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Ils m’ont précipité dans la vie (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2020




    
Ils m’ont précipité dans la vie, avec des milliers d’autres,
Comme, dans les crématoires d’Auschwitz,
Les nazis jetaient les cadavres.
Mais nous, le feu nous a rendus incandescents
Comme des barres de métal,
Comme de rouges lianes
Jaillies des laminoirs,
Comme des gerbes de flammes
Giclant hors du volcan,
Embrassant l’azur avec quelle ardeur !
Nous avons lapidé de mots déflagrants notre époque,
Abattant le bois desséché, vermoulu,
Et nous avons comblé plus d’un marais nauséabond.
Souvent aussi nous avons fait naufrage
Dans de bien tristes solitudes,
Enserrés dans les frontières du Cosmos,
Mais la vie de nouveau et toujours nous accueille
A bras ouverts :
« Vous, les miens, venez à moi ! »

(Mihai Beniuc)

 

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LES RUINES DE MEXICO (ÉLÉGIE DU RETOUR) (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

LES RUINES DE MEXICO
(ÉLÉGIE DU RETOUR)

1
Absurde est la matière qui s’écroule,
la matière pénétrée de vide, la creuse.
Non : la matière ne se détruit pas,
la forme que nous lui donnons se désagrège,
nos oeuvres se réduisent en miettes.

2
La terre tourne, entretenue par le feu.
Elle dort sur une poudrière.
Elle porte en son sein un bûcher
un enfer solide
qui soudain se transforme en abîme.

3
La pierre profonde bat dans son gouffre.
En se dépétrifiant, elle rompt son pacte
avec l’immobilité et se transforme
en bélier de la mort.

4
De l’intérieur vient le coup,
la morne cavalcade,
l’éclatement de l’invisible, l’explosion
de ce que nous supposons immobile
et qui pourtant bouillonne sans cesse.

5
L’enfer se dresse pour noyer la terre.
Le Vésuve éclate de l’intérieur.
La bombe monte au lieu de descendre.
L’éclair jaillit d’un puits de ténèbres.

6
Il monte du fond, le vent de la mort.
Le monde tressaille en fracas de mort.
La terre sort de ses gonds de mort.
Comme une fumée secrète avance la mort.
De sa prison profonde s’échappe la mort.
Du plus profond et du plus trouble jaillit la mort.

7
Le jour devient nuit,
la poussière est soleil
et le fracas remplit tout.

8
Ainsi soudain se casse ce qui est ferme,
béton et fer deviennent mouvants,
l’asphalte se déchire, la ville et la vie
s’écroulent. La planète triomphe
contre les projets de ses envahisseurs.

9
La maison qui protégeait contre la nuit et le froid,
la violence et l’intempérie,
le désamour, la faim et la soif
se transforme en gibet et en cercueil.
Le survivant reste emprisonné
dans le sable et les filets de la profonde asphyxie.

10
C’est seulement quand il nous manque, qu’on apprécie l’air.
Seulement quand nous sommes attrapés comme le poisson
dans les filets de l’asphyxie. Il n’y a pas de trous
pour retourner à la mer d’oxygène
où nous nous déplacions en liberté.
Le double poids de l’horreur et de la terreur
nous a sortis
de l’eau de la vie.

Seulement dans le confinement nous comprenons
que vivre c’est avoir de l’espace.
Il fut un temps
heureux où nous pouvions bouger,
sortir, entrer, nous lever, nous asseoir.

Maintenant tout s’est écroulé. Le monde
a fermé ses accès, ses fenêtres.
Aujourd’hui nous comprenons ce que signifie
cette terrible expression : enterrés vivants.

11
Le séisme arrive et devant lui plus rien
ne valent les prières et les supplications.
Il naît de son sein pour détruire
tout ce que nous avons mis à sa portée.
Il jaillit et se fait reconnaître à son oeuvre atroce.
La destruction est son unique langage.
Il veut être vénéré parmi les ruines.

12
Cosmos est chaos, mais nous ne le savions pas
ou nous n’arrivions pas à le comprendre.
La planète descend-elle en tournant
dans les abîmes de feu glacé ?
Tourne-t-elle ou tombe-t-elle cette terre ?
Le destin de la matière est-il dans cette chute infinie ?

