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Posts Tagged ‘conviction’

OBSCURCISSEMENT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Abanindranath Tagore   
    
OBSCURCISSEMENT

Une sombre appréhension servant de linceul
Enveloppe le monde,
En son centre demeure par-delà l’appréhension
Une ferme conviction.

Au milieu d’un orage de mots et la poussière de débats
L’ intelligence aveuglée tâtonne désespérément,
La conviction reste inébranlable, au fond,
Sans une ombre de peur.

Des centaines d’épreuves sur le chemin de la vie
Errent en un tourbillon,
Tandis qu’au centre règne la paix imperturbable
Sous l’ombre d’un arbre immortel.

Des flèches empoisonnées fusent sans relâche —
La censure, la perte, la mort et la séparation —
Éternelle, la Joie reste calme dans sa transe :
Elle ne connaît nulle destruction.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Poème avec cycliste (Franz Hodjak)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Poème avec cycliste

Le cycliste, ici
dans la forêt, n’est pas
ni. Il roule, toujours

plus vite, file à toute allure, dépasse
le vent, le commencement, son propre
arrêt cardiaque, la poste, la liberté, la

lumière. À la vitesse qu’il
vient d’atteindre, il
est à peine encore visible. Il incarne

notre conviction, qui
ne peut plus toujours
se permettre les deux : le poursuivi

et le poursuivant. Il est
aussi bien que. Nous sommes
fiers de lui. Nous parions

sur sa victoire.

***

Gedicht mit Radfahrer

Der Radfahrer, hier
im Wald, er ist weder
noch. Er radelt, immer

schneller, er rast davon, überholt
den Wind, den Anfang, den eignen
Herzinfarkt, die Post, die Freiheit, das

Licht. In der Geschwindigkeit, die
er inzwischen erreicht hat, ist
er kaum noch sichtbar. Er verkörpert

unsre Überzeugung, die sich
nicht mehr immer und ewig
beides leisten kann, Verfolgten

und Verfolger. Er ist
sowohl als auch. Wir sind
stolz auf ihn. Wir setzen

auf seinen Sieg.

(Franz Hodjak)

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Principe d’incertitude (Yves Simon)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




    
Principe d’incertitude,
théorie des catastrophes,
on croit le monde
en train de se faire
et on le voit se défaire,
renier des convictions
anciennes
et ancrées
dans la terre des pays.
On croit se reposer
sur un tapis de lois
de résolutions,
puis
des fractures
qui semblaient guéries
se réveillent.
Le tourment est sans fin,
l’inquiétude
renaît
à chaque matin.
Le monde
ne s’épuise pas
des querelles
ni des désirs.

(Yves Simon)

 

Recueil: Le souffle du monde
Traduction:
Editions: Grasset

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Y-a-t-il une voix pour répondre (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Karen Lamonte
    
Y-a-t-il une voix pour répondre à qui t’appelle,
un médecin pour qui se plaint de toi,
De toi, toujours proche quand tu n’es pas là,
présente lorsque tu t’en vas ?
Comment pourrait t’oublier un amant
dont son aimée est la parure ?
Tu es, à tout prendre, la brise
que l’on accueille de plein coeur.
Je sais, par cette conviction intime
sur quoi se fonde assurément la vérité,
Que la beauté tient son secret
de ce qui se cache aux plis d’une robe.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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LES FLEURS (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018



Illustration: Josephine Wall 
    
LES FLEURS

J’ai quinze ans, je me prends par la main.
Conviction d’être jeune avec les avantages d’être très caressant.

Je n’ai pas quinze ans.
Du temps passé, un incomparable silence est né.

Je rêve de ce beau, de ce joli monde de perles et d’herbes volées.
Je suis dans tous mes états.

Ne me prenez pas, laissez-moi.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poésies 1913-1926
Traduction:
Editions: Gallimard

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Malgré tout (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017



Illustration: Julia Perret
    
Malgré tout ce qui naît, tout ce qui vit, trépasse,
Le système solaire est-il reflet du ciel ?
Est-il un phénomène consubstantiel
De l’immense infini des temps et des espaces ?

