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Poésie

Posts Tagged ‘convoité’

Le silence des forêts est fait de murmures (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018




    
— Le silence des forêts est fait de murmures
de plaintes, de sanglots de larmes et de cris
des femmes convoitées qui y trouvaient refuge,
des hommes pourchassés qui défendaient leurs terres,

Le silence des forêts est fait de messages
transmis aux nouveau-nés par les sages inspirés,
qui annonçaient la bienveillance des astres,
où les assauts de forces invisibles, hostiles,

Le silence des forêts est fait de paniques,
des multiples chants des oiseaux innombrables,
de l’envol des rapaces fondant sur leur proie,
du lent écoulement des pluies sur les fougères,

Le silence des forêts est fait de l’écho,
du frôlement des branches, des cris des rongeurs,
de la chute des bogues sur les feuilles mortes,
de la fuite des biches effrayées par le vent ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Intolérable jour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017



Illustration
    
Intolérable jour.
Changer le sang contre de l’eau.

Les moissons crient le long des routes
où la poussière taille ses aveuglants manteaux,
chair répandue,
pavots vifs des chars.

Le soleil envolé
tire l’eau de nos puits
et les ruisseaux se taisent sous les joncs fascinés.

Le désir est déjà dans la proie convoitée
que la sueur habille
souffle dans les coeurs noirs et le sang plus épais
son espoir d’étincelle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Promeneuse du rêve (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Promeneuse du rêve

Elle, dormeuse chaste en l’ombre qui s’incline
Promeneuse du rêve à demi convoité
Sur le treillis d’azur pâle des yeux lactés,
S’abandonne distraite à la candeur câline…

(Jean Tortel)

Illustration: Lempicka

 

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L’oiseau dont les ailes sont trouées (André Schmitz)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2016



L’oiseau dont les ailes sont trouées
ne parvient plus à voler.
Il nous faudrait l’aimer davantage
et aimer fendre le ventre du vent.

Pour ouvrir un passage à l’oiseau :
que celui-ci puisse rejoindre feuillages et nuages d’un au-delà
duquel saluer la ville convoitée
et s’y laisser tomber en cas de fatigue extrême.

(André Schmitz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Henri Matisse

 

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Que tu es belle maintenant que tu n’es plus (Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2016



Que tu es belle maintenant que tu n’es plus
La poussière de la mort t’a déshabillée même de l’âme
Que tu es convoitée depuis que nous avons disparu
Les ondes remplissent le cœur du désert
La plus pâle des femmes
Il fait beau sur les crêtes d’eau de cette terre
Du paysage mort de faim
Qui borde la ville d’hier les malentendus
Il fait beau sur les cirques verts inattendus
Transformés en églises
Il fait beau sur le plateau désastreux nu et retourné
Parce que tu es si morte

(Jean Jouve)

 

 

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L’amour dessine (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2016



L’amour dessine dans mes yeux le corps convoité
comme un lanceur de couteaux
tatouant sur le mur avec crainte et adresse
la nudité immobile de celle qu’il aime.

Ainsi, dans l’ombre, fragments de ceux que j’ai aimés,
lubriques visages adolescents,
parmi eux je suis un autre fantôme.

Parfois, dans la nuit,
ils m’ont dit que mon cœur n’existait pas.
mais j’écoute les chansons ambiguës
d’un pays dévasté par les pluies.

**

El amor dibuja en mis ojos el cuerpo anhelado
como un lanzador de cuchillos
tatuando en la pared con temor y destreza
la desnudez inmóvil de la que ama.

Así, en lo oscuro, fragmentos de los que amé,
lúbricos rostros adolescentes,
entre ellos soy otro fantasma.

A veces, en la noche,
me dijeron que mi corazón no existe.
pero escucho canciones ambiguas
de un país arrasado por las lluvias.

(Alejandra Pizarnik)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

 

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