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Posts Tagged ‘convaincre’

LA BOUCHE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

LA BOUCHE

Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris
C’est la chanson d’un avril endormi
Qui surprenait ta tête entrebâillée
Quand la neige des fleurs te remontait aux tempes
Comme un vol d’oiseaux fous dans l’azur du dimanche

C’est le chant d’un enfant que tu n’as pas connu
Ses mains avides ses pieds nus
Son mystère aux lèvres d’abeilles
Et ce grand rire clair qui lui mangeait les lèvres
Quand le soir rougeoyait aux vitres de la classe
Comme un poing renversé dans le sang des charrues

Sur les bancs de l’école avais-tu d’autres yeux
Pour menacer la vie aux griffes roses
Pour épier la fumée des images
Les beaux cahiers tachés du sang des livres
Et le monde à l’envers dans cette voix du maître
Qui faisait à ton coeur d’invisibles promesses

Avais-tu d’autres yeux pour convaincre ton rêve
Pour épouser les mots déconcertés
Au milieu des clameurs qui te brûlaient la tête
Quand tu ne savais plus ce que parler veut dire
A force d’oublier ta manière de vivre
Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris…

(Luc Decaunes)

Illustration: Robert Doisneau

 

 

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DE LA FEMME AU CIEL (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Oleg Korolev  sun_s_10 [1280x768]

DE LA FEMME AU CIEL

L’âme a des étapes profondes.
On se laisse d’abord charmer,
Puis convaincre. Ce sont deux mondes.
Comprendre est au-delà d’aimer.

Aimer, comprendre : c’est le faîte.
Le Coeur, cet oiseau du vallon,
Sur le premier degré s’arrête ;
L’Esprit vole à l’autre échelon.

A l’amant succède l’archange ;
Le baiser, puis le firmament ;
Le point d’obscurité se change
En un point de rayonnement.

Mets de l’amour sur cette terre
Dans les vains brins d’herbe flottants.
Cette herbe devient, ô mystère !
Le nid sombre au fond du printemps.

Ajoute, en écartant son voile,
De la lumière au nid béni.
Et le nid deviendra l’étoile
Dans la forêt de l’infini.

(Victor Hugo)

Illustration: Oleg Korolev

 

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Ton regard (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



Ton regard
Dont le monde a besoin pour
Savoir sa beauté
L’instant avide
Dont le néant se servira pour
Me convaincre

Qu’il laissera un peu de place
À ce qui est plutôt qu’a
Ce qui ne pourrait pas sans toi

(Werner Lambersy)

Illustration: Muro

 

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Inoubliable (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



Illustration: Torii Kiyonaga 
    
Inoubliable,
Conviens-en et goûte au moins
À ce souvenir !
Je renonce à te convaincre
Du violet, fleur d’automne !

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Des champignons au pied de l’arbre (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




    
Des champignons au pied de l’arbre

L’oeuvre des fées
pour nous convaincre.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CHOSES (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



CHOSES

Il y a pour m’étonner et me convaincre cette lampe sûre
de sa clarté double, ce buste de penseur aux tempes
irritées de signes, ce miroir qui n’épuise pas sa multiple aventure.

Irradiation des choses !

L’envers et l’endroit se trahissent en croisant leurs feux :
ce verre d’eau me parle avec les mots de la source,
cette main nervurée m’explique le marbre.

… Puis il y a ce couteau planté dans l’écorce de la nuit.

(Jules Tordjman)

Illustration: Ben Madeska

 

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Quand nous nous allongeons côte à côte (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
quand
nous nous allongeons côte à côte
mes petits seins se pavanent en deux charmantes tours aiguës et
je pousse chaudement la tendresse de mon ventre contre toi

tes bras sont
jeunes;
tes bras me convaincront,dans un complet silence disant
sur mon corps
leurs derniers mots sveltes.

ne ris pas de mes cuisses.

il y a entre mes grandes jambes une ville craquante.
quand tu me touches
c’est le printemps dans la ville;les rues se tortillent joliment,
c’est pour toi;ne les effraie pas,
toutes les maisons se serrent terriblement
quand tu arrives:
elles sont contentes
quand tu remplis d’enfants les rues de ma ville.

***

as
we lie side by side
my little breasts become two sharp delightful strutting towers and
i shove hotly the lovingness of my belly against you

your arms are
young;
your arms will convince me,in the complete silence speaking
upon my body
their ultimate slender language.

do not laugh at my thighs.

there is between my big legs a crisp city.
when you touch me
it is Spring in the city;the streets beautifully writhe,
it is for you;do not frighten them,
all the houses terribly tighten
upon your coming:
and they are glad
as you fill the streets of my city with children.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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AMOUR ET SOLITUDE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
AMOUR ET SOLITUDE

Je hais le bruit même de l’homme tracassier
Qui persiste à me faire tout le mal possible
Je voudrais être un prisonnier libre du monde
Sans autre compagnie que celle de mon ombre
Pour voir paraître seul les étoiles filantes
Ces mondes qui se ruent sans cesse au Jugement
Oh menez-moi vers l’ombre la plus solitaire
Au plus rare séjour que jamais fit la paix
Où pousse la renoncule si belle à voir
Verte quand elle est close et qui s’ouvre dans l’or
Adieu la poésie — mais que l’élan demeure
Qu’on m’enlève le monde entier — mais qu’on me laisse
La musique joyeuse d’une voix de femme
Qui convainque le coeur d’être heureux et content

***

LOVE AND SOLITUDE

I hate the very noise of troublous man
Who did and does me all the harm he can
Free from the world I would a prisoner be
And my own shadow all my company
And lonely see the shooting stars appear
Worlds rushing into judgment all the year
Oh lead me onward to the loneliest shade
The dearest place that quiet ever made
Where kingcups grow most beauteous to behold
And shut up green and open into gold
Farewell to poesy — and leave the will
Take all the world away — and leave me still
The mirth and music of a woman’s voice
That bids the heart be happy and rejoice

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Le harassement des causes (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



    

le harassement des causes provoque le dégoût,
donne au hasard jongleur sa chance de convaincre

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Traité du vertige
Traduction:
Editions: La Différence

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L’éphémère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2018



Laisse-moi me convaincre de l’éphémère
qui enchantait hier ses yeux.

(René Char)

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