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Posts Tagged ‘coquillage’

SOLEIL DE MES VINGT ANS… (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2023



Illustration: Alexis Leborgne
    
SOLEIL DE MES VINGT ANS…

Soleil de mes vingt ans vous offensez mes ombres
Par vos jeux indiscrets
Car d’un temple inconnu je déchiffre les nombres
Et les calculs secrets.

Du sommeil de l’amour j’avais chanté l’étude.
Son flux et son reflux
Peuplaient et dépeuplaient l’île de solitude
Où je n’habite plus.

Vers un lieu sous-marin environné de pieuvres
Dans mon sommeil parti
Mon regard de noyé observe de mes œuvres
Le navire englouti.

J’avais pour vous rêvé, navire, des voyages
Toutes voiles dehors…
Et voilà maintenant qu’algues et coquillages
Recouvrent vos trésors.

Vitesse enivrez-vous je vous cède la place
Passez votre chemin
Votre orgueilleuse gloire étant que je vous fasse
Un signe de la main.

Passez m’éclaboussant de boue et de lumière.
Je ne le ferai pas.
Je vous laisse à vos buts. Le mien c’est la manière
Dont je pose mes pas.

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Clair-obscur
Traduction:
Editions: Points

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Un enfant tient un trésor entre ses mains (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Illustration: Edouard Boubat
    
Un enfant tient un trésor entre ses mains.
Un missel, une bille, un coquillage.
Il serre les mains si fort sur son bien qu’il le fait entrer sous ses ongles, dans ses veines, son cerveau,
le métamorphose en lumière dont l’enfant n’est plus lui-même qu’un accident bienheureux, comblé.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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ENTRE L’APPEL ET L’ÉCHO (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2022



Illustration
    
ENTRE L’APPEL ET L’ÉCHO

Entre l’appel et l’écho il se cache
Il se cache sous le givre des lettres
dans le désir des errants
Dans la vague
et entre les coquillages il se cache

Et quand le matin lui ferme ses portes et s’éteint
il tourne sa lanterne vers une montagne
que son désespoir a perdue et s’y réfugie

(Adonis)

Recueil: Chants de Mihar le Damascène suivi de Singuliers
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pluies de printemps (Buson)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022




    
pluies de printemps
sur la grève les coquillages
luisant

(Buson)

***

Recueil: Buson Haïku
Traduction: du japonais par Nobuko Inanura et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Oublier le coeur froissé du monde (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022




    

oublier le coeur froissé du monde
en des bras aimants
et joyeux

douceur de coquillage
et toutes questions tues

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Arsenal (Xavier Houssin)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2022


chuchotis

Je suis parti très tôt à la bibliothèque.

Les marches arrondies de l’escalier de pierre.
La main traînant la rampe.
Les portes silencieuses.

Pour fouiller dans les cendres.

Talc du temps
bois blond.
Opalines et fenêtres.

Et puis ce chuchotis
l’océan qu’on entend au fond des coquillages.

(Xavier Houssin)

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SYBILLE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



 

SYBILLE

Sybille descendit jusqu’au sel de la plage
D’où montaient des arbalètes d’ailes au del
Comme pour conjurer la fuite des nuages
Ou Sybille embrassa si belle l’arc-en-ciel

Elle trouva dans un coquillage des dunes
L’indiscernable murmure d’une rumeur
A peine plus que le silence de la lune
A peine moins que la musique de son coeur

Puis indécise elle réfléchit sur la plage
Au secret de la mer qui mêle ses labours
Et quand elle entendit parler le coquillage
Elle sut que c’était la voix de son amour

(Robert Goffin)

Illustration: William-Adolphe Bouguereau

 

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Jardin de la Rencontre (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



Jardin de la Rencontre

TU ES LA

Est-ce la folie qui me conduit vers l’impossible ?

Non, c’est une tendre évidence.

Je te reconnais, je te vois, tu es l’Amour de mon âme,
la lumière de ma vie.
Tu marches dans mon coeur comme tu marches en ce jardin
et la trace de tes pas dessine tant d’Amour
que le monde entier ne peut le contenir.

Tu t’approches de moi, mais ton regard est si doux et si fort
que je meurs en toi pour renaître en sa clarté.

Tu es VIVANT. Tu es mon cri, ma liberté, mon Amour.

Tu es là, tu étanches ma soif, MAINTENANT et pour l’éternité.
Tu me dis, je suis là, je suis ta soif et la Source Infinie.

Tu me dis, je ne meurs jamais, je suis la racine de ton coeur
et de tous les coeurs sur la terre lorsqu’ils s’éveillent à la beauté.

Tu me dis tout cela et ta voix me remplit comme un fleuve de feu,
comme une aube naissante et radieuse.

Tu me remplis de ta Présence, toi le Bien-Aimé divin
et la joie qui me soulève, soulève la terre et grandit jusqu’aux étoiles.

Comment le dire, oser y croire, le faire savoir ?

C’est trop intime, c’est trop immense, trop de pleurs,
trop de douceur et pourtant c’est l’océan tout entier qui balaie les résistances, emporte les barrages.
Peut-être une fleur, un oiseau, un coquillage pourra le dire bien mieux dans son langage.

Je n’ai pas de mots, je n’ai pas d’image, je n’ai rien pour le dire
et pourtant je voudrais le proclamer, le faire éclater avec le jour,
avec la nuit, avec la vie, avec cette joie qui jaillit de toute part.
Tu es là, tu rayonnes en secret et transfigures le monde.

En toi j’abandonne le fardeau de vouloir être ou ne pas être.
En toi je lâche les amarres et me voici perdue et retrouvée
au coeur battant d’un univers qui se crée sans limite et toujours au présent ;
un univers qui explose et se multiplie, terrassé de lumière,
un univers de feu embrasé de liberté.

Tu rayonnes partout, graine de soleil, semence d’infini,
désert étincelant calciné par l’Amour.

Je te vois, je te vis.
C’est si simple et je ne le savais pas.

(Marianne Dubois)

Illustration: William Bouguereau

 

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Tant de (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022



Tant de

Tant de fruits
Tant de mains pour les cueillir
Tant de jours pour vivre
Et de nuits pour rêver

Tant d’oiseaux qui se déplacent
Dans un ciel immobile
Tant de cailloux à lancer
À la surface de l’eau

Tant de vagues
Et de coquillages
Sur le sable humide
D’un rivage désert

Tant de clarté
Dans l’eau de la fontaine
Tant de vie cachée
Dans un regard muet
Et tant d’amour à partager.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Vladimir Kush

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Je t’ai trouvée (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022



Illustration: Marc Chagall
    
Je t’ai trouvée
ta voix suffit le monde s’ouvre
nous arracherons l’homme à son ombre
ensemble nous fermons les plaies.

Je reprends grâce à toi le souffle et la mesure
le coquillage d’eau est au creux de ta chair
il m’enseigne à rouler aussi vrai que la mer
les galets dans ma gorge
avant de les donner aux hommes qu’ils rassurent.

Ton regard se fait complice
des pierres et du soleil
pour une absence limpide.

Ta voix elle
comme un désir à l’approche du soir
trace pour me convaincre
des anémones sur le mur

(Jean Sénac)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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