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Posts Tagged ‘coq’

Coquelicot (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019




    
Coquelicot

Au soleil
écarlate
il exulte
comme le chant
du coq.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Tout ce qui était sera (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
Tout ce qui était sera
Même ce coq et ce rat

Qui criaient au petit jour
Dans le piège et dans la cour,

Quoi ? Même l’amour premier
La fillette au tablier

Noire et blanche dans les blés
Un des soirs d’un vieil été ?

Passé toujours dans l’avenir
Présent qui tourne au souvenir,

Enfant, jeune homme sur la plage
Où le vieil homme écrit sa page.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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MATIN (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



MATIN

Ce matin l’herbe est noire et nue
Le vent s’allume, s’éteint
L’air s’ouvre à la pluie d’étain
Les pierres, la terre s’habituent

Ce matin le talus jaunit
Les corbeaux luisent sur le pré
L’agneau saigne à la boucherie
La terre s’y fait

Ce matin la neige est tombée
Le troupeau tousse dans la buée
Un triste coq crie au vent blanc
La terre s’y tait comme avant

Matin de cendre et de bitume
Le gel a mordu dans nos plaies
Des larmes coulent dans la haie
La grasse terre s’accoutume

Matin de ciel et de jais
Si le soleil revenait
L’air a son odeur nocturne
L’aube rougeoie derrière l’averse
La lumière est une herse
Entre maintenant et jamais
Un merle rit du chant qu’il tresse
La terre s’y fait

(Jacques Chessex)

 

 

 

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AUBE (Dans un demi-sommeil) (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Sarolta Bán 18

AUBE
(Dans un demi-sommeil)

Nous arrivons en train.
Froid obscur, tranquille.

Et on dirait
— en un constant désordre —
que nous arrivons à la vie,
de la mort ; que nous arrivons
à la mort, de la vie.

Des coqs chantent, on ne sait pas
si dans la vie, si dans la mort
— en un constant désordre —.
Froid obscur tranquille.

***

MADRUGADA
(Entresueño)

Vamos llegando en el tren.
Oscuro frfo, tranquilo.

Y parece
—en un trastorno constante—
que llegamos a la vida,
de la muerte; que llegamos
a la muerte, de la vida.

Cantan gallos, no se sabe
si en la vida, si en la muerte
—en un trastorno constante—.
Oscuro frío tranquilo.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Sarolta Bán

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Les espaces du sommeil (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



 

Les espaces du sommeil

Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles
du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
Les forêts s’y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
Il y a toi.

Dans la nuit il y a le pas du promeneur
et celui de l’assassin et celui du sergent de ville
et la lumière du réverbère
et celle de la lanterne du chiffonnier.
Il y a toi.

Dans la nuit passent les trains et les bateaux
et le mirage des pays où il fait jour.
Les derniers souffles du crépuscule
et les premiers frissons de l’aube.
Il y a toi.

Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Un horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
Il y a vous, vous que j’attends.

Parfois d’étranges figures naissent
à l’instant du sommeil et disparaissent.
Quand je ferme les yeux,
des floraisons phosphorescentes apparaissent
et se fanent et renaissent comme des feux d’artifice charnus.
Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
Il y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.

Et l’âme palpable de l’étendue.
Et les parfums du ciel et des étoiles
et le chant du coq d’il y a 2000 ans
et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.

Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde
et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
Il y a toi sans doute que je ne connais pas,
que je connais au contraire.

Mais qui, présents dans mes rêves,
Obstinés à s’y laisser deviner sans y paraître.
Toi qui restes insaisissable
dans la réalité et dans le rêve.

Toi qui m’appartiens de par ma volonté
de te posséder en illusion
mais qui n’approches ton visage du mien
que mes yeux clos aussi bien au rêve qu’à la réalité.

Toi qu’en dépit d’un rhétorique facile
où le flot meurt sur les plages,
où la corneille vole dans des usines en ruines,
où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.

Toi qui es à la base de mes rêves
et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses
et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
Dans la nuit il y a les étoiles
et le mouvement ténébreux de la mer,
des fleuves, des forêts, des villes, des herbes,
des poumons de millions et millions d’êtres.

