Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cosmos’

Personne (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



Personne jamais n’habitera les maisons
alignées sur ce terrain d’exposition
où tremblent des cosmos

(Tawara Machi)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Le cosmos (Kiyosaki Toshio)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



Il assiège
la porte de la cuisine –
le cosmos

(Kiyosaki Toshio)

Posted in haïku, humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Le sommeil (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Le sommeil

La nuit nous dicte sa tâche magique.
Détisser les mailles de l’univers,
les ramifications inépuisables
des effets et des causes, qui se perdent
dans ce vertige insondable, le temps.
La nuit exige que cette nuit même
tu oublies ton nom, ton sang, tes ancêtres,
chaque parole humaine et chaque larme,
ce que la veille a pu te révéler,
le point illusoire des géomètres,
la ligne, le cube, la pyramide,
et plan, sphère, cylindre, mer et vagues,
ta joue sur l’oreiller et la fraîcheur
du drap neuf…
les empires, les César et Shakespeare
et, plus difficile, ce que tu aimes.
Étrangement un comprimé pourra
gommer le cosmos, créer le chaos.

(Jorge Luis Borges)

 

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il faut oser faire le grand bond (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie,
[…]
il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes […]

il faut oser faire le grand bond dans le cosmos :
alors la vie devient infiniment riche,
elle déborde de dons, même au fond de la détresse

(Etty Hillesum)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Extase (Pierre Kara)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Tout dans le Cosmos est naturel.

Suis l’étoile, tu ne risques pas de dévier.

Ici et maintenant
préoccupe-toi de l’Essentiel
Etre en Communion.

Extase

Une rose à ton corsage
Un sourire sur tes lèvres
Un mystère dans tes yeux

Une caresse à ta bouche
Une folie sur tes seins
Un souffle dans tes entrailles

Amour, offre tes plaisirs
sur la plage de nos corps
joue au flux et au reflux

Mais sublime notre extase
aux frontières de nos âmes
pour que fleurisse
l’Amour
la Joie
la Vie

(Pierre Kara)

Illustration: Ragen Mendenhall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

MONK EN SON SILENCE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
MONK EN SON SILENCE
pour Yves Buin

Corps et cosmos synchronisés —
la musique naît en moi
sans arrêt

*

Présence absente
absence présente —
un imprécision qui tombe pile

*
Je flotte en dansant —
je rends
plus élégante

*

Chantiers d’énigmes
plénitudes ambrées —
je suis le maître de la dislocation

*

Une musique espiègle —
au beau milieu
d’un champ de ruines

*

Sentinelle de l’insondable —
d’une seule pièce
parce que démembré

*

Je joue au dépourvu —
j’appartiens
à la lignée du murmure farouche

*

D’espace en espace —
aspiré
par un seul point de beauté

*

Silence —
le fakir en sueur
rentre dans sa coquille d’absolu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES RUINES DE MEXICO (ÉLÉGIE DU RETOUR) (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



 

LES RUINES DE MEXICO
(ÉLÉGIE DU RETOUR)

1
Absurde est la matière qui s’écroule,
la matière pénétrée de vide, la creuse.
Non : la matière ne se détruit pas,
la forme que nous lui donnons se désagrège,
nos oeuvres se réduisent en miettes.

2
La terre tourne, entretenue par le feu.
Elle dort sur une poudrière.
Elle porte en son sein un bûcher
un enfer solide
qui soudain se transforme en abîme.

3
La pierre profonde bat dans son gouffre.
En se dépétrifiant, elle rompt son pacte
avec l’immobilité et se transforme
en bélier de la mort.

4
De l’intérieur vient le coup,
la morne cavalcade,
l’éclatement de l’invisible, l’explosion
de ce que nous supposons immobile
et qui pourtant bouillonne sans cesse.

5
L’enfer se dresse pour noyer la terre.
Le Vésuve éclate de l’intérieur.
La bombe monte au lieu de descendre.
L’éclair jaillit d’un puits de ténèbres.

6
Il monte du fond, le vent de la mort.
Le monde tressaille en fracas de mort.
La terre sort de ses gonds de mort.
Comme une fumée secrète avance la mort.
De sa prison profonde s’échappe la mort.
Du plus profond et du plus trouble jaillit la mort.

7
Le jour devient nuit,
la poussière est soleil
et le fracas remplit tout.

8
Ainsi soudain se casse ce qui est ferme,
béton et fer deviennent mouvants,
l’asphalte se déchire, la ville et la vie
s’écroulent. La planète triomphe
contre les projets de ses envahisseurs.

