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Poésie

Posts Tagged ‘cosse’

Seul le grain de chaque objet nourrit (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Seul le grain de chaque objet nourrit;
Où est celui qui arrache la cosse pour toi et moi?
Où est celui qui déjoue stratagèmes et enveloppes pour toi et moi?

(Walt Whitman)

 

 

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Je parle (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration    
    
Je parle

Je parle
non je nage dans le sang
non je marche sur les toits
non je siffle dans la mer
non je joue de la raison
c’est la neige qui m’enroule
c’est la glace qui me griffe
des lueurs et des lumières
non je souffle sur mes manches
tant de craie qui nous salit
tant de bleu qui m’envahit
non je dors dans la prairie
non je branche des rêves
non je parle
devant des têtes qui s’alignent
devant du sable qui m’écoute
qui me file entre les doigts
des galets qui ont compris
des filets qui s’en balancent
devant la mer qui me regarde
oui je parle
je souffle du vent je siffle du chant
six étoiles qui sommeillent
j’ouvre ma cosse adieu les graines
c’est l’heure
rangez vos livres.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Petite pluie (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Yves Ogier
    
Petite pluie. Une vallée sans nom sur la carte.

Exotisme tout familier
d’une cosse
lâchant sur le sentier sa lourdeur de grains noirs.

Juments bleuies d’herbage jusqu’au ventre.

Rien, trois fois rien,

mais en nous
une paix
balbutie.

C’est rare de ne pas trembler
quand le temps
traverse
tout le temps
notre corps.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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REGARD PERÇANT LE SOL (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2016




REGARD PERÇANT LE SOL

Le soleil blanc s’écoule dans le smog.
La lumière s’égoutte, elle descend à tâtons

jusqu’à mes yeux qui reposent sous terre
loin sous la ville et regardent vers le haut,

voient la ville d’en bas : les rues, les fondations –
rappellent les vues d’avion d’une ville en temps de guerre,

bien qu’à l’envers – une photo de taupe :
des carrés de silence aux teintes assourdies.

C’est là que les décisions se prennent. Le squelette des morts
qu’on ne distingue en rien de celui des vivants.

La lumière du soleil augmente de volume, se répand
dans les cabines des avions et dans les cosses des pois.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Quand tous mes cinq sens champêtres (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2016



 

Quand tous mes cinq sens champêtres verront,
Les doigts oublieront les pouces verts et sauront
Comment, à travers l’oeil végétal de leur croissant de lune,
La cosse de jeunes étoiles et le zodiaque de la main,
L’amour dans son gel est rogné par l’hiver,
Les oreilles murmurantes verront l’amour se dissiper
Comme rumeur de tambour, de la brise, de la coquille
A une plage dissonante
Et fouettée de syllabes, la langue-lynx crier
Que ses blessures amoureuses guérissent avec amertume.
Mes narines voient sa respiration brûler comme un buisson.

Mon unique et noble coeur a des témoins
Dans toutes les contrées de l’amour, qui s’éveilleront
A tâtons; et quand le sommeil aveugle gouttera
Sur mes sens espions, le coeur sera sensuel
Même quand toutes mes cinq paupières se briseront.

(Dylan Thomas)

 Illustration: Jan Brueghel le vieux

 

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