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Poésie

Posts Tagged ‘corps à corps’

Alors passe, in-attendu, l’ange (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018


Plume

 

Non corps à corps
Mais âme à âme

N’annulant nullement chair et sang
N’évacuant ni source ni flamme

Laissant cependant circuler l’air
La brume, la vapeur, éclair et tonnerre

Bourrasque et averse, ardente déchirure…

De la vallée du manque montent à présent
Les choses par l’azur aspirées

La lumière envahit tout l’intervalle
Propageant haleine d’embruns et saveurs d’algues

Le lointain est l’envol des pétales
Eperdus de vent

Et le proche l’écho d’une louange
Au nid éclaté

Alors souffle le juste Vide médian
Alors passe, in-attendu, l’ange

(François Cheng)

 

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Je m’éveille et vois (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
je m’éveille et vois les lignes du noir
et je les touche en sommeil dans la main
elles se retournent en douceur d’épaules
. et leurs mains me parlent et elles viennent
et me parlent par jambes entrelacées et sommeil
. de toison et de ventre et chaleur
qui se retourne encore et qui vient
s’envelopper de moi-même et de soi
. à perte d’ombre sans vue et sans mot

car vous êtes âme du corps et jouissance
du sommeil et d’éveil et d’enveloppement
et dans le gris de nuit flamme et brûlure
. et joie cri abrupt et geste d’écart
dans les jambes et retour des bras et des bouches
langue contre langue et mot dans le mot
. pour ne pas dire qui flambe
corps à corps en nuit
car vous êtes forme du corps

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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OURAGAN D’ISLANDE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015



OURAGAN D’ISLANDE

Pas un tremblement de terre, mais des secousses célestes.
Turner aurait pu les peindre, une fois amarré.
Un gant solitaire venait de passer, en virevoltant, à des kilomètres de sa main.
Je peux me frayer un chemin dans ce vent contraire, jusqu’à cette maison de l’autre côté du champ.
J’ondoie dans l’ouragan. Je passe aux rayons X, le squelette remet sa lettre de démission.
La panique augmente, alors que je louvoie, que je chavire,
je chavire et je me noie sur la terre ferme!
Que cela pèse lourd, tout ce que soudain je dois porter,
qu’il est pénible pour un papillon de remorquer une péniche !
Enfin arrivé. Un dernier corps-à-corps avec la porte.
Et dedans maintenant. Dedans maintenant. Derrière la grande baie vitrée.
Quelle curieuse et grandiose invention que le verre –
de pouvoir être tout près, sans être concerné…
Dehors, une horde de sprinters diaphanes
s’élance, en grand format, sur la plaine volcanique.
Mais je n’ondoie plus. Je suis assis derrière le verre,
immobile, comme mon propre portrait.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: William Turner

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La bataille (Abû Bakr al-Balagî)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015




La bataille

Nous ne sommes plus en conflit avec rien ni personne.
Les vêtements épars
dans les muets recoins de cette chambre
témoignent
du corps à corps de la bataille.
A la lumière des feux vigiles
resplendissent les trophées.

(Abû Bakr al-Balagî)

Illustration

 

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Partir et rester (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2015



Là,
Partir et rester
Se définissent
Dans l’asymptote,
Le corps-à-corps.

(Guillevic)


Illustration

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