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Poésie

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Une sorte de repos (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



 

Une sorte de repos

Une sorte de repos
à regarder un ciel passant

Tout ce qui pèse fut relégué
Le désespoir pas de bruit dort sous la pluie

La Poésie est une Déesse
dont nous avons entendu parler

Son corps trop pur pour notre coeur
Dort tout dressé
Par bonheur c’est de l’autre côté

Nous n’entreprendrons pas maintenant
De lui voler des bijoux
qu’elle n’a pas étant nue.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Otto Theodore Gustav Lingner

 

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PALMIER (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Illustration

    

PALMIER

Corps archaïque de déesse,
avec sa jupe rayée.

Ô ananas couronné
d’aigrettes vertes.

Provoqué par les vents,
il ne cesse de danser.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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J’embrasse la joie (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    Illustration: Caroline Duvivier
    
J’embrasse la joie dans la forme
que l’instant a pris,
ton corps.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Ton corps et le mien (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017




    
Ton corps et le mien :
un fantôme
brûlant.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Le Rien (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



 

Gao Xingjian an

Le Rien

J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité
Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences
A ses fougues du présent
A ses forces d’espérance
Au contenu des heures
J’y ai cru tellement cru
Aux couleurs éphémères
Aux bienfaits de l’aube
Aux largesses des nuits
Oubliant que plus loin
Vers les courbures du temps
L’explosion fugace
Ne laissera aucune trace
De nos vies consumées
Et qu’un jour notre Planète
A bout de souffle
Se détruirait

(Andrée Chedid)

Illustration: Gao Xingjian

 

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L’ART D’AIMER (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



 

L’ART D’AIMER

Si tu veux sentir le bonheur d’aimer, oublie ton âme,
C’est l’âme qui gâte l’amour.
En Dieu seul, elle peut trouver satisfaction,
Jamais en une autre âme.
En Dieu seul — ou hors du monde.

Les âmes sont incommunicables.

Laisse ton corps s’entendre avec un autre corps.

Les corps s’entendent, les âmes non.

(Manuel Bandeira)

Illustration

 

 

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CONCERT DANS LE JARDIN (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



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CONCERT DANS LE JARDIN

Il a plu.
L’heure est un oeil immense.
En elle nous marchons comme des reflets.
Le fleuve de la musique
entre dans mon sang.
Si je dis : corps, il répond : vent.
Si je dis : terre, il répond : où?

S’ouvre, fleur double, le monde :
tristesse d’être venu,
joie d’être ici.

Je marche perdu en mon propre centre.

(Octavio Paz)

 

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Vestiges (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



 

Vestiges

L’hémisphère austral. Et sous son algèbre
d’étoiles toutes ignorées par Ulysse,
un homme cherche et cherchera toujours
les vestiges de cette épiphanie
qu’il a connue, il y a tant d’années,
derrière le numéro d’une porte
d’hôtel, près de l’incessante Tamise
qui coule comme coule l’autre fleuve,
celui du temps, subtil, élémentaire.
La chair oublie ses chagrins et ses joies.
L’homme attend, puis il rêve. Vaguement
il retrouve des situations banales.
Le prénom d’une femme, une blancheur,
un corps maintenant sans visage, l’ombre
d’une soirée sans date, la pluie fine,
quelques fleurs de cire sur du marbre
avec les murs, leur couleur rose pâle.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: Jean Luc Lebourdier

 

 

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AMOUR NOCTURNE (Xavier Villaurrutia)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

Maria Amaral_5310

AMOUR NOCTURNE

On entend celui qui nage dans cette piscine d’ombre
je ne comprends pas pourquoi mes bras ne se blessent pas
par ta respiration je suis l’angoisse du crime
et tu tombes dans le piège tendu par le rêve
Tu conserves dans tes yeux le nom de ton complice
mais je trouve tes paupières plus dures que le silence
et plutôt que de la partager je tuerais la jouissance
de te livrer au sommeil les yeux fermés
je souffre de sentir avec quelle joie ton corps cherche
le corps qui triomphe sur toi plus que le sommeil
et je compare la fièvre de tes mains
avec mes mains de glace
et le tremblement de tes tempes confondu avec mon pouls
et le plâtre de mes cuisses avec la peau des tiennes
que l’ombre gruge avec son incurable lèpre
Je sais quel est le sexe de ta bouche
et ce que cache l’avarice de ton aisselle
et je maudis la rumeur qui inonde le labyrinthe de ton oreille
sur l’oreiller d’écume
sur la dure page de neige
Ça n’est pas que le sang fuit de moi comme la flèche de l’arc
c’est plutôt que la colère circule dans mes veines
jaune d’incendie en pleine nuit
et tous les mots dans la prison de la bouche
et une soif qui dans l’eau du miroir
satisfait sa soif par une soif identique
De quelle nuit je m’éveille à cette nuit nue
longue et cruelle nuit qui n’est déjà plus nuit
près de ton corps plus mort que mort
qui n’est déjà plus ton corps mais plutôt son vide
parce que l’absence de ton rêve a tué la mort
et parce que mon froid est si grand qu’avec une nouvelle chaleur
il ouvre mes yeux là où l’ombre est la plus dure
et la plus claire et plus lumineuse que la lumière elle-même
et ressuscite en moi ce qui n’a jamais été
et c’est une douleur inespérée et encore plus de froid et de feu
n’être plus que la statue qui s’éveille
dans l’alcôve d’un monde où tout est mort

(Xavier Villaurrutia)

Illustration: Maria Amaral

 

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DOMINUS DOMINO (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



 

DOMINUS DOMINO

L’eau qui affleure entre les saules invente un abîme d’étoiles.
L’espace à y rêver je le déploie et il m’obsède.
Mon songe crée ce vide où il s’aggrave.
Ma profondeur me montre en moi mon défaut
mais je suis sa borne en elle,
nous nous sommes étrangers corps à corps.

[…]

Paroles et brises se font de plus en plus impalpables.
La clarté s’amenuise sans une ombre.
Exister s’exténue comme un hymne. Mon absence
me pleure de joie dans les mains.

(Jean Grosjean)
Illustration: ArbreaPhotos

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