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Poésie

Posts Tagged ‘couché’

La mer était si près (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



La mer était si près
Que je croyais toucher
Tous les bateaux couchés
A l’ombre des cyprès.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Yolande Ardissone

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Les Nuages (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (2)

Les Nuages

Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d’ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l’habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.

Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu’ils sont beaux, mon âme ! et qu’ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S’en vont-ils portant de divins messages,
Ces blancs messagers ?

Comme ils glissent vite ! – Et je pense aux femmes
Dont la vague image en nous flotte et fuit.
Le vent amoureux qui de près les suit
Disperse ou confond leurs fluides trames ;
On dirait des âmes !

Rassemblant l’essor des désirs épars,
Ivre du céleste et dernier voyage,
À quelque âme errante unie au passage,
Mon âme ! là-haut, tu me fuis, tu pars
Comme un blanc nuage !

(Léon Dierx)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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EN GRANDISSANT (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

EN GRANDISSANT

C’était il y a si longtemps.
Mon rêve je l’ai presque oublié.
Mais alors il était bien là,
Devant moi,
Vif comme un soleil…
Mon rêve.
Et puis le mur monta,
Il monta lentement,
Lentement.
Entre moi et mon rêve.

Il monta lentement, très lentement,
Obscurcissant,
Dissimulant,
L’éclat de mon rêve.
Il monta et toucha le ciel.
Oh! ce mur!

Ce fut l’ombre.
Me voilà noir.
Je suis couché dans l’ombre.
Devant moi, au-dessus de moi
L’éclat de mon rêve n’est plus.
Il n’y a que mur épais.
Il n’y a qu’ombre.

Mes mains!
Mes sombres mains!
Elles traversent le mur!
Elles retrouvent mon rêve!
Aidez-moi à briser ces ténèbres,
A fracasser cette nuit,
A rompre cette ombre,
Pour en faire mille rais de soleil,
Mille tourbillons de soleil et de rêve!

***

As I Grew Older

It was a long time ago.
I have almost forgotten my dream.
But it was there then,
In front of me,
Bright like a sun-
My dream.

And then the wall rose,
Rose slowly,
Slowly,
Between me and my dream.

Rose until it touched the sky–
The wall.
Shadow.
I am black.
I lie down in the shadow.
No longer the light of my dream before me,
Above me.
Only the thick wall.
Only the shadow.

My hands!
My dark hands!
Break through the wall!
Find my dream!
Help me to shatter this darkness,
To smash this night,
To break this shadow
Into a thousand lights of sun,
Into a thousand whirling dreams
Of sun!

(Langston Hughes)

 

 

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Apparition de la vieille (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020


 

L’escalier craquait sous son pas
son dos ployait
sous la ramée.
C’était la vieillarde ridée
des contes de veillée
à la chaumière intacte.
Parfois elle revient dans la nuit de nos coeurs
couchés dans une ville ardente
son pain a la couleur des siècles
ses escabeaux et ses écuelles
forment le mobilier que gardent
les fins greniers
de nos mémoires.

(Jean Follain)

Illustration

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Vision (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Vision

[…]
Dieu tout-puissant ! j’ai vu les sylphides craintives
Qui meurent au soleil !
J’ai vu les beaux pieds nus des nymphes fugitives !
J’ai vu les seins ardents des dryades rétives,
Aux cuisses de vermeil !

Rien, non, rien ne valait ce baiser d’ambroisie,
Plus frais que le matin !
Plus pur que le regard d’un oeil d’Andalousie !
Plus doux que le parler d’une femme d’Asie,
Aux lèvres de satin !

Oh ! qui que vous soyez, sur ma tête abaissées,
Ombres aux corps flottants !
Laissez, oh ! laissez-moi vous tenir enlacées,
Boire dans vos baisers des amours insensées,
Goutte à goutte et longtemps !