9
La maison qui protégeait contre la nuit et le froid,
la violence et l’intempérie,
le désamour, la faim et la soif
se transforme en gibet et en cercueil.
Le survivant reste emprisonné
dans le sable et les filets de la profonde asphyxie.

10
C’est seulement quand il nous manque, qu’on apprécie l’air.
Seulement quand nous sommes attrapés comme le poisson
dans les filets de l’asphyxie. Il n’y a pas de trous
pour retourner à la mer d’oxygène
où nous nous déplacions en liberté.
Le double poids de l’horreur et de la terreur
nous a sortis
de l’eau de la vie.

Seulement dans le confinement nous comprenons
que vivre c’est avoir de l’espace.
Il fut un temps
heureux où nous pouvions bouger,
sortir, entrer, nous lever, nous asseoir.

Maintenant tout s’est écroulé. Le monde
a fermé ses accès, ses fenêtres.
Aujourd’hui nous comprenons ce que signifie
cette terrible expression : enterrés vivants.

11
Le séisme arrive et devant lui plus rien
ne valent les prières et les supplications.
Il naît de son sein pour détruire
tout ce que nous avons mis à sa portée.
Il jaillit et se fait reconnaître à son oeuvre atroce.
La destruction est son unique langage.
Il veut être vénéré parmi les ruines.

12
Cosmos est chaos, mais nous ne le savions pas
ou nous n’arrivions pas à le comprendre.
La planète descend-elle en tournant
dans les abîmes de feu glacé ?
Tourne-t-elle ou tombe-t-elle cette terre ?
Le destin de la matière est-il dans cette chute infinie ?

Nous sommes nature et rêve. C’est pourquoi
nous sommes ce qui descend toujours :
poussière dans les airs.

(José Emilio Pacheco)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qu’est ce qu’un baiser ? (Jacques Salomé)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



Qu’est ce qu’un baiser ?

Un souffle, une douceur légèrement humide,
la palpitation de deux lèvres,
un élan de tendresse ou d’amour déposé au coin d’une joue,
d’une lèvre ou même sur tout le corps de l’autre.

Un instant arrêté aussi éphémère que la rosée d’une émotion.
Un baiser c’est comme le clin d’œil d’une étoile
dans l’immensité du cosmos ;
c’est bon comme la mie d’un pain doré par l’amour.

Aussi la vie d’un baiser est-elle très courte,
même si chaque baiser paraît contenir chaque fois
une part d’éternité.

(Jacques Salomé)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dormir (Amado Nervo)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



Dormir

Ce que j’ai, ami, c’est un profond
désir de dormir …
Sais-tu ? Le Sommeil
est un état de divinité.
Celui qui dort est un Dieu…

Ce que j’ai,
mon ami, c’est un grand désir de dormir
Le Sommeil est dans la vie le seul monde
à nous, car la veille nous plonge
dans l’illusion commune, dans l’océan
de ce qu’on nomme RÉALITÉ, Éveillés,
nous voyons la terre, l’eau, l’air, le feu,
les créatures éphémères… Endormis,
chacun est dans son monde ;
hermétique, fermé aux yeux étrangers,
aux étrangères âmes ; chaque esprit file
son propre rêve (ou sa vérité : qui sait !)

même l’être le plus adoré
ne peut entrer avec nous par la porte
de notre sommeil. L’épouse même,
qui partage ton lit
et l’entend dialoguer avec les fantômes
qui creusent leurs sillons dans ton esprit
tandis que tu dors, ne pourrait,
quelle que fût ton angoisse,
franchir le seuil de ce monde,
de TON MONDE merveilles des ombres.

Oh, bienheureux ceux qui dorment !
Pour eux s’éteint chaque nuit,
avec toute leur douleur, l’univers
quotidien que crée notre esprit.
Comme ils éteignent leur lumière s’éteint le COSMOS.

Le pire châtiment est la veille :
l’insomnie est exil
du meilleur paradis …

Ne trouble donne pas ma paix par tes discours,
ami : tu es savant,
mais mon sommeil l’est davantage… Éloigne-toi !
Je ne veux nulle gloire, nul héritage :
ce que j’ai, ami, c’est un profond
désir de dormir…

(Amado Nervo)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES RATURES DU FEU (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



LES RATURES DU FEU

Durant ces mois obscurs, ma vie n’a scintillé que lorsque
je faisais l’amour avec toi.
Comme la luciole qui s’allume et s’éteint, s’allume et
s’éteint – nous pouvons par instants suivre son chemin
dans la nuit parmi les oliviers.

Durant ces mois obscurs, ma vie est restée affalée et inerte
alors que mon corps s’en allait droit vers toi.
La nuit, le ciel hurlait.
En cachette, nous tirions le lait du cosmos, pour survivre.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Leonid Afremov

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :