Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘corps’

Les mains n’ont pas une place (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration
    
Les mains n’ont pas une place.
Le corps n’en a pas non plus
et même la pensée en est peut-être privée.

Mais les mains s’avancent
et cherchent à trouver la pensée
afin d’installer ensemble
l’espace d’une nouvelle conjonction.

Les mains alors cessent
de remuer le monde
et trouvent le lieu de l’attente.

Chaque chose ne peut attendre
que d’un unique lieu.

***

Las manon no tienen un lugar.
Tampoco lo tien el cuerpo
y quizá ni el pensamiento lo tien.

Pero las manos se adelantan
y van a buscar al pensamiento
para instalar juntos
el espacio de una nueva conjunción.

Las manon dejan entonces
de revolver el mundo
y hallan el sitio de la espera.

Cada cosa sólo puede esperar
desde un único sitio.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle parlait autrement que nous tous (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



 

Charles Edward Perugini  f3_b

Elle parlait autrement que nous tous,
d’autres choses d’ici, mais jamais dites
avant qu’elle ne les eût dites. Elle était tout :
Nature, amour et livre.

Comme l’aurore, toujours,
elle commençait de façon imprévue,
si loin de tout ce que l’on rêve !
Toujours, comme midi,
elle arrivait à son zénith, d’une manière
insoupçonnée,
si loin de tout ce que l’on raconte !
Comme le crépuscule, toujours,
elle se taisait d’une façon inconcevable,
si loin de tout ce que l’on pense !

Si loin, si près
de moi son corps ! Son âme,
si loin, si près
de moi!
… Nature, amour et livre.

***

Hablaba de otro modo que nosotros todos,
de otras cosas de aquí, mas nunca dichas
antes que las dijera. Lo era todo:
Naturaleza, amor y libro.

Como la aurora, siempre,
comenzaba de un modo no previsto
¡tan distante de todo lo soñado!
Siempre, como las doce,
llegaba a su cenit, de una manera
no sospechada,
¡tan distante de todo lo contado!
Como el ocaso, siempre,
se callaba de un modo inesperable,
¡tan distante de todo lo pensado!

¡Qué lejos y qué cerca
de mí su cuerpo! Su alma,
¡qué lejos y qué cerca
de mí!
… Naturaleza, amor y libro.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Charles Edward Perugini

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA MUSIQUE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Dariusz Branski

LA MUSIQUE

Non, ne la fais pas naître,
car elle a un corps et une âme,
comme une femme ; ne crée pas
la mort en la créant ; laisse
sa nudité dans la sérénité
— sans existence — du piano !

Non, non ; qu’elle ne dresse pas
son beau corps sur le crépuscule,
pour retomber ensuite, sous l’immense
noirceur de sa chevelure libre !

***

LA MÚSICA

¡No la hagas nacer,
que tiene cuerpo y alma,
igual que una mujer; no seas
creador de la muerte con crearla; deja
su desnudez en la serenidad
—no existente— del piano!

¡No, no; que no levante
su cuerpo hermoso en el crepúsculo,
para luego caer, bajo la inmensa
negrura de su abierta callebera!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Dariusz Branski

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

IMMORTALITÉ (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Koloman Moser the-light

 

IMMORTALITÉ

Toi, parole de ma bouche, animée
de ce sens que je te donne,
tu deviens mon corps avec mon âme.

***

INMORTALIDAD

Tú, palabra de mi boca, animada
de este sentido que te doy,
te haces mi cuerpo con mi alma.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Koloman Moser

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le jour, l’étrange c’est le ciel (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Yannick Bouchard -   - (6)

Le jour, l’étrange c’est le ciel ;
la nuit, la terre est l’étrange.
L’un et l’autre me cherchent,
oh corps, oh âme !

Le jour, c’est la terre qui est en fleur ;
la nuit, en fleur, c’est le ciel.
L’un et l’autre me trouvent,
ô âme, ô corps !

***

De día, el estraño es el cielo;
de noche, es la tierra la estraña.
Iguales me buscan,
¡oh cuerpo, oh alma!

