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Poésie

Posts Tagged ‘convulsé’

Mystère et Misère (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018


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Le mystère de l’homme est entier il me cache
Le monstre convulsé gueule pleine de sang
Et les plaisirs du monstre et la fumée du sang
Tout ce feu qui pourrit entre des mains infâmes
Ce feu couleur d’espoir qu’on oblige à trahir
Ces larmes ces douleurs qui feront or en barre
Et la confusion terrible des regards

J’ouvre les yeux je vois
La misère est entière
Mais je suis à ma place au milieu de l’horreur
J’oublie le mal j’oublie l’erreur j’oublie la mort
Et comme un regard clair s’ouvrant dans un œil sombre
Le mystère de vie absorbe toute l’ombre.

(Luc Decaunes)

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MESSALINE (Alcide Bonneveau)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Eugène Brunet
    
MESSALINE

Messaline, je t’aime, ô superbe païenne,
Pour ton corps merveilleux, tes puissantes amours,
Et l’impudicité de tes désirs de chienne
Errant, inassouvie, à tous les carrefours !

Oui,je t’aime ! Et je veux, prêtresse des luxures.
Dont rameur infini jamais ne fut vénal.
Religieusement panser les meurtrissures
Dont te cingla jadis le fouet de Juvénal.

Tu fus sincère, au moins, grande voluptueuse !
Rome ne t’a point vue hésiter ni choisir.
Sans souci de l’amant ta chair impétueuse
Se ruait, frémissante, à l’assaut du plaisir.

A tous tu prodiguais les splendeurs de ta forme,
Tes baisers énervants, ton regard velouté,
Et ton beau corps était comme une amphore énorme
D’où sans cesse coulait à flots la volupté.

Aussi, comme ils devaient tressaillir, tous ces mâles,
Blonde Lycisca, lorsque, vivant trésor,
Ta gorge pantelante aux tons roses et pâles
Brusquement surgissait de la résille d’or.

Je vous vois : eux rompus, la face convulsée.
Le front vide roulant dans la lourde épaisseur
De tes cheveux, et toi, non encore lassée.
Criant, criant toujours ton désir obsesseur.

Voilà pourquoi je t’aime, ô Femme entre les femmes !
Et pourquoi je méprise avec férocité
Les filles d’aujourd’hui, ces machines infâmes.
Sans passion, sans nerfs, sans force et sans beauté !

(Alcide Bonneveau)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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LE NOM (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017



    

LE NOM

L’océan s’est enflé, en entendant un nom.
Les fauves ont fait silence. Du haut des monts,
une rumeur rouge et panique a dévalé
sur la ville, telle une araignée assommée,

apportant la poussière du temps écoulé
et des choses mourantes, en un si profond
désarroi, que tandis que tout il consumait,
allait croissant la force étrange de ce nom.

Quelle puissance si terrible est recueillie
dans ses syllabes cruelles et musicales,
pour ainsi ranimer tout ce qu’oublie l’esprit?

Et restent-elles à voltiger, à vibrer,
dans l’univers révulsé, entre les spirales
convulsées d’un amour qui ne peut plus aimer?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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L’Amour de Jérusalem (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



L’Amour de Jérusalem

Il y a une rue où l’on ne vend que viande rouge
et une rue où l’on ne vend qu’habits et parfums.
Il y a des jours où je ne vois qu’êtres jeunes et beaux,
et des jours où je ne vois qu’infirmes, aveugles,
lépreux, faces convulsées et rictus.

Ici on construit une maison et là on détruit
ici on creuse la terre
et là on creuse le ciel,
ici on s’assoit et là on marche
ici on hait et là on aime.

Mais celui qui aime Jérusalem
dans les guides touristiques ou les livres de prières
ressemble à celui qui aime une femme
selon le Kama sutra.

Parfois Jérusalem est une ville de couteaux :
même les espoirs de paix sont affûtés pour trancher dans
la difficile réalité, ils s’émoussent ou se cassent.

Les cloches des églises font tellement d’efforts de paix
qu’elles deviennent lourdes, comme un pilon qui broie
dans le mortier
des voix lourdes, graves et remuantes.

Et lorsque
le chantre et le muezzin entonnent leur chant
surgit le cri tranchant :
notre seigneur notre Dieu à tous est un Dieu
un et affûté.

(Yehuda Amichai)

 

 

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Le Nom (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Le Nom

L’océan s’est enflé, en entendant un nom.
Les fauves ont fait silence. Du haut des monts,
une rumeur rouge et panique a dévalé
sur la ville, telle une araignée assommée,

apportant la poussière du temps écoulé
et des choses mourantes, en un si profond
désarroi, que tandis que tout il consumait,
allait croissant la force étrange de ce nom.

Quelle puissance si terrible est recueillie
dans ses syllabes cruelles et musicales,
pour ainsi ranimer tout ce qu’oublie l’esprit?

Et restent-elles à voltiger, à vibrer,
dans l’univers révulsé, entre les spirales
convulsées d’un amour qui ne peut plus aimer?

(Carlos Drummond de Andrade)

Illustration: Clark Little

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La pupille du ciel (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2015



La pupille du ciel, comme une horloge absolue.
Le prénom convulsé du firmament.
Ce qui voit venir la douleur.
Une source éveillée par toutes les errances.

(Zéno Bianu)


Illustration

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