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Poésie

Posts Tagged ‘converger’

Si nous ne devenons forêt en marche (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si nous ne devenons forêt en marche,
Soif Silencieuse de branches et d’arbres
Lancés vers la lumière,
Comment saurons-nous un jour, de toutes nos forces,
A quel point la grande vie converge,
Comment laisserons-nous le pauvre, l’étranger, nous ouvrir le chemin,
L’autre, le différent, revêtir pour nous ses habits de roi,
Comment reconnaîtrons-nous en eux le Passant infini,
Comment apprendrons-nous, à travers eux, l’ardente patience
Du fruit accompli ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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L’attente (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

L’attente

Avant que le timbre impatient ne sonne,
Qu’on n’ouvre la porte et que tu entres, oh !
Anxieusement attendue, l’univers
Doit avoir accompli une série
Infinie d’actes concrets. Nul ne peut
Évaluer ce vertige, le compte
De tout ce que multiplient les miroirs,
Des ombres qui s’étirent et qui reviennent,
De tous les pas qui divergent et convergent.
Le sable ne saurait les dénombrer.
(Dans ma poitrine, l’horloge de sang
Mesure le temps inquiétant de l’attente.)

Avant que tu n’arrives,
Un moine doit avoir rêvé d’une ancre,
Un tigre doit mourir à Sumatra,
Et neuf hommes mourir à Bornéo.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Ce point sur la carte (Charlotte Delbo)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Ce point sur la carte
Cette tache noire au centre de l’Europe
cette tache rouge
cette tache de feu cette tache de suie
cette tache de sang cette tache de cendres
pour des millions
un lieu sans nom.
De tous les pays d’Europe
de tous les points de l’horizon
les trains convergeaient
vers l’in-nommé
chargés de millions d’êtres
qui étaient versés là sans savoir où c’était
versés avec leur vie
avec leurs souvenirs
avec leurs petits maux
et leur grand étonnement
avec leur regard qui interrogeait
et qui n’y a vu que du feu,
qui ont brûlé là sans savoir où ils étaient.
Aujourd’hui on sait
Depuis quelques années ont sait
On sait que ce point sur la carte
c’est Auschwitz
On sait cela
Et pour le reste on croit savoir.

(Charlotte Delbo)

 

 

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Une dame (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
Une dame

Elle ouvre un tiroir : Il en sort
des souvenirs et des morts. Il en sort des soupirs
à peine exhumés, quelques regrets, et de forts éclairs
qui illuminent le ciel et ses pensées.

Chez les morts Il est des maisons encore en fondation,
des rêves qui font comme un nuage bleu dans le tiroir,
des sourires et des yeux bien en vie,
au point qu’elle se demande si son présent tout entier
ne converge pas vers cette image au parfum d’été,
où se conjugue au futur le passé.

Sans même qu’elle le sache, Il y a cette larme
qui coule sur sa joue un peu usée, qui creuse aussi
le sillon de ses divines rides et tombe sur son menton,
on pourrait croire, comme un baiser.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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PROMONTOIRE (Bochô Yamamura)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

David Brayne (19)

PROMONTOIRE
MISAKI

Promontoire qui étincelle
Promontoire, au pied convergent les bancs de poissons
Promontoire, la route touche à sa fin
Le ciel s’éclaire
Au promontoire lever un doigt

(Bochô Yamamura)

Illustration: David Brayne

 

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RONDE D’AVRIL (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



RONDE D’AVRIL

Les oiseaux et le clair soleil;
Les fleurs aux charrettes, en jonchées;
La feuille pointe au bourgeon vermeil;
Toutes les âmes endimanchées;
La brise souffle du vieux Corcyre
Et d’Amathonte en bruits de rames,
Et le monde est jeune encore à ravir
De chansons claires et de clairs rires
Et de blondes femmes:

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtez pas, Mesdames,
Ça fait souffrir…

Les roses, les joues; les rayons et les tresses;
Ta marotte, Amour, est un pavot qu’égraine
Aux champs de la joie tout geste d’ivresse:
Et c’est le sommeil et l’oubli que tu sèmes;
N’as-tu pas pour ta lèvre de chanson pire?
N’as-tu pas de meilleure chanson à nous dire,
Grave Amour, au futile épithalame?
Quel petit chant pour ta grande lyre,
Le vieil intermède et le pauvre drame!

Voici le marchand de plaisirs,
Mesdames!
N’en goûtes pas, Mesdames,
Ça fait dormir….

Il tournoie un air de danse aux feuillées,
Un bruit de baisers en des ritournelles;
L’Idée, recluse des longues veillées,
S’étire aux rayons qui convergent en elle;
Sous les charmes en hâte de reverdir,
L’Endormeuse de tous sourires
S’est assise aux carrefours des âmes;
Et l’Amour, devant elle, s’agenouille et se mire
En ses grands yeux fous où le désir est flamme!

Voici la marchande de plaisirs,
Mesdames!
Ah! goûtez-y, Mesdames,
Ça fait mourir…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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Ascèse des corps (Anne-Lise Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Ascèse des corps

À mots
ouverts

la peau
radieuse

dit merci de lui

*

Flamme dure
flamme

les souffles
convergent

Vitalité

exacte
inattendue

*

Puits d’étoupe de
sons étouffés

échine reptile
de feu dans

l’écart ou la suspension
devenir passage

(Anne-Lise Blanchard)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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Il y a trop de lumière sur notre lit (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Il y a trop de lumière sur notre lit
tu enfiles une robe de plume
et tes bas convergent vers ton rêve
je demande l’aumône
près du mur qui sourit
mon reflet sur les briques
se brise en silence
sous les draps
un arbre pousse
déguisé en musicien des rues
et en vendeur de glaces

(Luis Mizón)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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Moi — toi (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017




    
Moi — toi
flèches volant dans des directions opposées
et qui convergent vers le centre
cocréateurs avec l’univers

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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TA SEULE VIE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



 

Elihu Vedder  Memory

TA SEULE VIE

Un jour tu vins au monde…

Sais-tu par quel hasard quels assemblages
quelle alchimie quels détours
se risquait ta venue ?

Sais-tu quels croisements de siècles d’ancêtres
d’histoires de lieux
convergeaient vers ton être ?

Au coeur de quelles métamorphoses quelles lois
quelles transcriptions quelles esquives
se déchiffrait ton signe ?

Par quel absurde devenu possible
s’agença ton projet ?

Par quelles absences quelles confluences
cheminait l’option ?

Sais-tu par quelle fissure
quel voisinage quel rythme

par quel renfort de noces
de morts et d’autres vies
se délivrait ta vie ?

Venu de si loin de tellement loin, mon frère
maraudant dans les fourrés de l’espace
franchissant les soubresauts
traversant les pesanteurs
Voilà que tu survins !…

Voilà qu’on te livra ta seule vie, mon frère,
Et que tu l’immolas avant qu’elle ne prît fin !

(Andrée Chedid)

Illustration: Elihu Vedder

 

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