De día, la tierra es la en flor;
de noche, el en flor es el cielo.
Iguales me encuentran,
¡oh alma, oh cuerpo!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Yannick Bouchard

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RUE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Dorina Costras resentimente1_mare_inset

RUE

Dans l’obscurité d’en bas, un vague fiacre
— pavé humide et profus ! —
qui, diffus, fait demi-tour,
s’en va, sans présence et sans poids,
sans existence, comme
défait dans la cendre des morts.

D’un balcon sans lumière encore,
une forme noire fait un signe d’adieu
à celle qui part — à cette heure ? —

Celle qui part— vagues couleurs mates —
n’a-t-elle pas de corps ?
C’est un costume de bal masqué,
d’un néant qui s’en va, en fiacre, vers un rêve.

***

CALLE

Por la oscuridad de abajo, un simón vago
—¡adoquinado húmedo y profuso!—,
que da, difuso, la vuelta,
va, sin presencia ni peso,
sin existencia, como
deshecho en el cenizo de los muertos.

De un balcón aún sin luz,
despide un bulto negro
a la que parte —&a esta hora ?—

La que parte — vagos colores mates—
¿no tiene cuerpo?
Es un traje de máscara
de una nada que va, en simón, a un sueño.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration; Dorina Costras

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vol le plus pur (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Illustration: Henri Matisse
    
Le vol le plus pur n’est pas toujours
à l’origine des choses.
Après la chute,
le vol est plus vol encore,

son aile va vers rien ou vers tout
et la beauté qui se brise
est plus de beauté encore.
Ainsi en témoigne le jour.
La lumière naissante
copie seulement la transparence.

Lorsque cette lumière se fracture,
la transparence trouve son corps complet.

La même chose se produit avec la nuit.
L’ombre commence toujours par imiter la mort,
mais au centre vivant de l’ombre
pousse une branche obscure
que la nuit préserve
comme si elle était un chant.
Et à son extrémité la plus lente
il y a une fleur faite de mots.

Après la chute
s’achèvent les différences
entre la nuit et le jour.

Nuit-jour de ce qui veille sans cesse.

***

No siempre el vuelo mas puro
está en el origen de las cosas.
Después de la caida
el vuelo es más vuelo,
su ala va hacia nada o hacia todo,
y la belleza que se rompe
es todavía más belleza.

Así lo prueba el día.
La luz recién nacida
sólo copia la transparencia.

Cuando esa luz se quiebra
la transparencia balla su cuerpo íntegro.

Lo mismo ocurre con la noche.
La sombra comienza siempre por imitar a la muerte,
pero en el centro vivo de la sombra
crece una rama oscura
que la poche preserva
como si fuera un canto.
Yen su extremo más lento
hay una flor hecha de palabras.

Después de la caída
cesan las diferencias
entre la noche y el dia.

Nochedía de lo siempre despierto.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un corps m’est échu (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Un corps m’est échu : qu’en ferai-je enfin,
Tellement unique et tellement mien ?

La douce joie de vivre et respirer,
D’où me vient-elle, et qui en remercier ?

Étant fleur et jardinier à la fois,
Je ne suis seul dans la geôle ici-bas.

Et sur la vitre de l’éternité
Ma chaude haleine a pu se déposer.

Ses empreintes, comme des ornements,
Déjà se déchiffrent malaisément.

Que l’instant s’envole avec la buée !
Mon cher dessin, rien ne peut l’effacer.

***

Дано мне тело — что мне делать с ним,
Таким единым и таким моим?

За радость тихую дышать и жить,
Кого, скажите, мне благодарить?

Я и садовник, я же и цветок,
В темнице мира я не одинок.

На стекла вечности уже легло
Мое дыхание, мое тепло.

Запечатлеется на нем узор,
Неузнаваемый с недавних пор.

Пускай мгновения стекает муть —
Узора милого не зачеркнуть!

(Ossip Mandelstam)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: (La) Pierre
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’existe qu’un chemin (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Il n’existe qu’un chemin :
Celui de ta main légère ;
Comment trouver autrement
Le pays qui m’est si cher ?

