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Posts Tagged ‘corsage’

CÉRÉMONIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2019



Henri Bruel_Le Rêve d'un Etrange Mariage- [800x600]

CÉRÉMONIE

La cérémonie
commença avec une lenteur composée
mais le vin provoqua des colères inhumaines
un bouquet tomba d’un corsage
l’entame d’une brioche
le soir vira au sombre
des corps s’étreignirent sous les lampes
un souffle pur monta de la terre
des portraits impassibles
aux murs souriaient.
Prisonniers de leur matière exploitée
des objets d’autrefois
se brisèrent au grand jour
du lendemain sur la terre fertile.

(Jean Follain)

Illustration: Henri Bruel

 

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CHEMIN DES RONCES (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019



    
CHEMIN DES RONCES

I
Mon amour mon amour
je t’appelle sans répit
je te donne des noms inutiles
des noms sans magie
des noms qui n’éclatent pas
comme un mauvais fruit

Mon amour si mal appris
mon détour ma belle eau sale
mon corsage de l’été
déserté par le désir

Tout est toujours à renoncer
à partir d’une larme
le cri de l’oiseau
l’honneur du pain bis
le fruit qui séduit
le pli de la nappe

Et toi mon amour
mon oeillet de soufre
ma nuit qu’il faudrait refaire
pour donner une chance au soleil.

II
Cette larme si terrible
que j’ai serrée dans un mot
maintenant elle déclenche
tous les jeux de l’océan

Dieu connaît le sang des choses
il séduit le naufragé
avant que j’aie dérobé
cette mémoire frivole
il avait planté un cèdre
dans mon coeur pour le nouer

Regarde ce puits confident
cette larme si terrible
ce voile de Véronique
où j’ai préservé ton nom.

III
Poète des chaos
des amours fous des épines
d’un royaume sans pitié
d’un visage sans appel

Par le sacre de la mort
je retrouve l’innocence
je justifie la parole
j’en fais une eau amicale.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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De tout notre monde ensoleillé (Edith Södergran)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
De tout notre monde ensoleillé
Je ne désire qu’un banc de jardin
Où un chat se chauffe au soleil…
C’est là que je m’assoirais,
Une lettre dans mon corsage,
Une seule petite lettre.
Tel est mon rêve…

(Edith Södergran)

 

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Vagabondages (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018




Illustration


Vagabondages

J’ai trahi ma solitude
En la divulguant

Je vois mourir le soleil
Et déchiffre les fenêtres
Où la clarté se dégrade
L’herbe pave le sol

Poussé par des vents
Qui se heurtent aux branches
Aux murs
Et au ciel impassible
Où s’ancrent des nuages
Aux cargaisons de pluie
Je traverse la nuit
À la recherche d’un matin éternel.
Légères
Des brumes flottent
Sur les bois de Vauréal
Et s’accrochent aux arbustes

La colline dégrafe son corsage de verdure

J’arrache des feuilles et des herbes
Et les froisse entre mes mains
Quand je les ouvre le paysage s’échappe
Et l’horizon tremble
Du regard je caresse la colline
Qui s’alanguit

Voyageur du silence
Je coupe le cordon qui me retient à la ville
Et soulève le poids de la boue à mes semelles

La route se déroule sous la poussière
Et je marche sur des cailloux pointus
Pour épouser le mouvement coloré des champs

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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BRETAGNE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018




BRETAGNE

Elle me rappelle un bout de saucisse
Fumée dans la cheminée
Un morceau de lard bien gras
La soupe épaisse du matin
Dans la marmite noire
Une poignée de châtaignes
Et des pommes cuites sous la cendre
Une bolée de cidre bien gouleyant
Des galettes de blé noir
Baignées de beurre salé
Des sardines frites sur le gril
Elle me rappelle la pluie ravinant le granit
Le vent hurlant sur la lande
Un calvaire à la croisée des chemins
Elle me rappelle les filles
Au corsage bien garni
Qu’on roulait dans la paille
Quand majestueuse
La batteuse ronronnait dans l’ombre du soir
Et que le travail de la terre
Exaltait la fraternité des hommes
Elle me rappelle des fermes blotties derrière des haies
Des chemins creux des embuscades d’antan
Des prés minuscules
Où broutaient des vaches placides
Au museau toujours humide
Elle me rappelle dans sa chaumière
Une fille qui te ressemblait
Derrière sa machine à coudre

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

 

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La mouette (Arthur Haulot)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



La mouette

La mouette, la mouette
n’est pas une pomme blette
ce n’est pas un canard blanc
qui aurait pris trop d’élan
C’est une fille volage
qui a le vent dans son corsage.

(Arthur Haulot)

Illustration

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Ombres (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration
    
Ombres

Si j’ouvre ton corsage
je retrouve dans l’ombre
dans l’odeur d’un feuillage
ces deux lourdes oranges
je me souviens des branches qui pliaient
de l’horizon marin qui tournait sous la route
de cet ancien miroir d’une mer en automne
tout piqué d’îles
des îles noires comme tes pointes
terres seins oranges
en paix en naissance
en renaissance dans ma chance
mon corps d’oranges d’îles et de mer.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Primevère et Perce-neige (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



Primevère et Perce-neige

—Primevère! Primevère! réveille-toi!
—Qui m’appelle?
—C’est Perce-Neige, ton ami, qui a froid et qui voudrait se réchauffer à ton haleine!
—Pourquoi ai-je dormi si longtemps! Il fait si bon respirer la brise printanière,
voir l’herbe verte, sentir la tiède odeur des bourgeons,
se mirer dans le clair ruisseau!
—Sans moi tu dormirais encore, c’est à moi que tu dois
les sourires de cette riante matinée d’avril.
Si tu savais comme tu es jolie dans ton petit corsage blanc,
comme tes joues sont fraîches,
comme tu t’inclines gracieusement sous la brise qui t’effleure!
Penche vers moi ta corolle, et laisse-moi te donner un baiser.
—Le printemps n’aime pas l’hiver; la jeunesse n’aime pas la vieillesse.
Tu vas mourir et tu parles d’aimer!
—Mes forces se sont épuisées à percer les dures neiges de l’hiver;
mais ton parfum me ranime, Primevère; l’amour me fera revivre.
—N’entends-tu pas dans l’air comme un battement d’ailes invisibles?
Il arrive le jeune Zéphire;
c’est lui que je veux aimer, c’est lui qui aura mon premier baiser.
—J’ai fleuri jusqu’à ce jour malgré la glace; je sens venir le printemps;
me faudra-t-il mourir sans entendre le doux chant des oiseaux,
sans sentir la chaleur vivifiante du soleil et de l’amour!
—Les vieillards ne sont faits ni pour le soleil ni pour l’amour;
l’air chaud du printemps et des passions brise leur poitrine débile.
Malheur à celui qui aime trop tard!

Pendant qu’elle parlait, Zéphire planait sur la Primevère;
haleine et parfum, tout se confondit.
Le vent, ému de ce baiser, passa sur la tête du Perce-Neige;
il mourut tué par la première brise.

(J.J. Grandville)

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LE RETOUR (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE RETOUR

Je revenais de la guerre en grand vainqueur,
et de sa fenêtre elle devait me jeter la rose rouge.
Vingt batailles de gagnées, douze blessures,
deux pays conquis, des trésors, des drapeaux.
Elle a gardé la rose rouge â son corsage.
Ce ne serait pas pour cette jambe de bois quand même !

(Norge)

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Adieux (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



Dame au corsage en dentelle
A la simple jupe écossaise,
Depuis que vous êtes partie
Le vide dans la maison
Blesse toute pensée. En votre présence
Le temps coulait, paisible, ancré
A un sourire, mais l’absence
A déséquilibré l’amour, désamarré
Les jours. Ils roulent et rebondissent
Au travers du calendrier
Tanguant sous le doux son
De votre voix tendre comme une fleur.
Le besoin de vous se brise sur ma grève;
Vous êtes partie, je suis à la dérive.
Jusqu’à ce que vous repreniez la barre
Mon être est en révolte.

(Seamus Heaney)

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