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Poésie

Posts Tagged ‘corps’

Un verre vide (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2020




    
Un verre vide

La coupe pleine du printemps était en vue
ça fait partie de mon corps
J’essaye de le boire
Mais quand j’ai essayé de le boire
Le verre était vide
Où est passée l’eau
En un rien de temps?
Est l’existence
pas plus qu’un verre d’eau?
C’est un mystère, c’est de la confusion
Qu’est-il arrivé?
Hier, j’étais ici en même temps
et rempli le verre
L’eau n’aurait-elle pas disparu
si j’étais resté ici?
Mon esprit était-il piégé dans le verre
Ou?

***

空杯子

盛满甘泉的杯子就在眼前
它是身体的一部分
当我喝它时水不见了踪影

仿佛舌尖在杯中做了一个梦
仅仅几秒,水去了哪里?
一只杯,它的存在,是迷,是惑?
其间发生了什么?

昨日还是此刻倒入水,我曾在此
或水不曾出现,我不在此
一直困在杯中的是我的思想?
还是其它——

Anna惠子

***

An Empty Glass

The cup full of the spring was in sight
it a part of my body
I try to drink it
But when i tried to drink it
The glass was empty
Where did the water go
In no time?
Is the existence
no more than a glass of water?
It’s a mystery, it’s confusion
What happened?
Yesterday, I was here at the same time
and filled the glass
Would the water not have disappeared
if I had remained here?
Was my mind trapped in the glass
Or?

(Anna Keiko)

Anna Keiko a remporté le prix littéraire italien Guido Gozzano 2020

 

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Je ne connais guère métaphore plus inspirante (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020



Illustration    
    
Je ne connais guère métaphore plus inspirante pour frôler le mystère de la création
que celle du noeud de la tradition hébraïque.
De quelle manière le visible est-il relié à l’invisible, le sacré au profane, le corps à l’âme ?
Par mille fils emmêlés les uns aux autres et réunis en un noeud.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Oh serons-nous toujours tenus (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2020




    
Oh serons-nous toujours tenus
aux frontières de nos corps?

cognant
cognant encore

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: Notre nom est une île
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Notre nom est une île (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2020



Illustration: Bruno Chevalier-Costard  
    
Notre nom est une île

Corps convenus au temps nous allons
sans réserve

Debout
Tout est à lire
Nous sommes dos au mur

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: Notre nom est une île
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Avec des gestes harmonieux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



Avec des gestes harmonieux
tes mains se promènent sur ton corps
quand tu te contemples nue
dans un miroir prude qui se trouble
et ton sourire épanoui
s’y étiole dans une image vaporeuse
qui dissout le léger mouvement de tes lèvres.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Jean-Baptiste Valadié

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Ciel livide (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020


Ciel livide

Une aube a éclairé ce lit où j’étais seul
Et j’avais enroulé le drap comme un linceul
Tout autour de mon corps, près de sa place vide
Et mes yeux en s’ouvrant ont vu un ciel livide.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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SONNET DES VAINS SOUVENIRS (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020




    
SONNET DES VAINS SOUVENIRS

Souvenirs, Souvenirs, tristes spectres des choses,
Sans étoffes de chair que vous voilà déchus!
Avec quelle rigueur me paraissent recluses
Vos formes de brouillard dans les registres clos!

Des vers inconsistants, d’insaisissables proses
Rendront-ils leur substance à vos êtres abstrus?
Aux implacables dieux, aux intraitables Muses,
Je réclame des corps et n’obtiens que des mots.

Ombres des jours perdus, par les Champs-Elysées
Vous avez beau mener vos mornes thalysies,
Vous avez beau vous tordre en un bal éploré.

Lorsque de nos amours nos mains sont dessaisies,
Vos ouates de vapeur, vos gazes irisées
Ne sont qu’un mince emplâtre au coeur endolori.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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RONDEAU DE LA VIE QUI SE RETIRE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2020



Illustration: Jérôme Royer
    
RONDEAU DE LA VIE QUI SE RETIRE

Démon Vital, toi qui dans ma jeunesse
Tenais bandés mes tendons résolus,
Précipitant vers amour et prouesse
Tout mon squelette aujourd’hui si perclus, —
De mes fols sens, de mon coeur chimérique
Combien de fois forças-tu les transports!
Combien de fois à travers tout mon corps
Ai-je senti ton fluide électrique,
Démon Vital!

Ô si longtemps dans ma boîte à cervelle
Toi qui soutins les pensers chevelus,
Et de ma jambe et de mon rein fidèle
Les bonds musclés et les combats râblus,
Tant que ton flot ruissela dans ma tête,
Tant que ton feu délia mes ressorts,
Beauté n’était ni palmes ni trésors
Dont mon ardeur n’entreprit la conquête,
Démon Vital!

Démon Vital, maintenant tu me quittes;
Dans mes vieux nerfs tes généreux influx
Ont espacé, puis cessé leurs visites,
Tes chauds courants ne me fréquentent plus.
A quel ennui ta retraite me livre!
De l’ancien souffle â peine un reste encor,
Oiseau blessé, volète dans mon for,
Et je me meurs de ne plus vouloir vivre,
Démon Vital.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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En toi ces amours que les morts ont laissées (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2020



en toi ces amours que les morts ont laissées
tu les enclos pour que le ciel ne les gagne
et les tue avec le bleu terrible des
saisons tu es seul
la pluie froide épaule
se charge de tous les toits tuiles oublis
laissant le vent des rues errer dans notre sang
alors nous crions de la douce douleur
d’être vivants avec des corps et des sommeils
toi tu es là dans la pire des nuits
préservant contre tout un éclat d’étoiles

(Jean-François Mathé)


Illustration: Sabin Balasa

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Au moment du bain (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2020



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Au moment du bain
Dans le creux de la source,
Une fleur de lis ;
N’est-il pas magnifique,
Le corps de mes vingt étés ?

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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