Dans la nuit il y a les merveilles du mondes.
Dans la nuit il n’y a pas d’anges gardiens
mais il y a le sommeil.
Dans la nuit il y a toi

Dans le jour aussi.
(Robert Desnos)

Illustration: Jean Libon

Découvert ici: http://www.ville-maurecourt.fr/evenement/printemps-des-poetes-2016-a-la-mda

Merci pour la belle soirée du 20/05/2016 : lecture et chants de textes de Robert Desnos par

L’atelier d’écriture Gaz à tous les étages et les jadilleurs 

 


 

 

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La Poursuivie (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018


 


Tristan  e

La Poursuivie

Je te poursuis encore sur le versant des songes
mais tu glisses de moi comme sable en la main
et comme un coquillage invente son mensonge
la courbe de ton corps esquive ton dessein

Je te traque et tu fuis Je te perds et tu plonges
Les forêts des grands fonds ont d’étranges détours
Je marche sur la mer et mon ombre s’allonge
sous le soleil obscur et dans l’ombre des tours

Aux plages de fraîcheur que déroule le lit
la trace de nos corps s’efface avec le jour
Le lit s’enfle et se gonfle aux brises de la nuit
Tristan la voile est noire et tu mourras d’amour

Tristan la voile est noire Iseult ne t’aime plus
La Belle au Bois s’endort du sommeil de l’hiver
Mourir ou bien dormir le flux et le reflux
me ramènent toujours aux lieux où j’ai souffert

Mais que le chant du coq à l’aube revenue
Mais qu’un rai de soleil qu’un pigeon qu’un appel
que le matin léger me rendent l’enfant nue
me voici de nouveau le complice du ciel

Sur son front la couronne invisible des Soeurs
Tristan la voile est blanche au flot des nébuleuses

(Claude Roy)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

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LE VILLAGE A MIDI… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



 

André Derain  -07 [1280x768]

LE VILLAGE A MIDI…

Le village à midi. La mouche d’or bourdonne
entre les cornes des boeufs.
Nous irons, si tu le veux,
si tu le veux, dans la campagne monotone.

Entends le coq… Entends la cloche… Entends le paon…
Entends là-bas, là-bas, l’âne…
L’hirondelle noire plane.
Les peupliers au loin s’en vont comme un ruban.

Le puits rongé de mousse ! Ecoute sa poulie
qui grince, qui grince encor,
car la fille aux cheveux d’or
tient le vieux seau tout noir d’où l’argent tombe en pluie.

La fillette s’en va d’un pas qui fait pencher
sur sa tête d’or la cruche,
sa tête comme une ruche,
qui se mêle au soleil sous les fleurs du pêcher.

Et dans le bourg voici que les toits noircis lancent
au ciel bleu des flocons bleus ;
et les arbres paresseux
à l’horizon qui vibre à peine se balancent.

(Francis Jammes)

Illustration: André Derain 

 

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Tes étangs de saphir, où croissent les lotus, luisent dans tes vallons (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



Hindouismef [800x600]

Tes étangs de saphir, où croissent les lotus,
Luisent dans tes vallons d’un éclair revêtus;
Une rouge vapeur à ton épaule ondoie
Comme un manteau de pourpre où le couchant flamboie
Mille fleurs, sur ton sein, plus brillantes encor,
Au vent voluptueux livrent leurs tiges d’or,
Berçant dans leur calice, où le miel étincelle,
Mille oiseaux dont la plume en diamants ruisselle.
Kaîlaça ! Kaîlaça, soit que nos pieds hardis
Atteignent la hauteur pure où tu resplendis,
Soit que, le souffle humain manquant à nos poitrines,
Nous retombions mourants sur tes larges racines;
Ô merveille du monde, ô demeure des Dieux,
Du visible univers monarque radieux,
Sois béni ! Ta beauté, dans nos coeurs honorée,
Fatiguera du temps l’éternelle durée.
Salut, Route du ciel que vont fouler nos pas;
Dans la vie ou la mort nous ne t’oublîrons pas !

