Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘corset’

Renouveau (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Renouveau

Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre

Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

REQUIESCAT (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



REQUIESCAT

Va doucement, elle est là
Sous la neige qui gîte,
Et peut entendre, parle bas,
Pousser les marguerites.

Ses clairs cheveux d’or
Ternis de rouille,
Elle si jeune et belle encor,
Que la poussière souille.

Blanche comme neige et comme lys pure
Elle ne savait même pas
Qu’elle était femme tant lui furent
Douces les années qu’elle passa.

Planche de bois, dalle de pierre,
Corset d’un trou,
Ma douleur est solitaire,
Elle dort dessous.

Silence, silence, elle ne peut entendre
Le son des lyres ou des sonnets,
C’est avec elle sur ma vie que je vais tendre
Ce voile de terre abandonné.

***

REQUIESCAT

Tread lightly, she is near
Under the snow,
Speak gently, size can hear
The daisies grow.

All her bright golden hair
Tarnished with rust,
She that was young and fair
Fallen to dust.

Lily-like, white as snow,
She hardly knew
She was a woman, so
Sweetly she grew.

Coffin-board, heavy stone,
Lie on her breast,
I vex my heart alone,
She is at rest.

Peace, peace, she cannot hear
Lyre or sonnet,
All my life’s buried here,
Heap earth upon it.

(Oscar Wilde)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’homme (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration: Claude Hardenne
    
L’homme est un pendentif au cou de la reine,
mais quand le désir fait craquer les coutures,
le corset s’ouvre et l’armure se fend:
le sexe de l’homme s’épanouit alors en queue de paon.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’air la prend par la taille (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration: Pierre Corratgé
    
L’air la prend par la taille
Le reste amoureux lui souffle les joues
Un tourneur peu visible achève ses bras
L’entour règle sa ronde sur ses hanches

Elle transpose la douceur dont les murs sont capables
Les choses s’arrangent comme ses femmes de chambre
Elle resserre la douceur dont sont capables les couleurs

Sa taille est l’horizon ses jambes les chemins ses bras le ciel
Sa taille la lisière ses bras la perspective
Le vide lui fait des ailes
Les couleurs ses habits préparés sur les chaises son corset attentif

Le monde est son danseur

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VILAIN GAS ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LE VILAIN GAS !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui dansez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Au temps des contes de grand’mères,
C’était un rustaud si laid,
Si laid, si pauvre, et si bête
Que, pour danser dans les fêtes,
Nulle fille n’en voulait !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez par couples roses,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Ses vingt ans murmuraient des choses
Et son cœur n’était point sourd.
Il en eut telle souffrance
Qu’il mourut, un soir de danses,
Au son des crincrins d’amour.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui savez les baisers tendres,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Le vieux sonneur alla descendre
Son méchant corps au tombeau.
Mais du froid cercueil de planches
Son cœur, au temps des pervenches,
Monta vers l’amour nouveau.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui passez, les gais dimanches,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Son âme prit corps de pervenche…
Et, comme une fille allait
Vers les danses coutumières,
Cueillit la fleur printanière
Pour la mettre à son corset…

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !…

(Gaston Couté)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AUX CHOSES LENTES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




AUX CHOSES LENTES

Blasons, prenons le temps de vous bien déchiffrer
prenons le temps de tout compter
et de lire l’écriture fine
que modela la belle inconnue
un jour qu’elle était pâle et nue.
Dans un monde touffu se mêlent
les frissons de la maladie
les armes de la médisance
le visage du laboureur
l’éclat de l’amour inconnu
et les yeux bleus du travailleur
celui au front couvert de signes
s’appuyant au bras de sa fille
portant le poids de sa beauté
traquée à l’abri du corset
femme au regard rejoignant
la douceur d’une feuille qui tremble.

(Jean Follain)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON DE LA ROSE (Duc de Rosalex)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017




    
CHANSON DE LA ROSE

Elle s’ouvrira la Rose fermée,
Son parfum troublant s’épandra dans l’air,
Sitôt que la nuit chassant le jour clair,
Emplira d’amour l’alcôve fermée !

C’était un bouton tremblant sous le doigt,
Caché sous les brins d’une mousse folle;
C’était un bouton dont l’Amour raffole,
Lui seul doit l’ouvrir du bout de son doigt.

Les oiseaux chanteurs guettant l’aube rose,
Les ruisseaux jaseurs se taisent, pour voir
La métamorphose ; — ils veulent savoir
Comment d’un bouton on fait une Rose !

L’Amour s’est penché sur le frais bouton,
Sa lèvre le baise et son doigt l’effleure !
De l’étroit corset il va tout à l’heure,
Ôter chaque agrafe et chaque bouton !

Puis d’une divine et blanche rosée,
Il va l’inonder amoureusement…
Et le frais bouton va fiévreusement,
Boire, en s’entr’ouvrant, ce flot de rosée !

Et toutes les voix du joyeux matin,
En voyant la fleur fraîche, épanouie,
Diront : « Ta candeur s’est évanouie;
Bouton cette nuit, Rose ce matin !

(Duc de Rosalex)

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’andalouse (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



isabelle-jacq-gamboena-bailando-con-las-olas3gfccv-800x600

L’andalouse

Avez-vous vu, dans Barcelone,
Une Andalouse au sein bruni ?
Pâle comme un beau soir d’automne !
C’est ma maîtresse, ma lionne!
La marquesa d’Amaëgui !

J’ai fait bien des chansons pour elle,
Je me suis battu bien souvent.
Bien souvent j’ai fait sentinelle,
Pour voir le coin de sa prunelle,
Quand son rideau tremblait au vent.

Elle est à moi, moi seul au monde.
Ses grands sourcils noirs sont à moi,
Son corps souple et sa jambe ronde,
Sa chevelure qui l’inonde,
Plus longue qu’un manteau de roi !

C’est à moi son beau col qui penche
Quand elle dort dans son boudoir,
Et sa basquina sur sa hanche,
Son bras dans sa mitaine blanche,
Son pied dans son brodequin noir !

Vrai Dieu ! Lorsque son oeil pétille
Sous la frange de ses réseaux,
Rien que pour toucher sa mantille,
De par tous les saints de Castille,
On se ferait rompre les os.

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe, les seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus !

Et qu’elle est folle dans sa joie,
Lorsqu’elle chante le matin,
Lorsqu’en tirant son bas de soie,
Elle fait, sur son flanc qui ploie,
Craquer son corset de satin !

Allons, mon page, en embuscades !
Allons ! la belle nuit d’été !
Je veux ce soir des sérénades
A faire damner les alcades
De Tolose au Guadalété

(Alfred de Musset)

 Illustration: Isabelle Jacq Gamboena

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Tortue (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



 

La Tortue

Je suis tortue et je suis belle,
Il ne me manque que des ailes
Pour imiter les hirondelles,
Que ? Que ?

Mon élégant corset d’écaille
Sans boutons, sans vernis, ni mailles
Est exactement à ma taille.
Ni ? Ni ?

Je suis tortue et non bossue,
Je suis tortue et non cossue,
Je suis tortue et non déçue.
Eh ? Non ?

(Robert Desnos)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je salue et souris en passant (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



A dix heures du matin la jeune femme
va et vient en robe de chambre derrière
les murs de bois de la maison de son mari.
Je passe solitaire en voiture.

Puis elle revient au bord de la route
pour appeler le marchand de glace, le poissonnier, et debout
timide, sans corset, elle range
des mèches rebelles, et je la compare
à une feuille tombée.

Les roues silencieuses de ma voiture
avancent et font craquer
les feuilles sèches je salue et souris en passant.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »