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Posts Tagged ‘coquette’

Belle tourneuse planète (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Belle tourneuse planète
tu fais toujours la coquette
mon coeur ouvre mes volets
regarde, sait-on jamais
si le vrai n’est pas la fable ?
A travers le temps des morts
sait-on jamais si l’enfance
dans l’espace en transparence
ne touchera pas le port ?

(Georges Libbrecht)

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INDIGNATION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Charles Cros / Foto

INDIGNATION

J’aurais bien voulu vivre en doux ermite,
Vivre d’un radis et de l’eau qui court.
Mais l’art est si long et le temps si court !
Je rêve, poignards, poisons, dynamite.

Avoir un chalet en bois de sapin !
J’ai de beaux enfants (l’avenir), leur mère
M’aime bien, malgré cette idée amère
Que je ne sais pas gagner notre pain.

Le monde nouveau me voit à sa tête.
Si j’étais anglais, chinois, allemand,
Ou russe, oh ! alors on verrait comment
La France ferait pour moi la coquette.

J’ai tout rêvé, tout dit, dans mon pays
J’ai joué du feu, de l’air, de la lyre.
On a pu m’entendre, on a pu me lire
Et les gens s’en vont dormir, ébahis…

(Charles Cros)

 

 

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LE PRÉ D’AMOUR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
LE PRÉ D’AMOUR

Lorsque Gros-Jean se maria,
Londerira,
Avec la coquette Toinette,
En dot son père lui donna
Un pré tout blanc de pâquerettes.

Or, la Toinette le trompa,
Londerira,
Un beau soir sous les talles d’aunes
Et, par le pré, soudain leva
Un carré de boutons d’or jaunes.

Quand Gros Jean s’aperçut de ça,
Londerira,
Tua le galant et l’amante
Et, par tout le pré, ce jour-là
Fleurirent des roses sanglantes.

Maintenant oublis et frimas,
Londerira,
Ont fané les fleurs illusoires
Et, dans le pré, sur le verglas,
Rampent de grandes ronces noires.

(Gaston Couté)

 

 

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Bestiaire (Jean-Luc Despax)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



 

Michael Sowa (8)

Bestiaire

Ne pas faire aux truies ce qu’on ne voudrait pas qu’elles nous fassent.

Les vaches coquettes sont les seules à faire du lait de toilette.

Les pom-pom girls sont de grosses buveuses de cidre.

Depuis qu’elle sait que le rire est le propre de l’homme
la hyène a commencé une psychanalyse.

(Jean-Luc Despax)

Illustration: Michael Sowa

 

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Fleur de pêcher (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Fleur de pêcher

—Je suis née dans un verger, de parents honnêtes;
mais … ici, un violent accès de toux lui coupa la parole.
—Ne faites pas attention, reprit-elle
en coupant chacun de ses mots:
malgré le mauvais temps, j’ai voulu me montrer
avec une robe blanche un dimanche d’avril dernier,
et j’ai pris un catarrhe.
Elle voulut continuer, mais à chaque instant
une toux de plus en plus opiniâtre l’arrêtait.
—Reposez-vous, lui dit le Cactus: vous êtes frileuse de votre nature,
et malheureusement pour vous, aussi coquette que frileuse.
Nous devinons votre histoire sans qu’il soit besoin que vous la racontiez.
Ne faites pas d’efforts inutiles qui aggraveraient encore votre mal.
Vous étiez jeune, l’hiver vous avait claquemurée dans votre cellule,
vous étiez impatiente de vous faire voir avec votre beau déshabillé neuf,
qui vous rendait si jolie;
mais une robe blanche ne fait pas le printemps.

(J.J. Grandville)

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Rêve (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Rêve

Oh ! la fleur de lys !
La noble fleur blanche,
La fleur qui se penche
Sur nos fronts pâlis !

Son parfum suave
Plus doux que le miel
Raconte le ciel,
Console l’esclave.

Son luxe éclatant
Dans la saison douce
Pousse, pousse, pousse.
Qui nous orne autant ?

La rose est coquette ;
Le glaïeul sanglant
Mais le lys est blanc
Pour la grande fête.

Oh! le temps des rois,
Des grands capitaines,
Des phrases hautaines
Aux étrangers froids !

Le printemps s’apprête ;
Les lys vont fleurir.
Oh ! ne pas mourir
Avant cette fête.