*

Ayant chanté le mont Kaîlaça, les Brahmanes
Se baignèrent trois fois dans les eaux diaphanes.
Ainsi purifiés des souillures du corps,
Ils gravirent le Mont, plus sages et plus forts.
Les Aurores naissaient, et, semblables aux roses,
S’effeuillaient aux soleils qui brûlent toutes choses;
Et les soleils voilaient leur flamme, et, tour á tour,
Du sein profond des nuits rejaillissait le jour.
Les Brahmanes montaient, pleins de force et de joie.
Déjà les kokilas, sur le bambou qui ploie,
Et les paons et les coqs au plumage de feu,
Annonçaient le Séjour, l’inénarrable Lieu,
D’où s’épanche sans cesse, en torrents de lumière,
La divine Mâyâ, l’Illusion première.
Mille femmes au front d’ambre, aux longs cheveux noirs,
Des flots aux frais baisers troublaient les bleus miroirs,
Et du timbre argentin de leurs lèvres pourprées
Disaient en souriant les hymnes consacrées;
Et les Esprits nageaient dans l’air mystérieux;
Et les doux Kinnaras, musiciens des Dieux,
Sur les flûtes d’ébène et les vinés d’ivoire
Chantaient de Bhagavat l’inépuisable histoire.

(Leconte de Lisle)

 

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L’horloge (Louis Mercier)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



horloge

L’horloge

Elle a l’air vaguement humaine
Avec sa face d’émail blanc,
Et sa robe couleur de chêne
Où bat son coeur rythmique et lent.

Elle habite un coin solitaire
Où l’araignée a son réduit,
Et fait son oeuvre de mystère
Sans se hâter, le jour, la nuit :

Elle vit à l’écart, étrange
Et respectée ; on la défend
Du heurt des chaises qu’on dérange
Et des gambades des enfants.

L’horloge valétudinaire
Craint les caprices des saisons ;
Elle vibre aux coups de tonnerre,
Le vent lui donne le frisson.

Elle a peur du cahot des roues,
Des portes qu’on ferme trop fort ;
Les jours de pluie, elle s’enroue,
Et le gel des grands froids l’endort.

Un souffle, un rien la contrarie,
Souvent même, on ne sait pourquoi,
S’arrête la fragile vie
Dont palpite son coeur de bois.

*

Tout dort. Rompus de lassitude,
Les hommes sont ensevelis
Entre leurs draps de toile rude,
Dans les ténèbres des grands lits.

Les troupeaux gisent près des crèches ;
Les boeufs, dans la paille affaissés,
Rêvent des prés, de l’herbe fraîche,
Et des sillons qu’ils ont tracés.

Le chien dort, et le coq sonore
Se tient muet sur son perchoir,
Car le jour n’est pas près d’éclore
Et le côté de l’aube est noir.

Le sommeil tient aussi les choses :
Les outils qui vivent dehors,
Les meubles que les murs enclosent
Et la maison même, tout dort.

Seule, dans l’anxieux silence,
Seule vivante en l’ombre immense,
L’horloge obscure ne dort pas,
Comme un pas lent, mais jamais las,

Ou comme le pouls d’une artère,
Ou le battement d’un coeur sourd,
Elle fait son brait solitaire,
Toujours, toujours, toujours, toujours.

(Louis Mercier)

 

 

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LE COQ (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

LE COQ

Chante si tu veux chante ou bien picore provoque les yeux néant de l’aurore
Chante ou bien picore les perles des rêves gratte les trésors que le jour enlève
Les perles des rêves sont des perles folles larmes-lucioles et bulles de sève
Ce sont perles folles une larme au coeur ton cri les viole ton cri crève-coeur
Une larme au coeur le jour qui se lève porte les couleurs des bulles qui crèvent
Le jour qui se lève fera des heureux fera des beaux rêves de soleil à deux
Fera des heureux car le jour t’achève nuit du merveilleux pour Adam et Eve

(Ernest Delève)

Illustration

 

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