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Posts Tagged ‘convulsion’

J’aime un regard d’Agonie, car je sais qu’il est vrai (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



J’aime un regard d’Agonie,

Car je sais qu’il est vrai –

On ne singe pas la Convulsion,

On ne feint pas, des Affres –

L’œil se fige d’un coup – et c’est la Mort –

Impossible de simuler

Les Perles sur le Front

Par la fruste Angoisse enfilées.

(Emily Dickinson)

Illustration

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Impossible de simuler (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2016



agonie

 

J’aime un regard d’Agonie,
Car je sais qu’il est vrai –
On ne singe pas, la Convulsion,
On ne feint pas, des Affres –

L’Oeil se glace d’un coup – et c’est la Mort –
Impossible de simuler
Les Perles sur le Front
Par la fruste Angoisse enfilées

(Emily Dickinson)

Illustration: Egon Schiele

 

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L’héritage est sur notre visage (Dominique Sampiero)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



l’héritage est sur notre visage ô presque rien
un soupir un sourire une sorte de neige

une inclination pour la horde
le consentement la ressemblance une fourrure
étouffée derrière le front les yeux les lèvres

la douceur de la souffrance rend supportable
l’incertain crédible la pensée de vivre

nous attendons l’incident la fin du jour

cette attente nous dépouille et nous guide
elle est le givre intact le partage

la surface de nos convulsions le lapsus
qui nous regarde et ne s’achève

cette pupille de la nuit qu’aucun voyageur
ne traverse

elle est le vocabulaire de la brèche
le verbe en soi pour amener hors du temps

l’intensité des réponses

(Dominique Sampiero)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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Je me souviens du soir où je t’ai vainement attendue (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2016



Je me souviens du soir où je t’ai vainement
Attendue en un parc aux pensives allées
Dont les arbres pleuraient leurs feuilles en allées
Et miraient leur douleur dans le bassin dormant.

O soir mélancolique ! Une église était proche
Avec son cadran d’or énigmatique et noir;
J’écoutais dans le parc agrandi par le soir
Ruisseler sur les toits les larmes de la cloche.

Et j’entendais venir les psaumes du jubé
Comme un je ne sais quoi de très vague qui pleure.
Tout en songeant, perdu dans la fuite de l’heure,
Que tu ne viendrais plus après le soir tombé !

Tout à coup un soupçon de trahisons prochaines
Me fit sentir au coeur comme un rêve noyé,
Pendant que le clocher, d’un chant apitoyé,
Racontait ma détresse aux paroisses lointaines !

Et ce fut à travers notre amour commençant
Toute une impression d’automne et de veuvage,
De barque naufragée échouant au rivage,
De salon attristé par un portrait d’absent…

Je te croyais déjà sacrilège et parjure !
Et, pour s’harmoniser avec mon deuil poignant,
Voilà que le jet d’eau s’égoutta tout saignant
Et rouge, au fond du parc, comme un sang de blessure.

Et voilà qu’aux lueurs du soir pacifié,
Le soir calme où passait une douceur magique,
Le cadran, lui aussi, prit un aspect tragique :
On eût dit un soleil cloué, crucifié !

Et ses aiguilles d’or, comme des bras funèbres,
Comme des bras raidis dans des convulsions,
S’étirant, s’allongeant au milieu des rayons,
Allèrent dans le ciel attaquer les ténèbres !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Edvard Munch

 

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Trop tôt (Armand Monjo)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2015


Olbinski

 

Quelque convulsion puisse enfiévrer l’air,
désintégrer le sang,
il est toujours très tôt en notre monde.
Trop tôt pour fermer les paupières,
attendre sans bouger la pierre,
le mépris, la balle ou le lance-flamme.
Jamais trop tard pour avancer
vers une fleur, ni pour tendre les lèvres
aux seins, au miel des bras ouverts,
à l’amour soudain évident…

(Armand Monjo)

 

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L’eau qu’on jetait dans Le feu (Malcolm de Chazal)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2015



L’eau
Qu’on
Jetait
Dans
Le feu
Eut
Une
Convulsion.

(Malcolm de Chazal)

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Ma Seine (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2015



Ma Seine

Le matin le brouillard cache
La vague endormie
Qui se réveille avec
Un bâillement de bateau

Un courant furtif
Entoure d’un clapotis
La barque attachée à la berge
Et ma Seine m’entraîne
En rêve jusqu’à la mer

Elle ceinture une robe
Bariolée de champs vastes
Et de jardins petits
De villes et de villages

Elle étrangle
Des îlots de verdure
Glisse sous les ponts
Ses anneaux
Secoués de convulsions
Et avale la lente navigation
De lourdes péniches
Qu’elle digère mal.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Les pierres ont la mémoire longue (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2015



Les pierres ont la mémoire longue

Ce sont des êtres sensibles
noués autour d’anciennes convulsions
figées en des raidissements
quasi musculaires
après l’éloignement du feu
qui fut premier
dans la lignée de leurs ancêtres
et dans les spasmes orgiaques
de leur naissance

Ce sont des vies
qui portent en elles
sur elles et autour d’elles
les armoiries et les blasons
toute l’héraldique
de la noblesse universelle
du grand Chosier
l’arbre généalogique
des grands dynastes guerriers
et des prophètes méphitiques
du minéral

(Werner Lambersy)

 

 

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Effet de lune (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2014



 

George Sheringham (1884-1937), Illustration for Canadian Wonder Tales

Effet de lune

Sous la nue où le vent qui roule
Mugit comme un troupeau de boeufs,
Dans l’ombre la mer dresse en foule
Les cimes de ses flots bourbeux.

Tous les démons de l’Atlantique,
Cheveux épars et bras tordus,
Dansent un sabbat fantastique
Autour des marins éperdus.

Souffleurs, cachalots et baleines,
Mâchant l’écume, ivres de bruit,
Mêlent leurs bonds et leurs haleines
Aux convulsions de la nuit.

Assiégé d’écumes livides,
Le navire, sous ce fardeau,
S’enfonce aux solitudes vides,
Creusant du front les masses d’eau.

Il se cabre, tremble, s’incline,
S’enlève de l’Océan noir,
Et du sommet d’une colline
Tournoie au fond d’un entonnoir.

Et nul astre au ciel lourd ne flotte ;
Toujours un fracas rauque et dur
D’un souffle égal hurle et sanglote
Au travers de l’espace obscur.

Du côté vague où l’on gouverne,
Brusquement, voici qu’au regard
S’entr’ouvre une étroite caverne
Où palpite un reflet blafard.

Bientôt, du faîte de ce porche
Qui se hausse en s’élargissant,
On voit pendre, lugubre torche,
Une moitié de lune en sang.

Le vent furieux la travaille,
Et l’éparpille quelquefois
En rouges flammèches de paille
Contre les géantes parois ;

Mais, dans cet antre, à pleines voiles,
Le navire, hors de l’enfer,
S’élance au-devant des étoiles,
Couvert des baves de la mer.

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: George Sheringham

 

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