(Charles Cros)

 

 

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Nos promises (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017



Illustration: Odd Nerdrum
    
Nos promises

Les balles de nos poitrines glissent des moules
avec un sanglot de soie.

Ces baigneuses de sang brillent et vibrent
dans l’instant frais d’un matin calme.

Où dors-tu, ma belle épouse du dernier jour
songes-tu à ces noces
à ta chance de n’être pas perdue
vierge triste dans la paix des racines.

Le temps t’approche de nos cours, sois patiente
ta chaleur dénouera le noeud terrible de nos veilles ;
étrangère coquette dans le secret du sang
vers le froid des planètes nous descendrons ensemble.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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La poule (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



La poule

Poule poule poule poule,
Insupportable coquette
Qui tortilles de la queue
Et qui le blanc de l’œil roules,
Pourquoi dit-on tantôt que
Tu caquètes, tu caquètes ?
ET tantôt que tu jabotes ?
Poule, poule, ma cocotte,
Poule, vaniteuse et sotte !
Tantôt enfin que tu glousses,
Poule noire ou poule rousse ?
Poule, sauras-tu le dire ?

La poule m’a répondu :
« – Prends cet œuf que j’ai pondu
Et va te le faire cuire ! »

(Bernard Lorraine)

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Minuit (Louis-Honoré Fréchette)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



 

Minuit

La pâle nuit d’automne
De ténèbres couronne
Le front gris du manoir ;
Morne et silencieuse,
L’ombre s’assied, rêveuse,
Sous le vieux sapin noir.

Au firmament ses voiles
Sont parsemés d’étoiles
Dont le regard changeant,
Sur la nappe des ondes,
Répand en gerbes blondes
Ses paillettes d’argent.

Dans le ciel en silence
La lune se balance
Ainsi qu’un ballon d’or,
Et sa lumière pâle,
D’une teinte d’opale,
Baigne le flot qui dort.

Au bois rien ne roucoule
Que le ruisseau qui coule
En perles de saphir;
Et nul cygne sauvage
N’ouvre sur le rivage
Sa blanche aile au zéphir.

Une ondoyante voile,
Comme aux cieux une étoile,
Brille au loin sur les eaux,
Et la chouette grise
De son vol pesant frise
La pointe des roseaux.

La bécassine noire
Au col zébré de moire
Dort parmi les ajoncs
Qui fourmillent sans nombre
Sur le rivage sombre,
Au pied des noirs donjons.

Sous la roche pendante,
La grenouille stridente
Dit sa rauque chanson,
Et des algues couverte
Toute la troupe verte
Coasse à l’unisson.

Dans l’onde qui miroite,
L’ondine toute moite
Ecartant les roseaux,
Sèche sa blanche épaule
A l’ombre du vieux saule
Qui pleure au bord des eaux.

Rêveuse elle se mire
Et, coquette, s’admire
Dans le miroir mouvant,
Et de ses tresses blondes,
Sur le cristal des ondes,
Tombent des pleurs d’argent.

La Sylphide amoureuse,
La Péri vaporeuse,
Fée au col de satin,
Dans leur ronde légère,
Effleurent la fougère
D’un petit pied mutin.

Les farfadets, les gnomes,
Les nocturnes fantômes,
Traînant leurs linceuls gris,
Dansent, spectres difformes,
Autour des troncs énormes
Des vieux pins rabougris.

Le serpent rampe et glisse,
Et son écaille lisse
D’un rayon fauve luit ;
Les bêtes carnassières
Sortent de leurs tanières…
Dormons : il est minuit !

(Louis-Honoré Fréchette)

Illustration

 

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Jeune fille (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2016



 

Jeune fille, l’amour, c’est d’abord un miroir
Où la femme coquette et belle aime à se voir,
Et, gaie ou rêveuse, se penche ;
Puis, comme la vertu, quand il a votre cœur,
Il en chasse le mal et le vice moqueur,
Et vous fait l’âme pure et blanche ;

Puis on descend un peu, le pied vous glisse… – Alors
C’est un abîme ! en vain la main s’attache aux bords,
On s’en va dans l’eau qui tournoie ! –
L’amour est charmant, pur, et mortel. N’y crois pas !
Tel l’enfant, par un fleuve attiré pas à pas
S’y mire, s’y lave et s’y noie

(Victor Hugo)

Illustration: Constantin Razoumov

 

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