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Poésie

Posts Tagged ‘couché’

Chant est le chemin de sa maison (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



    
Chant est le chemin de sa maison
Une branche ici est bruissement
Une pierre par là est signe de la main
Et la terre est couche

De la main de l’air
Sur la route de sa maison
Est tombée la rose des prophètes.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Tu veux savoir (Bernard Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




Tu veux savoir si le désir …
Jamais il ne me quitte,
Lui, qui chaque jour s’invite
Et vers elle, me pousse et m’inspire…
Comme ces matins où dans sa couche,
Je me coule et où renaît l’espoir…
Comme à ses sorties de douche,
Quand j’approche mes doigts,
Jaloux des mille perles d’eau,
Qui, avant moi, lui caressent la peau.

Ode au désir qui jamais ne me quitte,
Quand, derrière elle, silencieux
Ma bouche sur son cou s’invite,
Quand elle ferme les yeux…
Quand ma main cherche le chemin
De ses reins, le chemin de ses seins.

Ode au désir
Qui en elle était enfoui,
Rassuré par mes envies.
Ode au désir
Voilà qu’en elle, il renaît,
Voilà que tu l’as réveillé…

(Bernard Bertrand)

Illustration: Ekaterina More

 

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Le tilleul (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



La somnolence du dimanche
M’ayant couché sous le tilleul
Je cessai bientôt d’être seul.
Je fus d’abord la basse branche.

De marche en marche vers le dôme
Se porta mon être épandu.
Je le soutenais de mon fût,
J’étais le pilier de ce baume.

Puis vers les racines secrètes,
Vers le parallèle réseau,
Descendit mon âme d’en haut,
Et je fus cet arbre à deux têtes.

Pour retrouver mon âme humaine
À la place exacte du front
Il fallut le bruit de mon nom
Avec une main dans la mienne.

(Pierre Menanteau)

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L’éternelle couche nuptiale (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
L’éternelle couche nuptiale

Ce n’est qu’en cessant d’être que l’Amour est fort!
Et la tombe est sans doute une grande pupille,
au fond de laquelle survit et pleure
l’angoisse de l’amour, comme dans un calice
de douce éternité et de noire aurore.

Et les lèvres se dressent pour le baiser,
comme quelque chose de plein déborde et meurt ;
et, en une crispante conjonction,
chaque bouche abdique pour l’autre
une vie de vie agonisante.

Et quand je pense ainsi, douce est la tombe
où tous enfin se pénètrent
dans un même vacarme ;
douce est l’ombre, où tous s’unissent
dans une universelle rencontre d’amour.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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JE PLONGE EN TOI… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



JE PLONGE EN TOI…

Je plonge en toi comme un forçat
Dans les douves de sa prison :
L’eau se referme et l’enracine
De tout son ventre, mais, au bord,
Dans les fusils monte en silence
La sève noire de la mort.

Qu’importe, puisqu’il est au fond
De lui-même comme une pierre
En son ciment d’éternité,
A sa belle, à sa libre étoile,
Pour la première fois couché.

Qu’importe, puisque dans ces chambres
Où l’on se jette en haletant,
Je vis en toi le seul instant
Où les choses sont dans le monde
Ce que les font mes mains aimantes !

Dehors, la salve et la curée !
Dedans, la bête se fait homme :
Je suis nageur, je suis poumon,
Je suis la vague, je suis l’air
Qui me manquera tout à l’heure
Quand je tomberai sous les coups,
Emerveillé d’avoir vu naître
Ma propre image dans ta chair.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Neige de mai (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Neige de mai

Une couche transparente se pose
Sur l’herbe neuve, et fond.
Cruel printemps de glace,
Toi qui tues les bourgeons pleins de sève.
Si atroce, la vue de la mort jeune,
Je n’arrive plus à regarder le monde.
J’ai en moi la tristesse que le roi David
En un geste royal offrit aux millénaires.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Henri Matisse (La tristesse du Roi David)

 

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Chaque jour apporte un trouble nouveau (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Chaque jour apporte un trouble nouveau;
L’odeur du seigle mûr est toujours plus forte.
Si tu t’es couché à mes pieds,
Bel ami, ne bouge plus.

Les loriots crient dans les grands érables,
Rien ne les fera taire jusqu’à la nuit.
J’aime chasser les guêpes folâtres
Loin de tes yeux verts.

Sur le chemin on entend un grelot –
Ce son léger éveille en nous un souvenir.
Je te chanterai, de peur que tu ne pleures,
La chanson des soirs où l’on se quitte.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Tapis de mousse (Albert de Neuville)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Tapis de mousse

Sur un tapis de mousse, à l’ombre,
Je disais: Vivre est doux,
Lorsque j’y découvris des insectes sans nombre
S’entre-déchirant comme nous.

***

L’ennemi

Sur sa couche funéraire
Pour toujours endormi,
Je regarde mon ennemi
Et je reconnais un frère.

(Albert de Neuville)

 

 

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Cette grande inconnue (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019




Je suis couché sur mon lit les bras en croix.
Je suis une ancre confortablement enfouie qui retient
l’ombre profonde au-dessus d’elle,
cette grande inconnue dont je participe et qui est
certainement plus importante que moi.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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En ce temps-là (Max-Henri de Larminat)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



En ce temps-là, les nuages formulaient à chaque instant de nouveaux animaux,
et je lisais dans le ciel l’histoire de la création

Couché dans l’herbe,
il m’arrivait pourtant de m’endormir inconsidérément.
Quelques maillons de l’évolution des espèces
m’échappaient pour toujours.

(Max-Henri de Larminat)


Illustration

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