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Poésie

Posts Tagged ‘cortège’

Eveille les bois (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



Eveille les bois
Du pays voisin

Est-ce le printemps
Qui cherche son nid
Sur la haute branche
Où niche la pie ?

C’est mon coeur marqué
Par d’anciennes pluies
Et ce lent cortège
D’aubes qui le suit.

(René-Guy Cadou)


Illustration: Olga Guyot

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QUAND L’HIVER (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Illustration: Alexeї Kondratievitch Savrassov
    
QUAND L’HIVER

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

Un vieux cheval au loin tire un traîneau grinçant
Sous la neige un chemin dont je suis le passant.

Dans le dernier recoin de ciel illuminé
Un bouquet de lueurs tristement s’est fané.

Voici qu’un blanc désert s’étend à l’horizon
Au loin je vois semés quelques toits de maisons;

Là-bas un hameau dort, enfoui sous la neige,
La maison juive où les sentiers vont en cortège.

Simple maison, pourtant les fenêtres sont larges,
Moi l’aîné des enfants je revois mon village ;

Voilà mon cercle étroit, petit monde tranquille
Une fois par quinzaine on se rend à la ville

Et l’on rêve en silence à de plus vastes plaines,
Pistes, routes là-bas, enneigées et lointaines.

Les pleurs cachés au fond des coeurs comme des gemmes
Ou des grains attendant vainement qu’on les sème.

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES DEUX CORTEGES (Joséphin Soulary)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



 

Corinna Wagner_paintings_GERMANY (14) [1280x768]

LES DEUX CORTEGES

Deux cortèges se sont rencontrés à l’église.
L’un est morne : il conduit le cercueil d’un enfant ;
Une femme le suit, presque folle, étouffant
Dans sa poitrine en feu le sanglot qui la brise.

L’autre, c’est un baptême ! au bras qui le défend
Un nourrisson gazouille une note indécise :
Sa mère lui tendant le doux sein qu’il épuise,
L’embrasse tout entier d’un regard triomphant !

On baptise, on absout, et le temple se vide.
Les deux femmes, alors, se croisant sous l’abside,
Echangent un coup d’œil aussitôt détourné ;

Et – merveilleux retour qu’inspire la prière –
La jeune mère pleure en regardant la bière,
La femme qui pleurait sourit au nouveau-né !

(Joséphin Soulary)

Illustration: Corinna Wagner

 

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FUGUE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018




FUGUE

plus haut
parlez plus haut
les morts
soufflez dans l’infini
plus haut
dans le secret de votre nuit

plus haut
la semence des anges
plus haut
le ciel et les mains pleines
plus haut
l’immensité du noir
plus haut
parlez plus haut
les morts
parlez pour prendre corps
plus haut
parlez pour prendre coeur

plus haut
le cortège des ombres
plus haut
les fables du naufrage
plus haut
la pulpe du désordre
plus haut
parlez plus haut
les morts
dans la sève de votre vertige
plus haut
votre pluie d’espace

plus haut
ce ressac de tendresse
plus haut
cet iris de solitude
plus haut
ce souffle de pierre meurtrie

plus haut
parlez plus haut
les morts
pour renverser notre sommeil
plus haut
pour prêter l’oreille au sans fond

plus haut
les oiseaux du vide
plus haut
les pièges à mélancolie
plus haut
le coeur du couchant

plus haut
parlez plus haut
les morts
pour inciser le monde
plus haut
pour agrandir le temps

plus haut
vos lèvres de baptême
plus haut
vos étoiles de fatigue
plus haut
votre blessure d’horizon

plus haut
parlez plus haut
les morts
inlassablement
plus haut
dans la montagne des signes

(Zéno Bianu)

Illustration: Siegfried Zademack

 

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L’ATTENTE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018


 


L’ATTENTE

Les années passaient. Auguste ne voyait rien venir.
Les saisons allaient leur bonhomme de train,
et la main sur les yeux, Auguste, l’attentif, guettait leurs longs cortèges.
Sable des nuits, vents et marées, jus dans les vignes, Auguste et son attente.
Il ne voyait rien venir.
Mais au fond, dit Auguste, un soir de canicule,

au fond, qu’est-ce que j’attends ?

