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Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol
ta couleur d’apsara
descendue des temples aux pierres grèges
ta langueur d’herbe bénie
tes hanches de cyclades
lorsque
le soleil achève
entre les vagues
et le silence du premier matin
sa naissance
rouge

à tes narines rapides
j’offre
l’encens du désir
le copal des marches
ivre de sang

à tes yeux
l’eau tendre
qui sourd des rochers

à l’oreille
cachée sous la forêt
le chant rugueux
de la mémoire

au front
la neige ronde
d’un tympan

aux cils
la sentence
d’une plume tigrée

à tes lèvres
la rumeur
de l’horizon sans trace

là-bas
les moteurs tremblent
entre les vitres
du jour brouillé
près de la pampa
sèche
l’arbre acajou
ruisselle d’ombre
un colibri
remonte à l’envers
le temps
couleur de nuit

(Jean-Dominique Rey)

Illustration: Alan Lee

 

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Pourquoi retardes-tu notre heure, O bien-aimée ? (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015




Pourquoi retardes-tu notre heure, O bien-aimée ?
La nuit chaste officie aux limites du jour :
Prépare le copal et la coupe embaumée.
Je veux, ivre d’encens, dormir dans ton amour.

Un beau fruit de velours tremble au coeur de l’enceinte.
J’entends, là-haut, pleurer l’oiseau du paradis.
Parmi le champ des lis émerge l’hyacinthe,
Lourde d’un blanc sommeil de chérubin maudit.

Le jardin lumineux meurt d’ardeur et d’attente.
L’ombre sur le bassin a ramené l’hiver :
O Vierge, j’ai grand froid ! Viens dresser notre tente
Tranquille et somptueuse au seuil de l’Univers…

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: William Bouguereau

 

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