Oh ! venez ! nous mettrons dans l’alcôve soyeuse
Une lampe d’argent.
Venez ! la nuit est triste et la lampe joyeuse !
Blonde ou noire, venez ; nonchalante ou rieuse,
Coeur naïf ou changeant !

Venez ! nous verserons des roses dans ma couche ;
Car les parfums sont doux !
Et la sultane, au soir, se parfume la bouche ;
Lorsqu’elle va quitter sa robe et sa babouche
Pour son lit de bambous !
[…]

(Alfred de Musset)


Illustration: Guillaume Seignac

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MOUVEMENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2020



Illustration: Hélène Grasset
    
MOUVEMENT

Si tu es la jument d’ambre
je suis le chemin de sang
Si tu es la première neige
je suis celui qui allume le brasier de l’aube
Si tu es la tour de la nuit
je suis le clou brûlant dans ton front
Si tu es la marée du petit matin
je suis le cri du premier oiseau
Si tu es le panier d’oranges
je suis le couteau de soleil
Si tu es l’autel de pierre
je suis la main sacrilège
Si tu es la terre couchée
je suis le roseau vert
Si tu es le saut du vent
je suis le feu enterré
Si tu es la bouche de l’eau
je suis la bouche de la mousse
Si tu es la forêt de nuages
je suis la hache qui les fend
Si tu es la ville profanée
je suis la pluie de consécration
Si tu es la montagne jaune
je suis les bras rouges du lichen
Si tu es le soleil qui se lève
je suis le chemin de sang

(Octavio Paz)

 

Recueil: Le feu de chaque jour précédé e Mise au net et D’un mot à l’autre
Traduction: Claude Esteban – Roger Cailloix – Jean-Claude Masson
Editions:

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Où sont les perles douces larmes (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Où sont les perles douces larmes
Où sont les roses de la couche opulente?
Le jeu de la séduction et des faveurs?
La pompe se fana le parfum se gâta.
L’expiation: un voeu strict de silence –
Germinal… l’aube la plus matinale
Gemme secrète floraison chaste
Une lumière froide un souffle âpre.

(Stefan George)


Illustration: John William Waterhouse

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Chant est le chemin de sa maison (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



    
Chant est le chemin de sa maison
Une branche ici est bruissement
Une pierre par là est signe de la main
Et la terre est couche

De la main de l’air
Sur la route de sa maison
Est tombée la rose des prophètes.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Tu veux savoir (Bernard Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




Tu veux savoir si le désir …
Jamais il ne me quitte,
Lui, qui chaque jour s’invite
Et vers elle, me pousse et m’inspire…
Comme ces matins où dans sa couche,
Je me coule et où renaît l’espoir…
Comme à ses sorties de douche,
Quand j’approche mes doigts,
Jaloux des mille perles d’eau,
Qui, avant moi, lui caressent la peau.

Ode au désir qui jamais ne me quitte,
Quand, derrière elle, silencieux
Ma bouche sur son cou s’invite,
Quand elle ferme les yeux…
Quand ma main cherche le chemin
De ses reins, le chemin de ses seins.

Ode au désir
Qui en elle était enfoui,
Rassuré par mes envies.
Ode au désir
Voilà qu’en elle, il renaît,
Voilà que tu l’as réveillé…

(Bernard Bertrand)

Illustration: Ekaterina More

 

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Le tilleul (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



La somnolence du dimanche
M’ayant couché sous le tilleul
Je cessai bientôt d’être seul.
Je fus d’abord la basse branche.

De marche en marche vers le dôme
Se porta mon être épandu.
Je le soutenais de mon fût,
J’étais le pilier de ce baume.

Puis vers les racines secrètes,
Vers le parallèle réseau,
Descendit mon âme d’en haut,
Et je fus cet arbre à deux têtes.

Pour retrouver mon âme humaine
À la place exacte du front
Il fallut le bruit de mon nom
Avec une main dans la mienne.

(Pierre Menanteau)

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