(Norge)


Illustration: Odilon Redon

 

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LA SANDALE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA SANDALE

De ce cortège aux masques éclatants,
Lucien n’avait rien retenu,
— et presque rien écouté de ces musiques difficiles à croire.
Mais la sandale d’une fille,
— une sandale changea pour toujours la qualité de ses rêves.

(Norge)

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Les comédiens (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018



    
Les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent

Les comédiens ont installé leurs tréteaux
Ils ont dressé leur estrade et tendu des calicots
Les comédiens ont parcouru les faubourgs
Ils ont donné la parade à grand renfort de tambour
Devant l’église une roulotte peinte en vert
Avec les chaises d’un théâtre à ciel ouvert
Et derrière eux comme un cortège en folie
Ils drainent tout le pays les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent

Si vous voulez voir confondus les coquins
Dans une histoire un peu triste où tout s’arrange à la fin
Si vous aimez voir trembler les amoureux
Vous lamenter sur Baptiste ou rire avec les heureux
Poussez la toile et entrez donc vous installer
Sous les étoiles où le rideau va se lever
Quand les trois coups retentirent dans la nuit
Ils vont renaître à la vie, les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent

Les comédiens ont démonté leurs tréteaux
Ils ont ôté leur estrade et plié les calicots
Ils laisseront au fond du cœur de chacun
Un peu de la sérénade et du bonheur d’Arlequin
Demain matin quand le soleil va se lever
Ils seront loin et nous croirons avoir rêvé
Mais pour l’instant ils traversent dans la nuit
D’autres villages endormis les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens qui arrivent

Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens…

(Charles Aznavour)

 

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J’irai à la clairière (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018




J’irai à la clairière accueillir
Sortant de l’épaisseur du bois
le cortège des jeunes filles.

(Ezra Pound)

Illustration

 

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L’ENTERREMENT (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



L’ENTERREMENT

Il y a six hommes pour porter la bière ;
un mort, c’est plus lourd qu’un vivant ;
le cortège va lentement
sur le chemin du cimetière.

Lorsque le pasteur a eu fini la prière,
le mort était sorti, les femmes étaient sorties aussi,
les femmes s’étaient mises à pleurer.
On avait voulu les consoler,
mais elles n’en pleuraient que plus fort,
à cause du mort,
dans les escaliers.

Il y a six hommes pour porter la bière ;
un mort, c’est plus lourd qu’un vivant
le cortège va lentement
sur le chemin du cimetière.

C’est un vieux. N’est-ce pas ? les vieux
qui passent leur temps au coin de leur feu,
ça doit s’attendre à s’en aller,
mais c’est dur quand même, et c’est dur pour eux
et puis pour la femme.

A présent il pleut, il fait de la boue,
on est arrivé, le trou est creusé,
le fossoyeur est à côté,
les gens se sont découverts,
on met le cercueil sur la fosse,
le cercueil descend, les cordes grincent,
la terre en tombant sonne creux,

et les gens s’en vont se mouchant
avec leur mouchoir sur les yeux,
parce que, de voir ça, ça remue.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Illustration: Pablo Picasso

 

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PROVINCES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



PROVINCES
A Fernand Derôme.

Les dieux de bois sur les cités
Ouvrent des ailes vermoulues.
Je porte en moi de longs soirs gris
Brouillés de province et d’ennui.
Loin de la ville des luthiers
Bragards et valétudinaires,
J’erre à travers mon vieux Poitiers
Bossué comme une taupinière.
Maisons étales de sommeil
Et cathédrales englouties
Sous les vagues longues du temps.
Toute cette mélancolie
S’enfle comme un beau soir de fête,
Eclaire une rose parfaite
A l’ombre lasse d’un clocher.
Je porte aussi le lion des Flandres
Martelé de coups de soleil
Et le haut beffroi non pareil
Où tournent sans fin les corneilles.
Je porte en moi des cris d’oiseaux,
Je porte en moi des vols de cloches,
Et les perles des carillons,
Et des frairies et des ducasses,.
Et des assemblées d’accueillage.
Je porte en moi de clairs villages,
D’autres aux murs poreux de lave,
Des cortèges de mariages
De longs enterrements sans fin.
Je porte en moi ma propre fin
Et mon silence, et mon courage…

(Maurice Fombeure)


Illustration: William Lamboley

 

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