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Poésie

Posts Tagged ‘convoitise’

Puisqu’à mon fauve amour (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Dena Cardwell
    
Puisqu’à mon fauve amour tu voulus te soumettre,
Il faudra désormais le nourrir comme un maître;
Et tu sais qu’il est plein d’appétits exigeants.
Un féroce mangeur ! Il n’est pas de ces gens
Qu’un morceau de pain sec rassasie et contente.
Ce qu’il demande, lui, c’est ta chair palpitante,
C’est ton corps tout entier, c’est ton être absolu;
Et tout le nécessaire et tout le superflu
Seront à peine assez pour notre convoitise.
Madame, il faut nourrir le feu, quand on l’attise.

(Jean Richepin)

 

 

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JE TUE LE TEMPS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




    
JE TUE LE TEMPS

Je tue le temps en taillant dans la houille.
Engorgé je me débarrasse ou j’essaie.

Je tue le temps au vin rouge, à la délicatesse,
à la franche gaieté, à la morale,
à l’excès de zèle, à qui perd gagne, à la boussole,
avec un miroir d’emprunt,
avec un regard farouche,
avec un sourire componctueux,
avec une envie de pleurer.

Je tue le temps à creuse rêverie,
avec un marteau-piqueur, avec un petit flageolet,
avec une superbe convoitise,
avec une raillerie épaisse,
en toute bonne foi, avec un mil en coin,
avec les discours habituels, avec des mots écrits,
avec du vent.
Je n’approche pas du recours imaginé.

Je tue le temps. Je taille en suffoquant, j’essaie.

Je tue le temps. Si un faucon au poing j’allais,
je saurais faire.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHEVAUX DE BOIS CHEVAUX DE MON ENFANCE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




    
CHEVAUX DE BOIS
CHEVAUX DE MON ENFANCE

Chevaux de bois, bêtes d’apocalypse,
Sommeils d’enfants, calèches de velours,
Tournez pour nous dans les fêtes foraines,
A mi-chemin de la terre et du ciel.

Pistons crevés, hurlantes limonaires,
Cacophonie haletante d’enfer,
Kiosque braillant de cris et de lumières
Combien plus beau que le chemin de fer !

Virez, chevaux couronnés de visages,
De convoitise et de rires envieux,
Ménagerie des illusions sans âge :
Coqs et cochons, girafes, éléphants.

Nous, pour vous voir, nous venions des villages
La tête rase et les yeux grands ouverts,
Chevaux tout droits cabrés dans la fanfare
Montant, baissant comme la houle en mer.

Coeurs fracassés sous la lune des filles,
Sous le tonnerre ambroisien des tambours.
Le soir venait, lent, chaussé d’espadrilles,
La nuit s’ouvrait sur les champs de velours.

(Maurice Fombeure)

 

 

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La tendresse (Jacques Salomé)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



 

La tendresse,
c’est l’amour exempt de toute convoitise,
de toute possession.

C’est faire le choix de l’autre
pour lui donner du bon.

(Jacques Salomé)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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La forêt blonde (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

La forêt blonde

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes herbes sont des cils trempés de larmes claires
Et mes liserons blancs s’ouvrent comme des paupières.
Voici les bourraches bleues dont les yeux doux fleurissent
Pareils à des étoiles, à des désirs, à des sourires,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes lierres sont les lourds cheveux et mes viournes
Contournent leurs ourlets, ainsi que des oreilles.
Ô muguets, blanches dents ! églantines, narines !
Ô gentianes roses, plus roses que les lèvres !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes saules ont le profil des tombantes épaules,
Mes trembles sont des bras tremblants de convoitise,
Mes digitales sont les doigts frêles, et les oves
Des ongles sont moins fins que la fleur de mes mauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes sveltes peupliers ont des tailles flexibles,
Mes hêtres blancs et durs sont de fermes poitrines
Et mes larges platanes courbent comme des ventres
L’orgueilleux bouclier de leurs écorces fauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Boutons rouges, boutons sanglants des pâquerettes,
Vous êtes les fleurons purs et vierges des mamelles.
Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !
Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes ormes ont la grâce des reins creux et des hanches,
Mes jeunes chênes, la forme et le charme des jambes,
Le pied nu de mes aunes se cambre dans les sources
Et j’ai des mousses blondes, des mystères, des ombres,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

(Remy de Gourmont)

 

 

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Visages de jeunes filles (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



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Visages de jeunes filles,
visage sans « je »,
visages sans capitaine.

Miroirs de la race,
visages encore inhabités
que la volonté n’a pas eu le temps de durcir
et de rendre forteresse.

Visages ouverts,
visages donnés,
mais où il n’y a personne à prendre.

Visages qui ne vous appartiennent pas.
Visages universels.

[…]

J’ai eu le vertige, j’ai le vertige.
Impossible de faire un geste de crainte de tout détruire,
hésitant entre le respect, l’adoration et la convoitise

(Henri Michaux)

Illustration: Andrei Markin 

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Les éphémères (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



Les éphémères

Trois cent millionièmes de seconde
Si c’est ce que dure la vie d’une particule
Pense combien doit être éternelle toute une journée
Tu dis qu’un jour est court ?
Vraiment c’est de la convoitise.

(Ko Un)

 

 

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Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encor (Charles Guérin)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2016



Harry Holland arch

Tu sommeilles ; je vois tes yeux sourire encor.
Ta gorge, ainsi deux beaux ramiers prennent l’essor,
Se soulève et s’abaisse au gré de ton haleine.
Tu t’abandonnes, lasse et nue et tout en fleur,
Et ta chair amoureuse est rose de chaleur.
Ta main droite sur toi se coule au creux de l’aine,
Et l’autre sur mon coeur crispe ses doigts nerveux.
Ce taciturne émoi flatte ma convoitise.
Ta bouche est entrouverte et ton souffle m’attise
Et le mien qui s’anime agite tes cheveux.

Vivant sachet rempli de nard, de myrrhe et d’ambre,
Tu répands tes parfums irritants dans la chambre.
Je te respire avec ivresse en caressant,
Comme un sculpteur modèle une onctueuse argile,
Ton corps flexible et plein de jeune bête agile.
La lumière étincelle à tes cils, et le sang
Peint une branche bleue à ta tempe fragile.
La courbe qui suspend à l’épaule ton sein
Emprunte aux purs coteaux nocturnes leur dessin.
Ta peau ferme a le grain du marbre et de la rose ;
Et moi je dis tout bas, pendant que je repose
Mon regard amoureux sur tes charmes choisis :
 » La gazelle couchée au frais de l’oasis
N’est pas plus douce à voir que la femme endormie,
Et les lys du matin jalousent mon amie.  »

(Charles Guérin)

Illustration: Harry Holland

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Accalmie III (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2015



Accalmie III

Feux libertins flambant dans l’auberge fatale
Où se vautre l’impénitence des dégoûts,
Où mon âme a brûlé sa robe de vestale,
Eteignez-vous !

Par les malsaines nuits de crimes traversées,
Hippogriffes du mal, femelles des hiboux,
Qui prêtiez votre essor à mes lâches pensées,
Envolez-vous !

Salamandres-désirs, sorcières-convoitises
Qui hurliez dans mon coeur avec des cris de loups
La persuasion de toutes les feintises,
Ah ! Taisez-vous !

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Flammèches (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2015



Flammèches

Une à une des taches d’or
Paraphent la pupille de convoitise
Des pulsations pressentent la fièvre
L’angoisse s’irise
Le temps se tait
Je me recroqueville

L’affrontement se fera sans répit de lumière

(Jamel Eddine Bencheikh)


Illustration

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