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Poésie

Posts Tagged ‘corps’

Nues (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017


hautecoeur-nuees-5

Aux imminentes nues
l’été se révèle transparence
De la chair fragrance
plus que le toucher aérienne

Par les brèches des ruines
arrivent les senteurs d’orage
Soif devenant don
hors-ciel dahlias du jour …

Aux imminentes nues
la terre soudain s’ouvre aux larmes
Proche du corps du coeur
pluie de pétales, extase d’étoiles

(François Cheng)

Illustration

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Tant de cœurs ont battu, déjà, sur cette terre (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Tant de cœurs ont battu, déjà, sur cette terre,
Et les petits objets blottis dans leurs armoires
Racontent la sinistre et lamentable histoire
De ceux qui n’ont pas eu d’amour sur cette terre.

La petite vaisselle des vieux célibataires,
Les couverts ébréchés de la veuve de guerre
Mon dieu ! Et les mouchoirs des vieilles demoiselles
L’intérieur des armoires, que la vie est cruelle !

Les objets bien rangés et la vie toute vide
Et les courses du soir, restes d’épicerie
Télé sans regarder, repas sans appétit

Enfin la maladie, qui rend tout plus sordide,
Et le corps fatigué qui se mêle à la terre,
Le corps jamais aimé qui s’éteint sans mystère.

(Michel Houellebecq)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Kalf Willem

 

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Le jour est passé. Je l’ai vu passer (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Le jour est passé. Je l’ai vu passer
sur le mur de la vieille maison, derrière la fenêtre.
Passé le jour.

Penser et repenser à toi : mais quoi ?
à ce que j’écris ici sur toi.

Je dois parler de moi à toi.
Le silence est inutile.
Te verrai-je demain ?

Tu es à nouveau avec moi derrière la fenêtre
remplie de feuilles. À la vue de mon corps tu commences
doucement à voir ton corps.

Ce qui passe n’est pas seulement l’hiver.
Le jour passe, meurt dans la fenêtre, je l’ai vu
passer, passé le jour.

(Israël Eliraz)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Charles Dwyer

 

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Incapable de nostalgie (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Incapable de nostalgie
J’envie le calme des vieillards
La petite mort dans leurs regards,
Leur air en deçà de la vie.

Incapable de m’imposer
J’envie la soif des conquérants
La simplicité des enfants,
La façon qu’ils ont de pleurer.

Mon corps tendu jusqu’au délire
Attend comme un embrasement
Un devenir, un claquement ;
La nuit je m’exerce à mourir.

(Michel Houellebecq)

découvert ici chez laboucheaoreilles

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Des refrains de simples couplets (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    

Des refrains de simples couplets

Des refrains de simples couplets
Flottent là-bas, à la dérive…
Délicatement sensitive
Ton âme est pleine de reflets.

Dans l’ombre, parmi les accords
Et les souffles de tubéreuse,
Resplendit, ô vierge amoureuse !
La flamme blanche de ton corps…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Désir d’Amour (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Carole Cousseau
    
Désir d’Amour

JE voudrais te dire des choses
Que nulle oreille n’entendit
Et sur ton sein cueillir les roses
Que nul encore ne cueillit

Pour tes yeux pleins de lueurs chaudes
Pour ton corps aux parfums subtils
Je voudrais trouver dans mes rôdes
Parmi la nuit d’autres myrtils

Car je sais qu’aucun homme encore
N’a goûté ton hautain baiser
O ton baiser ! le faire éclore
Sur tes lèvres, ô me griser !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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J’aime la beauté de tes yeux étincelants (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Marie Laurencin
    
J’aime la beauté de tes yeux étincelants,
Le ton de tes cheveux dorés et chatoyants,
Ton petit nez mutin, ton front de tubéreuse,
Ton profil gracieux, ta sveltesse onduleuse.

La blancheur de tes seins pareils aux monts neigeux
Se dresse fièrement pour provoquer les cieux,
Et tes mains aux longs doigts, savants en caresses,
Laborieusement prodiguent les ivresses.