Nous sommes nature et rêve. C’est pourquoi
nous sommes ce qui descend toujours :
poussière dans les airs.

(José Emilio Pacheco)

Illustration

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Ma vie diffuse et vaporeuse (Henry Thoreau)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Ma vie diffuse et vaporeuse devient pareille
aux feuilles et aux aiguilles de givre
qui étincellent comme des joyaux sur les herbes
et les chaumes par un matin d’hiver…
Par la simplicité communément appelée pauvreté,
ma vie se concentre et s’organise, devient cosmos
de masse amorphe qu’elle était.

(Henry Thoreau)

 

 

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Personne (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



Personne jamais n’habitera les maisons
alignées sur ce terrain d’exposition
où tremblent des cosmos

(Tawara Machi)

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Le cosmos (Kiyosaki Toshio)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



Il assiège
la porte de la cuisine –
le cosmos

(Kiyosaki Toshio)

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Le sommeil (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Le sommeil

La nuit nous dicte sa tâche magique.
Détisser les mailles de l’univers,
les ramifications inépuisables
des effets et des causes, qui se perdent
dans ce vertige insondable, le temps.
La nuit exige que cette nuit même
tu oublies ton nom, ton sang, tes ancêtres,
chaque parole humaine et chaque larme,
ce que la veille a pu te révéler,
le point illusoire des géomètres,
la ligne, le cube, la pyramide,
et plan, sphère, cylindre, mer et vagues,
ta joue sur l’oreiller et la fraîcheur
du drap neuf…
les empires, les César et Shakespeare
et, plus difficile, ce que tu aimes.
Étrangement un comprimé pourra
gommer le cosmos, créer le chaos.

(Jorge Luis Borges)

 

 

 

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Il faut oser faire le grand bond (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie,
[…]
il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes […]

il faut oser faire le grand bond dans le cosmos :
alors la vie devient infiniment riche,
elle déborde de dons, même au fond de la détresse

(Etty Hillesum)

 

 

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Extase (Pierre Kara)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Tout dans le Cosmos est naturel.

Suis l’étoile, tu ne risques pas de dévier.

Ici et maintenant
préoccupe-toi de l’Essentiel
Etre en Communion.

Extase

Une rose à ton corsage
Un sourire sur tes lèvres
Un mystère dans tes yeux

Une caresse à ta bouche
Une folie sur tes seins
Un souffle dans tes entrailles

Amour, offre tes plaisirs
sur la plage de nos corps
joue au flux et au reflux

Mais sublime notre extase
aux frontières de nos âmes
pour que fleurisse
l’Amour
la Joie
la Vie

(Pierre Kara)

Illustration: Ragen Mendenhall

 

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MONK EN SON SILENCE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
MONK EN SON SILENCE
pour Yves Buin

Corps et cosmos synchronisés —
la musique naît en moi
sans arrêt

*

Présence absente
absence présente —
un imprécision qui tombe pile

*
Je flotte en dansant —
je rends
plus élégante

*

Chantiers d’énigmes
plénitudes ambrées —
je suis le maître de la dislocation

*

Une musique espiègle —
au beau milieu
d’un champ de ruines

*

Sentinelle de l’insondable —
d’une seule pièce
parce que démembré

*

Je joue au dépourvu —
j’appartiens
à la lignée du murmure farouche

*

D’espace en espace —
aspiré
par un seul point de beauté

*

Silence —
le fakir en sueur
rentre dans sa coquille d’absolu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Qu’est ce qu’un baiser ? (Jacques Salomé)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Qu’est ce qu’un baiser ?

Un souffle, une douceur légèrement humide,
la palpitation de deux lèvres,
un élan de tendresse ou d’amour déposé au coin d’une joue,
d’une lèvre ou même sur tout le corps de l’autre.

Un instant arrêté aussi éphémère que la rosée d’une émotion.
Un baiser c’est comme le clin d’œil d’une étoile
dans l’immensité du cosmos ;
c’est bon comme la mie d’un pain doré par l’amour.

Aussi la vie d’un baiser est-elle très courte,
même si chaque baiser paraît contenir chaque fois
une part d’éternité.

(Jacques Salomé)

 

 

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