Pour que je vogue sans heurt
Vers mon rivage là-bas,
porte ta main vers mes lèvres
Et ne la retire pas.

Les doigts minces sont tremblants
Et le corps frêle s’anime —
Mon esquif glisse au-dessus
Des eaux, de leur calme abîme.

***

(Ossip Mandelstam)

 

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RECHERCHE (Verónica Aranda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



Illustration: Elena Kotliarker
    
RECHERCHE

J’ai cherché dans ton corps les guirlandes de la soif

le sentier de grenadiers repeuplé
avec les écureuils gris du silence,
un coucher de soleil violet
ou cette décision rapide

qui disparaît à nouveau sur les chemins de la méditation.

***

IN CERCA

Ho cercato nel tuo corpo le ghirlande della sete,
il sentiero delle melagrane
ripopolato con gli scoiattoli grigi del silenzio,
un qualche tramonto color malva,
o quella decisione rapida
che va scomparendo nei sentieri del meditare.

***

BÚSQUEDA

Yo buscaba en tu cuerpo las guirnaldas de sed,
la senda de granados repoblada
con las ardillas grises del silencio,
algún poniente malva
o aquella decisión a corto plazo
que se va meditando en los caminos.

***

CĂUTARE

Eu căutam în trupul tău ghirlande, din sete,
cărarea pomilor de rodii, revizitați
de veverițe cenușii, de prin tăceri
un apus oarecare, vioriu
și-acea decizie pe termen scurt
care pornește, meditând, la drum.

***

SUCHE

In deinem Körper suchte ich die Girlanden des Durstes,
den Pfad der Granatapfelbäume,
wiederbelebt mit den grauen Eichhörnchen der Stille,
einen malvenfarbenen Sonnenuntergang
oder jene schnelle Entscheidung
die auf den Wegen der Meditation wieder verschwindet.

***

ZOEKEN

Ik zocht in jouw lichaam de guirlandes van de dorst
het pad van granaatappelbomen herbevolkt
met de grijze eekhoorns van stilte,
een paarse zonsondergang
of die snelle beslissing
die op de wegen van de meditatie weer verdwijnt.

***

SEARCH

I searched in your body for the garlands of thirst,
for the path of pomegranates
revived by the grey squirrels of silence,
for a mauve sunset,
or that rapid decision
that fades away in the alleys of meditation.

***

ΕΡΕΥΝΑ

ψαξα στο κορμί σου για τη γιρλάντα της δίψας
για το μονοπάτι του ρογδιού
που αναγέννησαν τα γκρίζα σκιουράκια της σιωπής
για το μενεξελί ηλιοβασίλεμα
ή τη βιαστική απόφαση
που σβύνεται στο δρομάκι του διαλογισμού

***

寻 找

我在你身上寻找渴望的花环,
因为石榴之路
被沉默的灰松鼠唤醒,
因为淡紫色的日落,
或者快速的决定
逐渐消失在冥想的小巷里。

***

PENCARIAN

Aku mencari kalungan dahaga dalam tubuhmu,
demi laluan buah delima
dihidupkan kembali dek tupai-tupai kelabu yang sepi,
demi senja merah senduduk,
atau keputusan pantas
yang lenyap dalam lorong meditasi.

***

LA RICERCA

Circaiu ntô to corpu ghirlandi di siti,
na vanedda di granati ripopulata
di li grigi scuiattuli dû silenziu,
quacchi cuddata di suli malva
o dda decisioni ca dura picca
ca si va miditannu ntra lu caminu.

***

POSZUKIWANIA

Szukałam w twoim ciele girland pragnienia
ścieżki wśród granatowców, na nowo zarośniętej
szarych wiewiórek milczenia
pewnego liliowego zachodu słońca
tamtej chwilowej decyzji
by rozważać drogi rozstania

(Verónica Aranda)

 

Recueil: Cortes de luz
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Italien Wolfgang Klinck – Luca Benassi / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Allemand Wolfgang Klinck / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Wolfgang Klinck / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Malaisien Dr. Raja Rajeswari Seetha Raman / Sicilien Gaetano Cipolla / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Editions: Rialp

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :