Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘couchant’

ÉPILOGUE (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



ÉPILOGUE

L’automne était la seule divinité
Elle renaissait
préparant la mort
Soleil couchant
qui dorait les feuilles sèches

Et comme les générations des feuilles
sont les humains

A présent nous nous en allons
mais cela n’a pas d’importance
parce que d’autres feuilles
verdiront sur la même branche
Face à ce triomphe
de la vie perpétuelle
peu importe
notre misère morte
Ici nous fûmes
habitant chez les morts
et nous nous perpétuerons
dans la chair et le sang
de ceux qui arrivent

***

EPILOGÓ

El otoño era la única deidad
Renacía
preparando la muerte
Sol poniente
que doraba las hojas secas

Y como las generaciones de las hojas
son las humanas

Ahora nos vamos
pero no importa
porque otras hojas
verdecerán en la misma rama
Contra este triunfo
de la vida perpetua
no vale nada
nuestra misera muerte
Aquí estuvimos
habitando en los muertos
y seguiremos
en la carne y la sangre
de los que lleguen

(José Emilio Pacheco)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOLEIL COUCHANT (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOLEIL COUCHANT

Les rayons obliques du soleil
scintillent sur les perles des rideaux.
Les fleurs du printemps resplendissent sur les rives.
Un parfum enivrant.
monte des jardins,
le long du fleuve.
Sur les chalands immobiles
s’allument les feux
pour le repas du soir.
Les moineaux piailleurs
bataillent farouchement
dans les branches.
Une nuée d’insectes a envahi la cour.
Qui a inventé ce vin trouble ?
Un seul verre suffit
à dissiper mille chagrins !

(Du Fu)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AU SOLEIL COUCHANT (Chansons populaires)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
AU SOLEIL COUCHANT

Au soleil couchant
je sors devant ma porte
et la vois passer,
visage plein de douceur,
le long de la joue
une mèche charmante…
Un parfum léger
flotte dans la rue…

(Chansons populaires)

Six dynasties 221-558

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉLÉGIE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
ÉLÉGIE

Quel jardin habitent les vertes adolescentes ?
Quand elles chantent, leurs voix sont pures comme le cristal des collines ;
dans le silence du soir, quelle blanche obscurité les recouvre ?

Le prétexte du poème les poursuit.
Il leur donne l’éternité d’un chemin forestier,
en automne, parmi les troncs qui blanchissent.

Il entend leurs rires d’oiseaux
dans leur fièvre de partir.
La nuit tombe plus tôt.
Les champs ont abandonné l’écho des eaux,
le murmure indistinct d’un dieu.

Même un regard attentif ne reconnaît pas,
en ces fleurs piétinées par le couchant,
les lèvres que l’ombre a tues.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SERPENT (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




Illustration: Alphonse Osbert
    
SERPENT

La mélancolie enseigne que le trait définit tout,
depuis l’émotion du visage
jusqu’à la montagne au soleil couchant.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la barque oubliée (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021



Illustration: James Jacques Joseph Tissot
    
Dans la barque oubliée,
le fil des reflets
nous emporte le
long des rives
aux verts contrastés.

Jaillissent des boutons rosés,
curieux, par milliers,
tendus vers le bleu du ciel.
Avec urgence
ils froissent leurs pétales de soleil.
Les friselis des arbres fleurissent
retiennent leur rire
devant le vert franc
des nuages de canopée bien taillés.

bambous
bambous noirs
bambous
bambous droits
pulse le vert tendre

A travers les entrelacs des branches
la transparence s’apprivoise.
Elle verdit
au plus près des nervures,
le grand écart de la sève
qui n’attend plus.

Lumière à ne plus savoir
à voguer sur l’instant
à fermer nos paupières chlorophylles.

Les pierres ont guidé nos errances.
Le pont moussu n’a pas arrêté notre barque
et sans cesser
la lumière douce du couchant
nous berce encore dans son sillage.

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jadis, la Seine était verte et pure (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    
À mes jeunes camarades, aux équipiers du Club nautique de Chatou

Jadis, la Seine était verte et pure à Saint-Ouen,
Et, dans cette banlieue aujourd’hui sale et rêche,
J’ai canoté, j’ai même essayé de la pêche.
Le lieu semblait alors champêtre. Que c’est loin !

On dînait là. Le beurre, au cabaret du coin,
Était rance, et le vin fait de bois de campêche.
Mais les charmants retours, sur l’eau, dans la nuit fraîche,
Quand, sur les prés fauchés, flottait l’odeur du foin !

Oh ! quels vieux souvenirs et comme le temps marche !
Pourtant je vois encor le couchant, sous une arche,
Refléter ses rubis dans les flots miroitants.

Amis, embarquez-moi sur vos bateaux à voiles,
Par un beau soir, à l’heure où naissent les étoiles,
Afin que je revive un peu de mes vingt ans.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fidèles (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020



Illustration: Simon Glaubert
    
Fidèles, nous tendons les bras à ceux qui viennent :
Écureuils affamés, migrateurs exténués…
À midi, des errants se confient à nos racines ;
Au couchant, un nuage s’attarde à notre cime.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ici (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2020



Illustration: Alexander Bolotov

    
Ici, la baie assure la brève paix humaine ;
Là-bas, la mer s’éblouit au feu du couchant.
Gloire depuis le temps où nous n’étions pas là ;
Gloire jusqu’au temps où nous ne serons plus là.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Horizon (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



horizon qui traverse vivant

fièvre à porter
au plus vrai
au plus haut
en attention simple

exercice du chemin
où l’on avance
ôté de soi

au couchant de la terre
la proximité comble
l’exacte blancheur

chute des nerfs
à fleur de monde
pour inspirer
ce qui prend vie

le visage de l’espace
tendu
vers l’interminable

ce qui bat toujours
au fond du ciel
au fond du profond

où l’on avance
à son insu
par sursaut de grâce

vers le coeur et l’aride

(Zéno Bianu)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :