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Poésie

Posts Tagged ‘corps’

Souvent (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




    
Souvent, sinon toujours,
J’ai cherché
A ne plus être moi-même,

Mais l’autre, tout l’autre
Plus moi-même.

C’est dans la joie de nos corps
Que l’aventure s’annonce.

Là, je t’aime
De tout notre soleil,

Nous nous aimons
De tous les soleils.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard
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Un soleil, un silence, une source (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Un soleil, un silence, une source
le vol transparent d’une libellule
l’ombre bleue où lézarde un parfum d’herbe rousse
tous les présents joyeux des canicules
désirés par les coeurs et par les brins de mousse
heureux mais alarmés de tant de chaleurs douces

et ma main solitaire se brûle
malgré l’amitié de l’eau fraîche
sur la pierre polie et sèche
au souvenir des vies offertes
et des corps qui désertent.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Tu ne désespéreras pas (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Tu ne désespéreras pas
Si je t’ai blessée
Ou si j’ai rejeté ton amour;
Il y a un amour plus grand que le mien
Qui te réconfortera
Qui posera sur toi des mains plus douces.
Je ne suis plus pour toi Amitié et Beauté;
Ton corps ne me réjouit plus,
Ni la splendeur de ta noire chevelure,
Mais je ne t’humilie pas;
Tu seras prise à nouveau avec douceur
Et réconfortée de tendre larmes;
Tu seras aimée suffisamment.

***

You shall not despair

You shall not despair
Because I have forsaken you
Or cast your love aside;
There is a greater love than mine
Which can comfort you
And touch you with softer hands.
I am no longer
Friendly and beautiful to you;
Your body cannot gladden me,
Nor the splendor of your dark hair,
But I do not humiliate you;
You shall be taken sweetly again
And soothed with slow tears;
You shall be loved enough.

(Dylan Thomas)

 

 

 

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Faire patience (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: ArbreaPhotos
    

Faire patience
laisser la main courir
au vide
là-devant
Laisser planer
déliée
la main
La nuit et moi
cherchons d’amitié
un corps toujours à venir

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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DESOLATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

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DESOLATION

Hors de nous meurent les choses.
Ecoute ainsi qu’un murmure
Sortir des chemins que tu n’as pas foulés,
Les maisons que tu n’as pas visitées,
Les fenêtres que tu n’as pas ouvertes,
Les fleuves sur qui tu ne t’es pas penché pour boire,
Les bateaux sur lesquels tu n’as pas navigué.

Hors de nous meurent les arbres que nous n’avons pas connus.

Le vent traverse les forêts dévastées,
Des animaux meurent d’anonymat et les oiseaux de silence.

Les corps meurent lentement d’abandon
Avec nos vieux vêtements dans les bahuts.
De solitude meurent les mains que nous n’avons pas serrées.
Et les rêves que nous n’avons pas eus meurent d’un manque de lumière.

Hors de nous commence la solitude de la mort.

(Georges Themelis)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Angoisse (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Angoisse

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d’un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l’incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M’a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d’aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Giuseppe Antonio Petrini

 

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Mélancolie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Olivier Valsecchi  i-dust-11-2009

Mélancolie.
Les corps se joignent et se vident dans le néant en éjaculant.
Les spasmes explosent aux bords des précipices.
Des gouttes de lucidité suintent de ton corps
lorsque tu en sors.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Olivier Valsecchi

 

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Ténèbres (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018




    
Ténèbres

Ton âme pleure le passé.
Laisse aller ta mélancolie
Qui ravive un amour lassé.
Élève-toi vers la folie.

C’est une clarté indécise,
Ce sont les dernières lueurs
D’un feu qui s’éteint, d’un bonheur
Qu’un souvenir trop pur excise.

C’est une musique céleste
Qui berce et berce et berce encore.
Mais cette harmonie est funeste
À celui qui n’a plus de corps.

Pleure ami, c’est un jour de deuil.
Si la mort frappe à la fenêtre
De ton coeur, montre le cercueil ;
Elle aura pitié de ton être.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Corps, que sais-tu de moi (José Ángel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Corps, que sais-tu de moi
pour ainsi me fixer
dans la mélancolie du soir,
tu me scrutes, tu penses, bouges
la tête où perdure l’insolite
l’air
de ce qui fut notre jeunesse.

Et maintenant
que la traversée s’annonce longue et qu’il n’est
rien, semblerait-il, à quoi nous ne fussions morts,
corps nu, dis-moi,
que sais-tu de moi pour ainsi me fixer
au bord obscur et effacé de cette mer.

***

Qué sabes, cuerpo, tú de mí
que así me miras
en esta tarde melancólica,
me escrutas, piensas, mueves
la cabeza donde insólito dura
el aire
de aquella nuestra juventud.

Y ahora
que la navegación se anuncia larga y nada
parecería haber que no hubiéramos muerto,
desnudo cuerpo, dime,
qué sabes tú de mí que así me miras
en la borrada orilla oscura de este mar.

***

What do you know, body, of me
that you look at me so
on this melancholy afternoon,
scrutinize me, think, move
your head where strangely remains
the air
of that our youth.

And now
that the navigation promises to be a long one and nothing
would seem as if we had not died,
naked body, tell me,
what do you know of me that you look at me so
on the erased dark shore of this sea.

(José Ángel)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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BEAU MARBRE… (René Ménard)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Beau marbre vieux bois que j’aime fibre à fibre
Fleurs qui donnez la jeunesse à mes lèvres
Laines où je m’enveloppe encore de mon enfance
Parfums qui suscitez des lumières dans mes yeux
Musique auréolant les arbres des jardins
Je vis! Je crois vivre! Des frères pleins d’aventure
Chantent à tue-tête sur les chemins de l’éternité
Des femmes de leur corps me font une patrie
Voici des pierres debout qui soulèvent des villes
Sérieuses de tous les gestes de la patience humaine
Et le passé des hommes
Comme la géographie de ma mémoire.

(René Ménard)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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