D’un diable illuminé, d’un dieu à l’âme basse
Est-il le passe-temps bête, artificiel ?
D’un univers qui nos convictions dépasse
Le mouvement accessoire ou essentiel ?

Les pensées, les regards, les mots qui se traduisent,
Les indicibles riens que les mondes produisent
Meurent-ils sitôt nés ? Naissent-ils sitôt morts ?

Sombrent-ils au néant irrémissible ou trouvent
Ils, au-delà des effets que nos sens nous prouvent,
Une forme où la vie à jamais ne démord ?

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Le mystère d’être (Albert Strickler)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



Le mystère d’être

Je n’invente jamais rien
La vie est beaucoup trop riche
Pour qu’on lui ajoute quelque chose

Il suffit de croire au miracle
Et il s’impose
Dans la plénitude de son évidence

A elle seule cette conviction
Justifie la poésie
Le mystère d’être
Indissociable de la parole
Qui en témoigne

Raison de dire à qui veut bien le voir
Que cette nuit dans le jardin
Un renard s’est longuement recueilli
Devant les roses

Et qu’en s’en allant
L’auréole de la lune
N’en faisait plus qu’une
Avec la couronne d’épines
Sur sa tête

(Albert Strickler)

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Le Jour où je me suis aimée pour de vrai (Kim McMillen)(Alison McMillen)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016


Le Jour où je me suis aimée pour de vrai

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai compris qu’en toutes circonstances,

j’étais à la bonne place, au bon moment, et alors, j’ai pu me relaxer.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle…. Estime de Soi.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle,

n’étaient rien d’autre qu’un signal quand je vais contre mes convictions.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Authenticité.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai cessé de vouloir une vie différente.

Et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive, contribue à ma croissance personnelle.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Maturité.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai commencé à percevoir l’abus 

dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux,

sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment…..

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Respect.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire….

Personnes, situations, tout ce qui baissait mon niveau d’énergie.

Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle… Amour Propre.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai cessé d’avoir peur du temps libre, 

j’ai arrêté de faire de grands plans, et j’ai abandonné les méga projets du futur.

Aujourd’hui je fais ce qui est correct, ce que j’aime, quand ça me plaît et à mon rythme.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle…  Simplicité.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison,

et me suis rendu compte de toutes les fois ou je me suis trompée.

Aujourd’hui j’ai découvert… L’Humilité.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.

Aujourd’hui je vis au présent, là où toute la vie se passe.

Aujourd’hui je vis une seule journée à la fois.

Et ça s’appelle… Plénitude.

 

Le jour où je me suis aimée pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.

Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse.

Tout ceci est…   Savoir Vivre.

 

Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter….

Du chaos naissent les étoiles.

Aujourd’hui je sais que ça s’appelle…  La Vie

 

(Kim McMillen)(Alison McMillen)

Découvert ici: http://sylviesophrologie.com

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Je laisse à Heidegger sa honteuse conviction (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2016



Je laisse à Heidegger sa honteuse conviction
que l’homme est le gardien de l’être.

Comment peut-on une seconde considérer l’homme
comme référent quand on voit une mer agitée ?

(Pascal Quignard)

Illustration

 

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Naissance du ciel (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2015



Naissance du ciel

le coeur avale la nuit
comme une encre
de silence

il se nourrit du gouffre
pour se dépeupler de soi

c’est la brûlure
qui donne la couleur

inscrit
les corps
dans la lumière

pierre d’angle
dans un cercle de tourbe

pierre d’oubli
dans le cercle du vide

la vie touche
au plus juste

pour celui qui boit
la naissance du ciel

avec la seule conviction
de l’éclair

qui aimante le rappel
au point limite

chemin du visage
d’infini en infini

entre voie et vie
visage oublié sur la terre

sous l’emprise du si longtemps
visage troué

maison de vie
suaire du bout du monde

visage du fond du ciel

(Zéno Bianu)

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