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Posts Tagged ‘coude’

Ton corps d’alcool est l’arête et l’encoignure (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019


 


 

Mario Sanchez Nevado The-Unispired-by-Mario-Sanchez-Nevado

Ton corps d’alcool est l’arête et l’encoignure
tes coudes s’effacent dans les impasses
tu combles les interstices des pavés
tu es le pieu et la lierne des palissades
et tes paupières clignent dans les balustres des balcons

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

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Il était si seul (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Il était si seul, au restaurant,
que ses coudes s’enfonçaient
dans le bois de la table.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Les bras (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
Les bras

elle avait une façon de laisser les bras
accompagner le déplacement de son corps
qui désarmait toute analyse et disait, fort
bien, que la marche existe ailleurs que dans les pas

c’est de l’épaule que partait la courbe libre
volontaire et l’oeil commençait juste à la suivre
que déjà l’évasement du coude passé
le dessin se perdait dans l’isthme du poignet

jamais telle douceur n’avait paru plus ferme
ni l’évidence d’une peau plus éclatante
parcours sans faute d’une ligne dont la pente

pouvait surprendre par un geste qui la ferme
puis qui de nouveau l’ouvre et de nouveau l’oriente
écart inattendu qui comble notre attente

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle

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Jouons au corps perdu (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
Jouons au corps perdu
escamotons le sexe
ou l’épaule ou le coude
et nous ne retrouvons
qu’un coeur nu,
coeur de personne!

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le trait dessine leur corps (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
le trait dessine leur corps deux à deux
immergés l’un dans l’autre par la limite
mais distincts par désir de l’un vers l’autre
. et elle femme dessinée par la main de l’autre
il la regarde hanche et épaule et jambe dormante
le visage enfoui aux cheveux et nuque blanche
. les ombres fusain et sanguine vivante aux lèvres
et les lacunes ombrées aux plis et traces
elle dort ensuite dans le geste du coude
. respire dans la couleur de nuit

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je voyage un instant un éternel instant (Fatiha Berezac)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Mon cœur pose ses coudes
Sur l’épaule de ses paupières
Et carde ma poésie
De chants les plus suaves
Et je bois son regard
Jusqu’au fond de mon ventre
Je voyage un instant
Un éternel instant.

(Fatiha Berezac)


Illustration: Fabienne Contat

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Et la mort n’aura pas d’empire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Et la mort n’aura pas d’empire
Les cadavres nus ne feront plus qu’un
Avec l’homme dans le vent et la lune d’ouest
Quand leurs os rongés à blanc auront disparu
Ils auront des étoiles aux coudes et aux pieds
Ils seront fous, ils seront saint d’esprit
Engloutis par les fléaux, ils émergeront à nouveau
Les amants se perdront mais l’amour restera
Et la mort n’aura pas d’empire

Et la mort n’aura pas d’empire.
Dans les méandres de la mer
Gisant de tout leur long ils n’y mourront pas;
Se tordant sur des chevalets quand leur tendons lâcheront,
Ligotés sur une roue ils ne se briseront pas;
La confiance en leurs mains se fendra en deux,
Et les démons unicornes courront les transpercer
Ecartelés de toutes parts ils ne craqueront pas;
Et la mort n’aura pas d’empire.

Et la mort n’aura pas d’empire.
Pas plus que les cris des mouettes n’atteindront leurs oreilles
Ou le déferlements des vagues les rivages;
Là ou s’ouvrait une fleur aucune fleur jamais plus
Ne dressera sa tête sous les coups de la pluie;
Bien qu’ils soient insensé et morts comme des clous,
Leurs têtes tels des marteaux enfonçant les marguerites;
Frapperont le soleil jusqu’à ce que le soleil s’écroule,
Et la mort n’aura pas d’empire.

***

And death shall have no dominion.
Dead man naked they shall be one
With the man in the wind and the west moon;
When their bones are picked clean and the clean bones gone,
They shall have stars at elbow and foot;
Though they go mad they shall be sane,
Though they sink through the sea they shall rise again;
Though lovers be lost love shall not;
And death shall have no dominion.

And death shall have no dominion.
Under the windings of the sea
They lying long shall not die windily;
Twisting on racks when sinews give way,
Strapped to a wheel, yet they shall not break;
Faith in their hands shall snap in two,
And the unicorn evils run them through;
Split all ends up they shan’t crack;
And death shall have no dominion.

And death shall have no dominion.
No more may gulls cry at their ears
Or waves break loud on the seashores;
Where blew a flower may a flower no more
Lift its head to the blows of the rain;
Though they be mad and dead as nails,
Heads of the characters hammer through daisies;
Break in the sun till the sun breaks down,
And death shall have no dominion.

(Dylan Thomas)


 

 

 

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Un simple courant d’air (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
Un simple courant d’air
un chantier corporel
Une coulée d’encre
versée au ras du sol
la poésie s’achève
un coude de phrase opère
Les doigts croisés
pas plus
la vie
qui se réveille
Un trou lessivé d’être
ainsi de suite
tout vaut réparation
substitution peut-être
On vient
j’existe au bord des lèvres

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Il me faut mettre les petits galets froids de la source sur ma langue (Derek Walcott)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Il me faut mettre les petits galets froids de la source
sur ma langue pour apprendre son langage,
parler en tremble ou en bouleau, avec assurance.
Je frapperai à la porte veuve
de l’un de ces villages
où elle m’accueillera comme une large prairie,
un espace bleu entre les montagnes,
et tenant ses bras par les coudes rompus
je relèverai ses cheveux moites sur un front
aussi chaud que du pain ou un retour au pays.

***

I must put the cold small pebbles from the spring
upon my tongue to learn her language,
to talk like birch or aspen confidently.
I will knock at the widowed door
of one of these villages
where she will admit me like a broad meadow,
like a blue space between mountains,
and holding her arms at the broken elbows
brush the dank hair from a forehead
as warm as bread or as a homecoming.

(Derek Walcott)

 

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La première fois (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



– « Maman! … Je voudrais qu’on en meure. »
Fit-elle à pleine voix.
– « C’est que c’est la première fois,
Madame, et la meilleure. »

Mais elle, d’un coude ingénu
Remontant sa bretelle,
– « Non, ce fut en rêve », dit-elle.
– Ah! que vous étiez nu… »

(Paul-Jean Toulet)


Illustration: zinaida serebriakova

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