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Poésie

Posts Tagged ‘convoquer’

Hermès (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Saint-Michel

Hommage aux anges
[33]

Hermès emprunta son attribut
de guide-des-morts à Toth

et la croix-T devient caducée ;
l’ancienne église invoque

saint Michel et Notre Dame
sur le lit de mort ; Hermès Trismégiste

transperce, avec saint Michel,
les ténèbres de l’ignorance,

jette le Vieux Dragon
dans l’abîme.

[34]

Ainsi saint Michel
régent de la planète Mercure,

n’est pas absent
quand nous convoquons les autres Anges,

une autre bougie apparaît
sur le grand-autel,

elle brûle d’une flamme puissante
mais frémit

et s’avive et s’assombrit
et s’avive à nouveau ;

souviens-toi, c’était Thot
avec une plume

qui pesait les âmes
des morts.

***

Hermes took his attribute
of Leader-of-the-dead from Thoth

and the T-cross becomes caduceus ;
the old-church makes its invocation

to Saint Michael and Our Lady
at the death-bed; Hermes Trismegistus

spears, with Saint Michael,
the darkness of ignorance,

casts the Old Dragon
into the abyss.

So Saint Michael,
regent of the planet Mercury,

is not absent
when we summon the other Angels,

another candle appears
on the high-altar,

it burns with a potent flame
but quivers

and quickens and darkens
and quickens again;

remember, it was Thoth
with a feather

who weighed the souls
of the dead.

(Hilda Doolittle)

 Illustration

 

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Arrive un jour (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



    

Arrive un jour où la poésie se fait sans langage, jour où
sont convoqués les grands et les petits désirs disséminés
dans les vers, réunis tout à coup dans deux yeux, ceux-là
mêmes qu’on louait tant dans l’absence frénétique de la page blanche.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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S’immobiliser. Entrer dans la lenteur des choses (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



 

Carl Larsson when-the-children-have-gone-to-bed(1)

S’immobiliser. Entrer dans la lenteur des choses,
disait-il. Perdre la voix et ce qui va avec.
Convoquer les ombres pour en tirer une lumière.
Peu importe ce qu’elle révèle. L’important
tient dans ce presque rien — un silence, un bruit de pages
et, de l’un à l’autre, la navette du désir

(Jacques Ancet)

Illustration: Carl Larsson

 

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La mémoire (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Jean ABabadie   le pain quotidien 80x80cm-800 [1280x768]

La mémoire convoque une contrée d’où la parole était absente.
Les gens paraissaient dans un vêtement de gestes.
[…]
Eux, ils passent le dos de la main sur leurs lèvres, après boire.
Ou bien, ils sont au cimetière, devant les tombeaux, debout, la tête découverte.
Le ciel est gris pommelé, c’est le Jour des Morts.

Maintenant ils rentrent les foins, et les chariots brinquebalent le long du chemin
et abandonnent des poignées d’herbe sèche aux griffes des grands arbres qui sont au bord.
Tu les revois, qui rient ou s’attristent, mais ils miment, ils ne parlent pas.

(Hubert Juin)

Illustration: Jean Ababadie 

 

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Une flèche traverse l’univers (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration: Vladimir Kush
    
Une flèche traverse l’univers.
Peu importe qui l’a lancée.
Elle transperce également le fluide et le solide,
le visible et l’invisible.
Tenter de calculer son parcours
reviendrait à imaginer un mur dans le néant.

Flèche depuis l’anonyme vers l’anonyme,
depuis un abîme qui n’est pas une origine
vers un autre abîme qui n’est pas une destinée,
mouvement qui semble n’en être pas un
mais plutôt une extase à chaque instant renouvelée.

Je la trouve en ta main
ou toi en ma pensée.
Je peux la voir entrer dans un nuage,
couper en deux un oiseau,
surgir des fleurs et des pluies,
fendre une cécité,
transpercer les morts.

Peut-être son exemplaire anonymat
nous convoque-t-il à notre propre anonymat,
pour que nous puissions aussi nous libérer
de notre commencement et notre fin.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Le dragon, l’ange et la licorne (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



Dieu dit:
« C’était un cas d’urgence;
je me suis demandé
à quoi servaient mes créatures
les plus bizarres:
le dragon, l’ange et la licorne.
J’ai convoqué ceux en qui je croyais,
réels, puissants, incontestables:
le baobab, le cheval de labour,
la montagne accoudée à la mer.
Ils ont tenu dix conférences
sans se mettre d’accord.
J’ai donc gardé
le dragon, l’ange et la licorne;
pour éviter quelques malentendus,
j’ai cru bon cependant de les rendre invisibles. »

(Alain Bosquet)

Illustration: Antonio Chacon

 

 

Illustration: Antonio Chacon

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Ne te retourne pas (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



Illustration: Nico Lund
    
Ne te retourne pas
ne convoque pas ces visages ;
ne dis pas que nous avons renoncé
à l’amour, chaque fois
prends la route qui arrête
d’aller quelque part.

Un poème attend
se penche et se relève
ne refuse ni le vent
ni la poussière du monde.

(Hélène Dorion)

 

Recueil: Sans bord sans bout du monde
Traduction:
Editions: La différence

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Nous ignorons (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



Illustration: René Baumer
    
Nous ignorons, bien sûr,
ce que sera le tout :

pourtant, dès que s’esquisse un poème,
il nous convoque,

et si une syllabe est de trop ou trop faible,
nous le pressentons.

(Pierre Dhainaut)

 

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Sur les bois d’un renne poussiéreux (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017




Sur les bois d’un renne poussiéreux
j’ai cherché la patrie intérieure
En quelques jours de cette résidence mouvementée
de ce pesant cérémonial
j’ai découvert avec une joie
gorgée d’eau rare
aussi féconde que la guillotine
j’ai découvert que cette patrie
c’était toi

Dans ma veille
je te convoque rarement
Mais tu es comme la goutte d’eau
varié et obscur à en être limpide
Avec une régularité exaltante
tu épuises mes rêves

(Aïcha Arnaout)

 

 

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Au secret (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



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Au secret

Si je disais la vie, la fraise aux lèvres vous auriez
La langue du loriot, la fièvre du laurier
L’églantier de la pluie et les cuisses de l’eau

Si je disais les mots
Qui convoquent les morts et les hauts pâturages
Les citrons de la nuit, la paille des orages
La servante alanguie, les armoires de suie
Le cheval aveuglé et l’automne qui grince
Les hôpitaux tapis, les amants dans leur lit
Le boulanger, le geai, les journaux tiédis d’encre
Si je livrais les mots que je retiens à l’ancre

En cette chambre basse où jamais vous n’entrez
Hommes ! Vous laisseriez les vins lourds de septembre
Vous partiriez roussis de feuilles, de saisons
Titubants de soleils, charnus de vos moissons
Et je vous aimerais comme un lièvre ou un faon.

(Luc Bérimont)

 

 

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