Arbrealettres

Poésie

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Demande à la flamme pourquoi elle brûle (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



Demande à la flamme
pourquoi elle brûle

les chats de novembre
ne craignent pas la pluie

de seuil en deuil
l’amour te déchire

la joie saigne
et remplit la joue

cherches-tu sur cette herbe
à convoquer les morts ?

tourneras-tu toujours les yeux
vers la voie lactée de l’enfance ?

les mains sur le feu
je suis né pour vaincre.

(Paol Keineg)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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POUR UNE ÉTERNITÉ LANGOUREUSE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016


 


 

ecorche

POUR UNE ÉTERNITÉ LANGOUREUSE

(sur un vers de Lorand Gaspar)

chant
dans les muscles du chant
tu écoutes
inlassablement
cette grande réserve de bouches
en lisière de tout
ce souffle premier
intarissable
comme il retentit dans le corps
par tout le corps
comme il s’exacerbe
comme il traverse le temps
autrement

chant
dans les muscles du chant
le pouls bat plus fort
une brève une longue
une brève une longue
systole diastole
mise en voix mise en vie
c’est le soufflet du coeur
qui descend dans la nuit

profondément
très profondément
dans toutes les nuits

chant
dans les muscles du chant
Thelonious Monk
qui rêve d’emplir l’univers
d’un flux sonore
dune langue pariétale
Marina Tsvétaïéva
dont les cheveux brûlent
lorsqu’elle lit ses premières pièces
aux jeunes acteurs
du théâtre d’Art de Moscou

chant
dans les muscles du chant
plasma de parole
voix dans la voix
intelligence respiratoire
qui convoque
le monde entier
à l’intérieur d’un seul mot

chant
dans les muscles du chant
pourquoi craindre la mort
pourquoi inventer mille croyances
pour la déguiser
trou noir

ou nuit semée d’étoiles
oublions la marche du temps
nous dit Tchouang-tseu
appelons-en à l’infini

chant
dans les muscles du chant
dans la fraîcheur du lâcher-prise
ou
dans le givre du matin
ou
dans ce saut de pensée soudain
ni ici ni là
ou dans
tout ce que vous voulez
ou plutôt
tout ce que vous aimez

chant
dans les muscles du chant
jusqu’à l’essentiel pressentiment
sans règles ni dogmes
où tout se fait et se défait
une immensité
trempée jusqu’aux os

chant
dans les muscles du chant
chant
qui habite le chant
des langues brûlées
pour faire dire aux mots
ce qu’ils ne peuvent dire
plus que jamais

(Zéno Bianu)

Illustration

 

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L’heure embrasse le silence (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2015


abeille

 

De sa bouche bâillonnée
L’heure embrasse le silence

Une abeille roule au sol
Avec mille de ses soeurs

Et mille abeilles remontent
Vers la fleur qui les convoque

(Paul Eluard)

 

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Ce lieu sans lieux (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2015



Ce lieu sans lieux

Epris du lieu sans lieux
J’y convoque
Hommes et bêtes
Pierres et plantes
Silence et paroles
Planètes et alluvions

Par-delà tout jugement
Vie et mort s’y rejoignent
En durée infinie.

(Andrée Chedid)

Illustration: William Blake

 

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