Le rythme de ta voix me cajole et me plaît,
Ton esprit si divers m’amuse et me distrait.
L’ombre du duvet blond reflété sur tes lèvres
Brûle mon jeune sang d’intolérables fièvres ;

Ta grâce d’amoureuse inlassable pâlit,
Dans l’ardeur de l’alcôve et dans l’ombre du lit,
Ton corps voluptueux sous mes baisers tressaille.
Oh ! les coups de ton cœur dans la belle bataille !

(Paule Riversdale)

 

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Ô toi (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Marie Laurencin
    
Ô toi dont le beau corps est fait de volupté,
Toi, dont le clair regard séduit, affole et grise,
J’aime frôler et voir ta pâle nudité,
Et cueillir sur ta bouche une douceur promise ;

Me pâmer de bonheur et n’entendre aucun bruit ;
Oublier que j’existe et vivre dans un songe ;
Fermer les yeux, rêver, me perdre dans la nuit,
Quand l’écho des aveux ardemment se prolonge.

(Paule Riversdale)

 

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L’amour mouillé (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
L’amour mouillé

Ouvre-moi, je suis sans escorte,
Glacé, fourbu, les membres lourds,
Je t’implore, ouvre-moi ta porte,
O bonne âme, je suis l’Amour.

– Entre, voyageur, entre vite,
Pauvre enfant que l’ombre a noyé,
Pour te réchauffer, je ressuscite
La flamme éteinte à mon foyer.

Done ton carquois et tes flèches,
Ton arc, et, près de l’âtre doux,
Au flamboiement des branches sèches,
Amour, sieds-toi sur mes genoux,

Où ma main tendrement essuie
Ton corps par l’orage marri,
Ton aile que mouilla la pluie…
Que je t’aime d’être meurtri!

Que j’aime voir briller tes larmes
Et les boire à tes cils tremblants;
Combien ta souffrance a de charmes
Et qu’ils sont beaux tes pieds sanglants!

Quel étrange bonheur j’endure,
Triste enfant dans mes bras blotti,
A toucher du doigt tes blessures
Où ma caresse s’alentit.

Entr’ouvre ta lèvre féline
Au plus profond de mes baisers…
Mais, je sens contre ma poitrine
Ton dernier sanglot s’apaiser,

Comme une errante mélodie
Assourdit son ultime accord.
Amour, je sais ta perfidie
Et déjà, sous tes cheveux d’or,

Ton regard se dessille et guette,
Eteignant son désir sournois,
La plus “homicide sagette”
Emmy les dards de ton carquois.

Mais qu’elle est vaine ta traîtrise,
Amour, tant d’art est superflu,
Voici que mon coeur agonise
Pour s’être à ta douleur complu

Et la volupté m’a navrée
D’avoir vu tes larmes couler
Plus que tes flèches acérées,
O Dieu nu que j’ai consolé.

Tu ris et chausses ta sandale,
Oubliant le soir orageux;
Déjà sous le bandeau d’opale
Et dans son manteau vaporeux

L’aube t’attend par la saulaie
Adieu, mais crois que je jouis
Du mal que tu m’as fait, ma plaie
Comme un rosier s’épanouit;

Au vain bonheur que je dédaigne,
Je la préfère, sous mes pleurs
S’effeuille le rosier qui saigne
Et que m’importe si j’en meurs!

(Marie Dauguet)

 

 

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Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants
Par le rare portrait de ses grâces divines,
Frise de chrysoliths ses tempes ivoirines,
Fais de corail sa lèvre, et de perle ses dents ;

Fais ses yeux de cristal, y plaçant au dedans
Un cercle de saphirs et d’émeraudes fines,
Puis musse dans ces ronds les embûches mutines
De mille Amours taillés sur deux rubis ardents ;

Fais d’albâtre son sein, sa joue de cinabre,
Son sourcil de jayet, et tout son corps de marbre,
Son haleine de musc, ses paroles d’aimant ;

Et si tu veux encor que le dedans égale
Au naïf du dehors, fais-lui un corps d’opale,
Et que pour mon regard il soit de diamant.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: James Sant

 

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