ciel
il reste une marque de lèvres

l’âme se rappelle sa naissance difficile
la césarienne du premier chagrin

(Daniel Boulanger)

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Retouche à l’abandon (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017




    
retouche à l’abandon

reptile du silence dans les sables

un homme à contre-jour
garde le mausolée du ciel
son ombre est en couleur

le figuier mort dans l’étendue
est le reflet de sa prière

(Daniel Boulanger)

 

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PINS A CONTRE-JOUR (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



 

PINS A CONTRE-JOUR

Dans la lumière leur feuillage est comme l’eau
Des îles d’eau claire
Sur le noir de l’épinette ombrée à contre-jour

Ils ruissellent
Chaque aigrette et la touffe
Une île d’eau claire au bout de chaque branche

Chaque aiguille un reflet un fil d’eau vive
Chaque aigrette ruisselle comme une petite source qui bouillonne

Et s’écoule
On ne sait où.

Et quel pays nous allons voir
Quel long pays, pays d’ennui.

Ah ! d’être assez fourbu le soir
Pour revenir sans plus rien voir

Et de mourir pendant la nuit
Mort de moi, mort de notre ennui.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

 

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Le corps d’Eurydice (3/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



Elle a relevé un instant les yeux, entrouvert
Ses lèvres comme pour dire quelque chose, tout haut.
Elle s’est appuyée sur son coude, la main
Qui écrivait, maintenant soutient la tête. Elle
Se sent déchirée par la joie et par la peur,
Et le désir, et l’agonie du désir. Encore obscure,
Pourtant dévorée par des flammes qui n’éclairent pas.
Les mots, consumés, resplendissent, redeviennent
Des lèvres brûlantes, ou les marques sur la peau
D’une bouche avide. Elle rêve en finir
Avec ce brasier d’images, en finir avec les jours
Noirs, la mise en page du noir. Finir en beauté
Dit-elle, l’éclat de ce geste, seul resterait:

« Regarde-moi encore, sous ton regard je vacille,
Sous ton souffle je danse. Et j’étais
Ce bois mort, cette bûche lourde,
Inerte et froide. Regarde-moi comme une émotion
Concrète, du bois pour la lumière. L’amour. »

Elle dit aussi qu’elle est venue de là,
De l’emplacement de la mort qui est en nous.
Qu’elle est entrée sans faire de bruit
Dans le corps amoureux de la parole, – que
Morte, elle est entrée dans cette vie des images
Plus belle que l’existence chatoyante
Du soleil au milieu des feuillages de juin,
Et désirable comme l’eau où plongent
Les reflets des branches fleuries,
Plus sombre que le milieu de la mer,
Et plus émouvante aussi que le mot Jardin,
Que le mot Pluie, et le mot Souvenir:

« A l’amant qui m’a regardée dans le contre-jour
De la porte, adossé aux couleurs nombreuses,
Comme à la force de son désir, je n’aurais donc confié
Ni mon corps ni ma danse, le nom propre
De l’amour, seulement. La poésie? »

Répondant à l’appel, venant à pas furtifs
Vers lui, l’amant à la lyre. Ecoutant déjà
Par la porte entrouverte le bruissement des fontaines,
Et jouissant par avance de la fraîcheur
Des linges parmi les ombres bariolées
Et les parfums de la terrasse, – ce n’était pas
Pour un acte d’amour, pour la folle idée d’une étreinte
Quelle allait ainsi, sans crainte, vers son désir.
Elle le savait bien: l’acte projeté
C’était son propre meurtre. Elle allait entrer
Avec l’amant dans ce mausolée d’ailes
Et de fleurs envolées. Cruellement il allait
La distraire de sa chair, de sa vie,
Du destin qu’elle portait en elle:

« Telle fut notre façon de nous regarder,
De nous parler, de nous toucher.
Faites-moi l’amour, nous deux nous
Joignant dans l’adultère mort, et demeure
L’enfer vide, après moi. »

(Claude Adelen)

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Un poème naît des pressions de la lumière et de l’ombre (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



Un poème naît des pressions de la lumière
et de l’ombre pour devenir un espace que l’on traverse :
en même temps une mouvance et un lieu.
Les mots sont les meubles de cette chambre invisible,
on les place devant le feu ou près d’une fenêtre à contre-jour.

Pour habiter il faut sentir les distances
et regarder dans les miroirs où le dehors est aussi dedans.

Le travail se fait entre le noir d’une écoute et la clarté d’un appel
dans la nécessité absolue d’approcher les réponses qui révèlent les questions.
Quand le poème est fermé et ouvert, quelque chose respire.

(Heather Dohollau)

 

 

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Je voudrais te connaître jusqu’à l’enfance (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



Edvard Munch23

Je voudrais te connaître jusqu’à l’enfance
Comme en remontant un fleuve tranquille
Jusqu’au village ancien mûri au creux de l’eau
Tailladé de contre-jour
Par delà l’arche blanche et le gué à fleur de glace
— Remontée jusqu’à l’hiver
Et la chambre à l’odeur de bois qui rit toute seule
Parmi les jouets d’autrefois gauches ensommeillés
Devant l’armoire entr’ouverte la glace ironique et vide
Le rire au goût de robe
Et l’avalanche dans la grange au fil du foin
Je descends le fleuve qui monte
Je le descends vers sa naissance dans ses plis miroitants et lourds
Au long des méandres pesants portant un poids profond et cher
Tu seras là
Femme prise à la source

(Jean-Pierre Faye)

Illustration: Edvard Munch

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